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Présidentielle 2017 : Macron tourne-t-il le dos aux "Insoumis" de Mélenchon ?

DÉCRYPTAGE - Le candidat du mouvement "En Marche !" s'est refusé à amender son projet de réforme du droit du travail, pendant qu'il semble chercher à se constituer une potentielle majorité présidentielle.

Emmanuel Macron avec un électeur de Jean-Luc Mélenchon de la "France insoumise", le 14 avil 2017
Emmanuel Macron avec un électeur de Jean-Luc Mélenchon de la "France insoumise", le 14 avil 2017
Crédit : AFP
Julien Absalon
Julien Absalon

C'est une fin de non-recevoir claire et nette. Emmanuel Macron a balayé sans tarder la demande de Jean-Luc Mélenchon, formulée la veille à la télévision, de mettre de côté sa réforme du droit du travail. "Les Français se sont exprimés et ont choisi le projet qui porte ces réformes. Je ne vais pas les trahir en me reniant. Et je veux demain pouvoir agir, être efficace. Donc ces réformes, nous les avons conçues, portées, nous les ferons", a-t-il clamé devant des milliers de spectateurs acquis à sa cause, durant un discours majoritairement consacré à la critique des idées de Marine Le Pen.

Pour le porte-voix de La France insoumise, un "geste" à l'attention des électeurs déçus du premier tour aurait été le bienvenu dans une optique de rassemblement. "Il pourrait leur dire : 'écoutez je vous ai compris, je retire mon idée de réforme de code du travail (...) pour que vous puissiez faire un mouvement vers moi'. M. Macron, il faut faire quelque chose, vous ne pouvez pas vous contenter de venir et de dire: 'Je veux un vote d'adhésion'. Non, nous n'adhérons pas à vos thèses. Il prend des risques en se comportant comme il le fait", a mis en garde Jean-Luc Mélenchon sur le plateau du 20 heures de TF1.

En parallèle, Emmanuel Macron, se réclamant d'être le candidat du renouvellement de la classe politique, a ouvert la porte à Manuel Valls. L'ancien premier ministre pourra être investi aux législatives sous l'étiquette du mouvement "En Marche !" et donc faire partie d'une future majorité gouvernementale, à condition seulement de quitter le Parti socialiste. "On a eu des désaccords mais si Manuel Valls est prêt à participer à cette majorité présidentielle et à quitter le PS, il le pourra", a-t-il affirmé dans des propos qui ne sont sans doute pas de nature à satisfaire la gauche de Mélenchon, hostile à l'ancien gouvernement. Le quatrième homme du premier tour avait d'ailleurs lui-même synthétisé ce rejet de Manuel Valls dans cette le terme "dégagisme", devenu un véritable mot d'ordre et slogan de campagne. Cette aversion vis-à-vis de l'ex-chef du gouvernement avait d'ailleurs été un sujet de discorde avec Benoît Hamon, qui s'était refusé à faire retirer l'investiture socialiste au député de l'Essonne lorsqu'il appelait Jean-Luc Mélenchon à se joindre à sa candidature.

Quelques signaux malgré tout

En deux jours, l'adversaire de Marine Le Pen pour le scrutin du 7 mai a donc affiché deux points de contradictions avec la sphère des "Insoumis", dont une bonne partie hésite encore ou refuse de glisser un bulletin Emmanuel Macron face au Front national. "C'est quand même terrible. Ce candidat qui prétend depuis le début devenir président de la République et qui ne se donne pas les moyens de rassembler", a d'ailleurs regretté Danielle Simonnet, coordinatrice du Parti de gauche, auprès de franceinfo.

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À moins d'une semaine du dénouement, Emmanuel Macron s'est néanmoins résolu à envoyer quelques signaux à l'attention de sa gauche. Dans son discours du 1er mai à Paris, dans lequel il a promis d'être un "président de la reconnaissance (...) des sans-droits, des oubliés, des sans-grande", il s'est notamment engagé à recevoir "toutes" les organisations syndicales. Bon nombre d'entre elles se sont d'ailleurs refusées à appeler explicitement à voter pour lui, malgré leur volonté de faire barrage à Marine Le Pen. Le candidat a par ailleurs garanti de nommer une "commission de scientifiques" afin d'évaluer les conséquences du Ceta, le très décrié accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada. "J'entends aussi la crainte, les doutes de celles et ceux qui veulent que nous allions plus loin pour réguler cette mondialisation devenue intenable, les injustices du cours du monde qui détruit l'environnement, la cohérence de notre société".

Macron en quête d'une nécessaire majorité

Ces gages auront-ils un effet sur les électeurs de la gauche ? Pour le moment, les soutiens de Jean-Luc Mélenchon semblaient disposés en majorité à accorder leur voix à Emmanuel Macron. Ce serait le cas pour 52% d'entre eux, selon un sondage réalisé entre le 28 et le 30 avril. Ce pourcentage, rapporté aux 7.060.885 personnes ayant voté pour le leader de la France insoumise, correspond à environ 3,7 millions de votants qui pourraient bien être dans l'escarcelle de l'ancien locataire de Bercy. En revanche, la base des "Insoumis" est nettement plus réfractaire : deux tiers d'entre eux ont choisi de s'abstenir ou de voter blanc ou nul, selon les résultats divulgués le 2 mai de la consultation sur la plateforme Internet du mouvement.

Mais dans sa position centriste, nécessitant de rassembler le plus possible pour arriver à l'Élysée, Emmanuel Macron n'a peut-être pas intérêt à se focaliser sur les électeurs de gauche et de surcroît ceux de Jean-Luc Mélenchon. La droite attend, elle aussi, des signes. "Il peut faire plus en s'adressant plus directement aux électeurs qui ont voté François Fillon au premier tour", a ainsi déclaré Nathalie Kosciusko-Morizet, dont le parti des Républicains constitue un réservoir de députés qui pourraient potentiellement faire partie de la majorité parlementaire qu'Emmanuel Macron devra réussir à se constituer s'il arrive au pouvoir. Dans le même temps, Jean-Luc Mélenchon se voit d'ores et déjà comme un éventuel futur chef de l'opposition grâce aux élections législatives de juin.

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