2 min de lecture Présidentielle 2017

"En plaidant pour un moratoire pour la dette, Hamon est ambigu"

ÉDITO - Le candidat socialiste à la présidentielle plaide désormais pour que la dette française ne soit pas intégralement remboursée.

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"En plaidant pour un moratoire pour la dette, Hamon est ambigu" Crédit Image : Damien Rigondeaud | Crédit Média : RTLNET | Date :
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François Lenglet et Loïc Farge

On a franchi un cap. Voilà vingt ans que les candidats socialistes français se plaignent, avant chaque élection, du traité de Maastricht et de la limite qu’il pose au déficit français à 3% du PIB. Généralement, ils font des moulinets avant l’élection, en annonçant le traditionnel bras de fer avec l’Allemagne - comme Jospin en 1997 ou Hollande en 2012 -, et finalement ils vont se coucher bien sagement, au prix d’une modification cosmétique des textes. Aujourd’hui Benoît Hamon va plus loin : non seulement il remet en cause les 3%, mais il évoque désormais la renégociation de la dette publique française.

Tout est possible, mais pas dans l’euro. Cela signifierait la fin de l’union monétaire, puisque l’un des grands pays remettrait en cause ses règles de fonctionnement. La monnaie unique est commune. Cela suppose le respect de règles de gestion approuvées par tous, à cause de la responsabilité que nous avons les uns vis-à-vis des autres.

C'est là où Benoît Hamon est ambigu. Cela n’a pas de sens de récuser la dette et de vouloir rester dans l’union monétaire, et ce n’est même pas souhaitable. C’est vouloir être vierge et enceinte à la fois, ça ne marche pas.

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Contre le bon sens élémentaire

C’était d’ailleurs la position de Jean-Luc Mélenchon en 2012. Depuis il a évolué, en envisageant désormais la sortie de l’euro dans ce qu’il appelle le "plan B". Tout cela signifie quand même que nous avons, pour la première fois, un candidat socialiste qui milite, de facto, pour la sortie de la France de l’union monétaire.

Benoît Hamon explique que c’est la seule façon de sortir de l’austérité. Là encore, c’est très contestable. L’austérité budgétaire expliquerait nos difficultés. rappelons quand même que nous avons des dépenses publiques de 58% du PIB, et que cela fait vingt-cinq ans que nous peinons à réduire notre déficit en dessous de 3%. C’est évidemment le mauvais diagnostic. Si la croissance était créée mécaniquement par la dépense publique, la France serait en pleine santé.

L’austérité a bien existé, et elle a été catastrophique. Mais en Grèce, en Italie, et pas chez nous. Il est troublant de constater que les deux candidats des partis traditionnels - Hamon et Fillon - ont l’un et l’autre une sorte d’obsession pour la dépense publique. Pour Hamon, il en faut beaucoup plus pour aller mieux. Pour Fillon, c’est seulement en en faisant beaucoup moins qu’on ira mieux. Ce sont deux positions idéologiques, qui vont à l’encontre du bon sens le plus élémentaire.

La France a déjà refusé de payer ses dettes

Si nous refusions de payer la dette, nous aurions plus de mal à trouver de l’argent, parce que les prêteurs nous le vendraient plus cher, à cause du risque de ne pas être remboursé. C’est le risque classique de celui qui fait défaut : le taux d’intérêt de ses emprunts augmente.

La France a déjà refusé de payer ses dettes. C’est arrivé il y a deux cents ans, après la Révolution française, avec la faillite des assignats. Même après les guerres du vingtième siècle, qui avaient occasionné des dépenses considérables, la France a réglé ses échéances.

Il est vrai qu’elle l’a fait au prix de dévaluations incessantes, en particulier celle de 1928, exécutée par Poincaré, qui fait perdre au franc 80% de sa valeur par rapport à l’or. La dévaluation est évidemment une façon de faire faillite sans le dire, puisqu'on rembourse le créancier dans une monnaie dont la valeur est inférieure à celle qu’il nous a prêtée.

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2017-02-28 08:20:00
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