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Présidentielle 2022 : le vote par anticipation est-il fiable ?

FACT CHECKING - Le Sénat a rejeté l'amendement sur le vote par anticipation pour l'élection présidentielle 2022. Ce vote s'effectuerait non plus avec des bulletins papiers, mais avec des machines.

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Présidentielle 2022 : le vote par anticipation est-il fiable ? Crédit Image : CHARLY TRIBALLEAU / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Jean-Mathieu Pernin édité par Marie Gingault

La classe politique s’agite autour du vote par anticipation, souhaité par le gouvernement. Nombreux sont ceux à évoquer un système peu fiable, mais qu'en est-il réellement ? Mardi le gouvernement insère in extremis un nouvel amendement dans le projet de loi sur l’organisation du scrutin présidentiel, examiné au Sénat. Il s’agirait de voter par anticipation, la semaine avant le dimanche du scrutin, afin d’augmenter la participation. 

La commission des lois du Sénat a rejeté cet amendement, mais ce qui fait surtout débat ce sont ces machines. En effet, le vote par anticipation se ferait avec des machines et non plus des bulletins papiers. "Pourra-t-on fausser le résultat du scrutin ?", s'interroge le député Insoumis Bastien Lachaud. Le sénateur LR, Bruno Retailleau parle pour sa part de "magouilles", tandis que le porte-parole du Rassemblement National Sébastien Chenu s’inquiète de la sincérité du scrutin. 

Actuellement, ces dispositifs concernent près d’un million de personnes, ce qui est une part notable du corps électoral. Elles se trouvent dans 66 communes de plus de 3.500 habitants, mais toutes ne s’en servent pas, puisque certaines y ont renoncé. Ainsi, entre 2008 et 2018, il y a 32 villes qui sont revenues à des modalités de vote plus classiques. 

Des machines qui ne peuvent pas être piratées de l'extérieur

Le véritable souci avec les machines repose dans le recomptage, difficile, et la sécurisation. En 2017, l’intervention de Guillaume Poupard, le patron de l’agence chargée de la cyber-protection de l’État avait marqué les esprits. Il expliquait en matière de vote, mieux vaut s’en tenir aux papiers et aux urnes transparentes et au dépouillement public. Cela pose donc débat. 

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Le vote électronique et la politique française, c'est en réalité une longue histoire. Avec des boutons à la place des bulletins, les machines à voter ont souvent représenté le vent de modernité qui faisait bouger la mèche des hommes politiques qui se voulaient branchés. Ainsi, Nicolas Sarkozy était pour en tant que ministre de l’Intérieur en 2003 et Emmanuel Macron l’a défendu dans son programme en 2017. 

Peu fiable, mais il faut tordre le cou à une idée reçue à propos de ces machines en France : elles ne peuvent pas être piratées de l’extérieur car elles ne sont pas reliées à Internet. Même chose pour ceux dénonçant les soit disant fraudes de l’élection américaine, il n’existe aucune preuve que Dominion, les machines utilisées aux États-Unis, aient pu être utilisées pour une fraude à grande échelle.

Objectif : lutter contre l'abstention

Ces machines vont être très encadrées en France. Après le test peu concluant de 2002, il y avait eu en 2008 un moratoire restreignant l'utilisation des machines à voter aux seules communes qui avaient opté pour cette modalité à cette date. L'argument de la majorité pour le vote par anticipation : lutter contre l’abstention et permettre d’accueillir des votants sur un temps long. 

En 2014, le Sénat publie un rapport sur le sujet, rédigé par un député PS et un UMP. Le document explique qu’une participation plus importante n’est pas gagnée : "Selon les communes, la participation s'établit au-delà ou en-deçà de la moyenne sur l'ensemble des communes, quel que soit le mode de votation - papier ou électronique".

On peut d'ailleurs s'interroger sur le résultat escompté : "qu'il vote à l'urne ou par une machine, l'électeur doit se déplacer jusqu'à son bureau de vote. L'attrait de la technologie serait-il tel qu'il modifierait son comportement ? Il est permis d'en douter". Pas très rassurant, mais quoi qu'il en soit, le cliché de l’homme politique qui vote en famille en glissant son bulletin dans l’urne, on l’aura en 2022, pas d’inquiétude.

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