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Présidentielle 2027 : entre couacs à répétition et retour du clan Le Pen, Jordan Bardella est-il l'atout devenu encombrant ?

Après plusieurs tensions au Rassemblement national, Marine Le Pen fait sa rentrée politique à Hénin-Beaumont ce dimanche 13 septembre, avec l'objectif de réaffirmer son tandem avec Jordan Bardella.

Marine Le Pen et Jordan Bardella, le 14 juillet 2026

Crédit : Philippe Magoni / POOL / AFP

Juliette Vignaud & La rédaction de RTL

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Ils vont tenter d'afficher l'unité. Le couple Le Pen-Bardella est attendu ce dimanche 13 septembre à Hénin-Beaumont, pour la rentrée politique de la candidate Rassemblement national (RN). La traditionnelle déambulation lors de la braderie se fera à deux visages, mais avec un seul discours : celui de Marine Le Pen.  

Le plan B de Marine Le Pen, qui s'est projeté pendant de longs mois dans le rôle du successeur, reste l'éternel numéro deux. "Ça a été dur", admet d'ailleurs l'un de ses plus proches collaborateurs au micro de RTL. Dans un parti où les seconds ont souvent été éjectés - Jean-Marie Le Pen répétant que "le destin des dauphins, c'est parfois de s'échouer" -  le sort de Jordan Bardella paraît incertain. D'autant plus que la rentrée du ticket RN a été marquée par de vives dissonances. 

Marine Le Pen, officiellement candidate depuis le 7 juillet après le procès des assistants parlementaires, a réinstallé son pouvoir sur sa campagne, au prix d'une véritable cacophonie. Rétablie dans son rang de candidate naturelle à l'Élysée depuis que la justice a levé son inéligibilité, elle a rappelé à tous qu'elle restait la patronne, à commencer par son jeune dauphin promis à Matignon en cas de victoire.

Volte-face sur les retraites

Tout a commencé lors de la rentrée médiatique de la candidate RN devant le Medef, où elle a réimposé sa ligne sur les retraites, défendant un âge de départ à 62 ans, voire 60 ans, alors que son futur potentiel Premier ministre envisageait un temps une réflexion pour un "nouveau système".

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Une prise de position intervenue au même moment où François Durvye, conseiller de Jordan Bardella, faisait connaître son départ du RN, en désaccord avec la ligne mariniste. Une "décision personnelle, pas politique" et "qui lui appartient", a affirmé le président du parti à la flamme. "J'ai souhaité son départ", a immédiatement rectifié Marine Le Pen.

Tensions sur le voile, l'Ukraine et Nigel Farage

Des désaccords sont aussi apparus sur l'interdiction du port du voile dans l'espace public. Cette mesure, marqueur intangible du marinisme, est défendue avec plus de prudence par Jordan Bardella. Pourtant, elle a été remise sur le devant de la scène par Jean-Philippe Tanguy, l'indéfectible lieutenant de Marine Le Pen, qui a confirmé sa volonté de "sanctionner le port du voile" islamique par "une amende". Bien obligé de suivre, l'aspirant Premier ministre a temporisé : il n'y aura "pas d'interdiction à proprement parler le lendemain matin de notre élection". 

La cacophonie a continué avec la sortie de Louis Aliot sur le soutien à l'Ukraine, proposant de "couper le robinet" de l'aide à Kiev et mettant le RN dans l'embarras. Le Rassemblement national s'est aussi retrouvé sous le feu des critiques de ses opposants avec la signature par Jordan Bardella d'un protocole d'accord symbolique sur l'immigration avec Nigel Farage, figure du Brexit et allié anti-européen. Une polémique sur laquelle Marine Le Pen est restée bien silencieuse, laissant son second répondre seul.

Le retour de Marion Maréchal dans l'orbite RN

Ces dissonances interviennent alors que Libération fait état de tensions entre les deux têtes du parti à la flamme. Selon le quotidien, Jordan Bardella aurait refusé d'inviter la nièce de Marine Le Pen, Marion Maréchal, aux journées parlementaires du RN au Touquet ce week-end, lançant même devant témoins : "C'est elle ou moi".

Il y a un an, un opposant au RN glissait à RTL, sur le ton de l'humour : "Vous verrez, Marine Le Pen mettra Marion Maréchal dans les pattes de Bardella pour le flinguer." Et si, ce n'était plus une boutade ? Le clan Le Pen ne serait-il pas en train de faire un retour en force avant 2027, sur fond de tensions avec le président du RN ?  "La débardellisation du parti a commencé", juge le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau. Le terme vise à désigner la reprise en main de la ligne par le clan Le Pen en vue de la présidentielle, au détriment des inflexions libérales de Jordan Bardella.

"Pas de discorde, un seul programme"

Des "bruits de couloirs" démentis par les intéressés. Jordan Bardella a d'ailleurs réaffirmé son "affinité politique et personnelle indéfectible" pour la candidate à l'Élysée. "Si certains attendent de ma part que je sois déloyal à Marine Le Pen (...) c'est très mal me connaître", a-t-il dit sur BFMTV, promettant de "faire son travail" et d'être "à son poste".

"Il n'y a pas de discorde, il y a un seul programme", a également écarté Laurent Jacobelli, invité de RTL jeudi 10 septembre au soir. Le retour de Marion Maréchal, selon le porte-parole du RN, représente le "signe du rassemblement". "Ça s'appelle l'union", martèle-t-il, rejetant un éventuel désaveu pour Jordan Bardella. "On est unis autour du même programme et de la même candidate."

Mais c'est indéniable, Marine Le Pen a repris fermement les rênes de son appareil politique avec ses fidèles : le secrétaire général du RN à l'Assemblée nationale, Renaud Labaye, autre responsable important dans la galaxie Le Pen, la rejoint aussi dans sa campagne pour s'occuper de sa communication. L'heure immédiate n'est donc plus à la normalisation. Marine Le Pen rejoue ses grands classiques pour souder son camp. À Jordan Bardella désormais de retrouver sa place.

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