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Présidentielle 2022 et #MeTooPolitique : ce qu'il faut savoir sur la tribune signée par près de 300 femmes

ÉCLAIRAGE - Dans une tribune publiée dans "Le Monde", des élues politiques de gauche appellent les partis à "écarter les auteurs de violences sexuelles et sexistes" du monde politique.

Laurence Rossignol (PS), Sandrine Rousseau (EELV) et Danièle Obono (LFI)
Laurence Rossignol (PS), Sandrine Rousseau (EELV) et Danièle Obono (LFI)
Crédit : AFP
#MeTooPolitique : en quoi consiste cette tribune ?
01:17
Marie-Pierre Haddad

La grande cause nationale du quinquennat de lutter contre les violences faites aux femmes n'a-t-elle de grand que le nom ? Dans une tribune publiée dans Le Monde le 15 novembre, 285 femmes qui travaillent dans le milieu de la politique veulent "écarter les auteurs de violences sexuelles et sexistes" de la sphère politique.

"Le monde politique doit assumer ses responsabilités, écarter les auteurs de violences sexuelles et sexistes de ses rangs et faire preuve d’exemplarité dans les désignations. C’est aussi une double peine pour les victimes, expliquent les signataires de la tribune. Ces auteurs sont responsables de voter les lois, les politiques publiques, qui nous concernent toutes et tous. Comment tolérer que les droits des femmes soient encore rognés, bloqués par eux ?"

Le constat exposé dans cette tribune est sans appel. "En avril 2022, nous choisirons le ou la présidente de la République. Trois candidats ou potentiellement candidats à l’Élysée sont déjà cités dans de nombreux témoignages d’agressions sexuelles. Cela ne les empêche pas, loin de là, de considérer qu’ils sont dignes d’occuper la magistrature suprême", peut-on lire (...)  Aujourd’hui, parmi les 577 députés, certains sont des auteurs de violences sexistes et sexuelles".

Asselineau, Lassalle et Zemmour dans le viseur

La sénatrice socialiste Laurence Rossignol est l'une des signataires de la tribune. Au micro de RTL, elle explique : "Dans quelques semaines, les partis politiques vont procéder à la désignation de leurs candidats pour les élections législatives de 2023. Dans quelques semaines, les maires vont donner leurs parrainages pour des candidats à l'élection présidentielle". 

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Et d'ajouter "Nous avons considéré que c'était le moment d'alerter tous ces décideurs pour leur demander de ne pas investir et parrainer des hommes mis en cause dans des affaires de violences sexuelles, sexistes  et conjugales". 

Dans cette tribune signée notamment par la députée LFI Danièle Obono, l'écoologiste Sandrine Rousseau, la conseillère de Paris Alice Coffin et l'eurodéputée LFI Manon Aubry, ces femmes évoquent "trois candidats ou potentiellement candidats à l’Élysée" "cités dans de nombreux témoignages d'agressions sexuelles". Qui évoquent-elles ?

Deux candidats déjà déclarés pour l'élection présidentielle François Asselineau et Jean Lassalle font l'objet d'accusations d'agressions sexuelles. Le président de l'UPR a été mis en examen pour agressions sexuelles par personne ayant autorité le 5 février dernier. Pas encore candidat mais se préparant sur la ligne de départ, Éric Zemmour est aussi accusé d'agressions sexuelles par plusieurs femmes.  

LaREM et la droite gardent leurs distances

Il est aussi important de noter que cette tribune n'a été signée par aucune personnalité politique de droite et de la majorité. Selon la vice-présidente Les Républicains de l'Assemblée nationale Annie Genevard citée par BFMTV, le monde politique "n'est pas particulièrement exposé aux violences faites aux femmes". 

Quant à La République En Marche, le député et vice-président de la délégation des droits des femmes Gaël Le Bohec y voit un opportunisme politique. "Quand on voit les signataires, on constate que ce sont toutes les oppositions qui se coalisent contre l'Élysée. On a été les tous premiers à mettre sur la table le sujet des violences sexuelles. Rien n'a été fait pendant toutes ces années, notamment par la gauche et c'est nous qui avons mis en place le Grenelle des violences conjugales", explique-t-il.

Un piratage et des témoignages postés avec #MeTooPolitique

Cette tribune a été publiée avec un site internet. Une pétition a été mise en ligne pour appuyer la demande de non-candidature de personne accusée de violences sexuelles. À l'heure actuelle, 865 personnes l'ont signée. Une rubrique "témoignages" figure aussi sur ce site afin de permettre de recueillir la libération de la parole des femmes victimes de ces violences. 

La conseillère municipale de Paris Alice Coffin a dénoncé hier le piratage du site mis en ligne quelques heures plus tôt. Sur Twitter, elle estime que cet acte est une "volonté d'étouffer la parole féministe en politique", volonté qui selon elle est "permanente". 

Sur Twitter, plusieurs témoignages ont été publié sur le hashtag #MeTooPolitique, ainsi que des messages de soutien aux victimes. L'ancienne ministre Cécile Duflot a expliqué sur Twitter qu'"il reste encore tant à faire, dans tous les domaines. Dans le champ politique aussi où le pouvoir exacerbe la tentation de domination". 

Les signataires de cette tribune estiment que "le monde politique doit assumer ses responsabilités, écarter les auteurs de violences sexuelles et sexistes de ses rangs et faire preuve d'exemplarité dans les désignations". Elles constatent que "la parole des femmes s'est libérée, mais à quand une libération de l'écoute, une réelle prise en compte dans les partis politiques ?".

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