3 min de lecture Sénat

Gérard Larcher président du Sénat, un rôle éminemment symbolique

Le sénateur UMP des Yvelines endosse à nouveau le costume de numéro 2 de la République. Une fonction avant tout symbolique qui comporte plusieurs droits et devoirs.

Gérard Larcher au Sénat dimanche 28 septembre 2014
Gérard Larcher au Sénat dimanche 28 septembre 2014 Crédit : AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste RTL

C'est un come back inédit dans l'histoire de la Ve République. Vainqueur de la primaire UMP devant Jean-Pierre Raffarin, Gérard Larcher est devenu à nouveau président du Sénat à l'issue d'une séance plénière où sa victoire sur le président du plateau sortant Didier Guillaume (PS), François Zocchetto (UDI-UC) et Jean-Vincent Placé (EELV) ne fait pas de doute. Le sénateur des Yvelines réintègre donc le "Petit Luxembourg", la résidence qui abrite la présidence du Sénat. Un poste qu'il a déjà occupé de 2008 à 2011, avant de céder sa place au socialiste Jean-Pierre Bel.

Gérard Larcher en terrain conquis

Élu par ses pairs pour trois ans, Gérard Larcher devra veiller au bon fonctionnement d'une Haute assemblée qu'il connaît bien. Représentant de l'institution à l'extérieur, le président du Sénat dirige le débat en séance, a le pouvoir de l'interrompre et organise les travaux de son assemblée de manière collégiale avec les présidents de groupe et de commissions. Pur produit du Sénat, son profil d'amateur de chasse bon vivant et son réseau conséquent devraient lui permettre de mener à bien ces missions sans coup férir.

Gérard Larcher va percevoir 7.057,55 euros brut mensuels au titre de président tout en conservant ses émoluments de sénateur des Yvelines (7.100,15 euros brut). Un logement de 80m2 va lui être attribué au Petit Luxembourg, la résidence qui jouxte le bâtiment du Sénat. Il va également disposer d'une voiture avec deux chauffeurs et de plusieurs gardes du corps.

Le remplaçant du Président en cas de vacance du pouvoir

Moins médiatique que son équivalent du perchoir de l'Assemblée nationale, le rôle de président du Sénat revêt avant tout une dimension symbolique. Le patron de la chambre haute est d'abord le garant de la continuité de l'État. Troisième personnage de l'État dans l'ordre protocolaire après le Président et le Premier ministre, il est le deuxième dans l'ordre constitutionnel. À ce titre, c'est lui qui hérite de la présidence de la République en cas de vacance du pouvoir (décès, empêchement ou démission).

À lire aussi
L'application Tik Tok (Illustration) réseaux sociaux
États-Unis : TikTok bientôt interdit pour les employés du gouvernement

Président par intérim, il gouverne alors avec les mêmes prérogatives que le chef de l'État pendant une cinquantaine de jours au maximum (le temps d'organiser l'élection du nouveau président). En revanche, il n'a pas le droit de recourir au référendum, de dissoudre l'Assemblée et il ne préside pas le Conseil des ministres, rôle dévolu au chef du gouvernement. 

Le cas de figure s'est produit deux fois dans l'histoire de la Ve République. Président du plateau de 1968 à 1992, le centriste Alain Poher a pris les rênes de l'Élysée à la démission du Général de Gaulle en 1969 puis après la mort de Georges Pompidou en 1974. 

Un rôle consultatif et un pouvoir de nomination

Garant de la constitution, le président du Sénat doit obligatoirement être consulté par le président de la République en cas de dissolution de l'Assemblée nationale ou d'utilisation de l'article 16 de la Constitution (qui confère les pleins pouvoirs au chef de l'État en période de crise). Mais le Président n'est pas obligé de tenir compte de son avis. Il compte aussi dans ses prérogatives le droit de saisir le Conseil constitutionnel si les textes votés ne lui semblent pas conformes et le Conseil d'État sur une proposition de loi.

Le patron du plateau dispose aussi d'un pouvoir de nomination dans plusieurs organismes importants. À l'instar du président du Palais Bourbon, il désigne trois des neuf membres du Conseil constitutionnel et l'une des trois personnalités qualifiées du Conseil supérieur de la magistrature. Il nomme également trois des neufs membres du CSA, deux des sept membres de l'Arcep, deux des neuf membres du Haut conseil de l'éducation ou encore l'un des trois membres de l'Autorité des marchés financiers.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Sénat Élections sénatoriales Gérard Larcher
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants