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Présidentielle 2002 : Noël Mamère raconte les débuts compliqués de sa campagne

LE JOUR OÙ J'AI DIT OUI - Parmi les moments décisifs d'une campagne, il y a évidemment la déclaration de candidature. Pour certains, tout ne se passe pas comme prévu, comme Noël Mamère, en 2002.

Noël mamère
Noël mamère
Crédit : AFP
La chronique du jour du 28 juillet 2021
05:29
Présidentielle : le jour où j'ai dit oui, Noël Mamère en 2002
05:28
Vincent Derosier - édité par Nicolas Barreiro

Il n'aurait jamais dû être le candidat des Verts. Déclarer sa candidature est un décision importante, souvent mûrie, mais Noël Mamère n'a pas souhaité le faire. En tout cas pas tout de suite. "J'ai commencé par dire non, avec cette phrase qui m'a longtemps collé à la peau : 'Ma décision est irrévocable'. En fait, j'avais gagné le premier tour de la primaire face à Alain Lipietz. Alain savait qu'avec ses 26%, il gagnerait au deuxième tour. Je lui ai dit 'mais t'es complètement malade, comment tu vas y arriver ?'", confie Noël Mamère.

Et c'est finalement Alain Lipietz qui devient candidat des écologistes à l'élection présidentielle. Les militants ont créé la surprise en choisissant ce dernier à 51%, alors que tout le monde attendait Noël Mamère. "Je pense que j'ai été victime de l'attitude des Verts vis-à-vis de moi qui est très ambiguë, cette espèce d'amour/haine", déclarait-il après cette défaite. 

Malgré l'amertume, Noël Mamère ne va pas disparaitre des médias, d'autant que pour Alain Lipietz, la campagne tourne au calvaire. Une majorité des militants écologistes désavouent ce dernier, les Verts se retrouvent désormais sans candidat. Noël Mamère semble être la solution idéale, mais l'ancien journaliste se braque. "Le vendredi est sortie une interview à la Une du Monde, avec cette phrase : 'Ma décision est prise, elle est irrévocable'". 

Une petite phrase qui met le feu au parti écologiste

Noël Mamère est alors emporté dans une tempête médiatique et politique de près de 24 heures, les plus longues de sa vie. "Les appels se multipliaient. Les copains me disaient 'tu peux pas faire ça, c'est pas possible'. Du coup, je somatise, me voilà très enrhumé. Je rentre chez moi et je me couche, pour essayer d'apaiser ce trouble", se souvient-il. "Quand elle me voit arriver comme ça, ma femme a bien compris que je ne pourrai pas tenir sur cet 'irrévocable'. Le soir, quand je rallume mon portable, il était saturé. Dominique Voynet me demande de prendre un café avec elle puis elle me dit 'c'est très simple, soit nous n'avons pas de candidat, soit tu y vas'".

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"J'étais l'invité le dimanche du journal de 20h. Béatrice Schönberg me rappelait environ toutes les 30 secondes 'Oui mais avez dit irrévocable', donc il a fallu que j'assume". Les doutes sont désormais derrière lui, cette fois il a dit oui et il y croit. "J'ai toujours eu une part d'inconscience dans ce que je fais, il faut avoir une part d'inconscience pour décider de marier deux hommes dans sa mairie sans se soucier de savoir si on sera rejeté par les électeurs. J'étais convaincu que je ferai plus de 5%, je me voyais à 6 ou 7%. J'ai atterri à 5,25%, c'est pas si mal."

Un score record mais pas de fête

Aucun écologiste ne réussira un meilleur score mais la fête n'aura lieu pour autant. Jean-Marie Le Pen se retrouve au second tour. "Pour moi, il n'y a pas d'autre possibilité que de faire barrage à Le Pen, qui est l'homme de la xénophobie et de l'imposture", assurait alors Noël Mamère à l'antenne de RTL. 

Près de 20 ans se sont écoulés mais l'ancien candidat n'a toujours pas digéré ce 21 avril 2002. "Ce score (5,25%), il n'a servi à rien". Pendant sa campagne, Noël Mamère a défendu le mariage pour tous, le droit à mourir dans la dignité, le vote à 16 ans ou encore la légalisation encadrée du cannabis. Peut-il avoir des regrets aujourd'hui ? Oui, avoir eu raison trop tôt. "Il y a eu un focus sur certains sujets qui paraissaient complètement extravagants à l'époque et qui aujourd'hui font l'objet d'un véritable débat de société. Le dernier meeting de ma campagne de présidentielle, je l'ai fait au cirque d'hiver. J'avais à côté de mon estrade un joint d'un mètre de haut, alors que je n'ai jamais fumé un joint de ma vie". 

"Parfois, j'ai un peu de… pas de rancune, parce que je ne suis pas rancunier, mais je me dis qu'on oublie vite qu'on était les premiers à proposer tous ces sujets", conclut Noël Mamère. Cinq ans plus tard, il aurait aimé mener une deuxième campagne présidentielle pour les Verts mais face à la détermination de Dominique Voynet, il s'efface. Il demeure à ce jour le seul candidat écologique à avoir dépassé la barre des 5% à la présidentielle.

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