2 min de lecture Élysée

Pourquoi un tapis de l'Élysée fait polémique et sera bientôt retiré du palais ?

La création "Soleil Noir" signée Claude Lévêque ornait l'un des salons élyséens. Roselyne Bachelot a annoncé qu'il n'avait plus sa place dans ce lieu.

Claude Levêque en 2015
Claude Levêque en 2015 Crédit : REMY GABALDA / AFP
Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud
et AFP

A l'Elysée, les symboles ont leur importance. Dans un des salons du palais présidentiel trône un tapis baptisé Soleil Noir, une création du plasticien Claude Lévêque, 67 ans. L'artiste est visé par une enquête pour viols et agressions sexuelles sur mineurs ouverte à la suite d'accusations d'un sculpteur de 51 ans qui dit en avoir été victime avec ses deux frères. Une enquête a été ouverte au printemps 2019. Depuis, les expositions et les œuvres signées Claude Lévêque sont annulées ou, du moins, quittent la lumière. 

"Je pense que [le tapis Soleil Noir] sera très certainement retiré étant donné l’aspect emblématique de la présidence de la République", a déclaré la ministre de la Culture lors d'une interview sur la chaîne parlementaire Public Sénat, le 27 janvier 2021. Et Roselyne Bachelot de continuer : "Je suis pour que l’on se pose la question [de la remise en cause des œuvres d'artistes accusés de crimes similaires]. (...) D’ailleurs, un certain nombre de personnes l’ont déjà fait, ou de collectivités comme Montreuil qui s’apprête à retirer les œuvres de Claude Lévêque. Pour ma part je souhaite que dans les lieux publics, la question soit posée". Un débat toujours très vif, entre les tenants de la présomption d'innocence, ceux qui veulent séparer les artistes de leurs œuvres et les prises de paroles des victimes lors des vagues #MeToo, #MeTooInceste ou #MeTooGay ces derniers mois. 

Un écosystème générateur de violences

L'installation Mort en été du plasticien va être elle aussi retirée de l'exposition permanente de l'Abbaye royale de Fontevraud. L'œuvre "va être retirée de l'exposition permanente jusqu'à ce que la justice fasse la lumière sur les accusations de 'viols et agressions sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans' dont fait l'objet son auteur depuis le 10 janvier", a annoncé la collectivité dans un communiqué.

"Ce qui a changé ? C'est la prise de conscience qu'il pouvait y avoir un écosystème générateur de violences", avait affirmé plus tôt la ministre de la Culture dans un entretien avec l'AFP. Elle disait poursuivre l'action de ses prédécesseurs et voulait parvenir à un "plan global" de lutte contre les violences sexuelles et sexistes dans tout le milieu de la culture.

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Depuis sa prise de fonction, Roselyne Bachelot a fait trois signalements auprès du procureur de la République, un à partir du témoignage de Chloé Briot, un autre à propos de Claude Lévêque qu'elle n'avait alors pas nommé mais dont les accusations de viols sur mineurs ont été révélées par Le Monde. La ministre se préparerait à en faire un quatrième. "On peut espérer que la parole va se libérer mais la pression sur les victimes est énorme", indiquait-elle, rappelant que dans le milieu artistique en particulier, "la concurrence est forte" et "la proximité créée par l'exercice de l'art peut amener à des comportements au mieux inappropriés, au pire criminels".

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