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"Couper le robinet" de l'aide à l'Ukraine : le RN dans l'embarras après la proposition polémique de Louis Aliot

Le vice-président du Rassemblement national a suggéré que l'aide financière accordée à Kiev serait coupée si Marine Le Pen est élue présidente l'année prochaine. Ses opposants en ont profité pour attaquer le parti sur ses liens avec la Russie. Pour rassurer, Jordan Bardella a assuré que "la France continuera d'honorer ses engagements" en cas de victoire du RN à la présidentielle.

Marine Le Pen et Jordan Bardella, le 14 juillet 2026

Crédit : Philippe Magoni / POOL / AFP

"Couper le robinet de l'aide à l'Ukraine" : la proposition de Louis Aliot fait polémique

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Thomas Despré & Quentin Menu

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"Couper le robinet." L'aide de la France à l'Ukraine entre dans le débat de la campagne pour 2027. Jeudi 3 septembre, le vice-président du Rassemblement national, Louis Aliot, a jeté un pavé dans la mare en proposant, sur BFMTV, l'arrêt de l'aide financière et logistique de la France à Kiev en cas d'arrivée du RN au pouvoir. Une petite phrase qui met le parti de Marine Le Pen et de Jordan Bardella dans l'embarras, réveillant les accusations de proximité du parti avec la Russie de Vladimir Poutine.

Sur les réseaux sociaux, l'extrait de l'interview de Louis Aliot dénombre déjà plus de 470.000 impressions. "Tout le monde est à l'os, et on trouve de l'argent pour aller encore financer des armes pour défendre l'Ukraine. Moi je veux bien. Mais qui paye tout ça ?", interroge le maire de Perpignan. "La France doit défendre son intérêt d'abord", appuie-t-il. Il propose donc de "couper le robinet" de l'aide à l'Ukraine, qui monte à près de 7,91 milliards d'euros depuis 2022 selon l'Institut Kiel.

Les opposants à Marine Le Pen critiquent vivement la proposition

Il n'en fallait pas moins pour que les candidats du bloc central en quête d'installer leur duel avec Marine Le Pen s'engouffrent dans la brèche. "Le Rassemblement national a changé de position sur à peu près tout, sauf sur son soutien au régime de Poutine contre les intérêts français et européens", dégaine en premier l'ancien chef du gouvernement, Édouard Philippe, candidat Horizons à la présidentielle. 

Le secrétaire général de Renaissance, Gabriel Attal, a ensuite embrayé : "'Couper le robinet à l'Ukraine', (...) c’est laisser Vladimir Poutine gagner. (...) Le Rassemblement national témoigne de nouveau de sa soumission à la Russie", a posté sur X le rival au centre d'Édouard Philippe. 

À écouter

Édouard Philippe face au défi du bon tempo

00:03:11

À gauche, Raphaël Glucksmann a aussi répondu à la proposition polémique de Louis Aliot, lâchant, cinglant, sur ses réseaux sociaux : "La France ne se soumet pas aux dictateurs. Elle leur résiste".

Jordan Bardella nuance

La candidate du RN pour le scrutin de 2027 s'est vue obligée de répondre aux piques lancées par ses adversaires. Marine Le Pen a répondu, par réseaux sociaux interposés : "Depuis l'agression russe contre l'Ukraine, je réclame que la France réunisse en urgence une grande conférence pour la paix afin de contribuer, non pas à la prolongation d'un bain de sang, mais à un règlement diplomatique de cette guerre abominable". 

Et de contre-attaquer Édouard Philippe sur son bilan : "Vous, en revanche, premier ministre d'Emmanuel Macron, avez accepté que Vladimir Poutine soit reçu en grande pompe au château de Versailles puis au fort de Brégançon, sans parler de la grande réception du premier ministre russe que vous avez vous-même organisée au Havre en juin 2019."

En déplacement à Londres, où il a participé au congrès du parti d'extrême droite Reform UK, le président du RN, Jordan Bardella, a semblé nuancer sur la politique du parti vis-à-vis de l'aide à l'Ukraine. "La France continuera d'honorer ses engagements, a-t-il déclaré. Mais je vous rappelle que la France est ruinée. Et donc, il serait bien irresponsable de promettre de l'argent que nous n'avons pas."

À écouter

Jordan Bardella, attendu au tournant par les cadres de son parti

00:02:54

Une ligne de crête sur un sujet très inflammable, alors que collent toujours à la peau du parti à la flamme les prêts russes de 2014, pourtant entièrement remboursés depuis.

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