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Pourquoi la visite d'Emmanuel et Brigitte Macron en Chine est essentielle

ÉCLAIRAGE - Emmanuel et Brigitte Macron entament ce lundi une visite d'État en Chine. Objectif : bâtir une relation de confiance avec son homologue chinois, tout en négociant de nombreux contrats et insistant sur les enjeux climatiques et européens.

Emmanuel et Brigitte Macron arrivant en Chine, le 8 janvier 2018
Emmanuel et Brigitte Macron arrivant en Chine, le 8 janvier 2018 Crédit : ludovic MARIN / POOL / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Emmanuel Macron sur la route de la soie. Le président de la République entame, dès ce lundi 8 janvier, une visite de trois jours en Chine. À noter qu'il s'agit de la première visite d'État d'un président français. L'enjeu est de taille puisque "une cinquantaine d'accords et de contrats devraient être signés, notamment avec Airbus et Areva", note Le Figaro. Le président avait déjà donné le ton lors de ses vœux de fin d'année : Emmanuel Macron avait annoncé "le besoin" de la France "de retrouver l'ambition européenne" afin de "faire face à la Chine et aux États-Unis".

La première étape du voyage présidentiel débute par "un pèlerinage aux sources des antiques routes de la Soie, lieu symbolique pour évoquer une alliance entre Paris et Pékin en matière commerciale et climatique", indique l'AFP. 

Une multitude de symboles pour "créer la confiance"

À travers cette visite d'État, Emmanuel Macron veut faire de Xi Jinping son allié dans plusieurs domaines : environnement, anti-terrorisme, appui à la force du G5 Sahel et au développement des énergies renouvelables en Afrique. Cette visite est axée sous le signe de la symbolique. Emmanuel Macron souhaite "bâtir la confiance avec la Chine" en se posant "en interlocuteur privilégié de Pékin", explique Le Monde. Dans son premier discours, il a ainsi assuré qu'il reviendrait "au moins une fois par an" en Chine pour "créer de la confiance".

Autre symbole : le président français va offrir au président chinois Xi Jinping un cheval de la Garde républicaine. Pourquoi ce choix ? "Lors de sa visite à Paris en 2014, le président Xi avait été escorté des Invalides à l'Élysée par 104 cavaliers de la Garde républicaine et avait été fasciné par ce savoir-faire d'excellence. Désireux de tisser des liens d'amitié avec les chefs d'État étrangers, plus qu'un cadeau, Emmanuel Macron a voulu faire un geste diplomatique", détaille l'Élysée.

La France au centre des relations entre l'Europe et la Chine

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Avec Brigitte Macron, le chef de l'État est arrivé en début de journée à Xian, ancienne capitale de l'empire chinois qui fut le point de départ de la route de la Soie, ancienne voie commerciale remise au goût du jour par le président chinois Xi Jinping. Ce dernier, qui devait accueillir son homologue français dans la soirée à Pékin, a lancé en 2013 un projet colossal de construction de routes, ports, voies ferrées et parcs industriels entre la Chine et l'Europe et même au-delà. Cette initiative doit couvrir 65 pays, pour des investissements de plus de 1.000 milliards de dollars.

"Ma volonté est que la France et l'Europe (...) soient au rendez-vous offert par la Chine", a assuré Emmanuel Macron dans un long discours cadre sur les relations franco-chinoises, alors que la France était jusqu'ici restée prudente face à un projet qu'une partie des Européens juge dangereusement expansionniste de la part de la deuxième puissance économique mondiale. Dans un entretien accordé au site chinois China.org, le Président a même assuré que Paris était prêt à jouer "un rôle moteur" dans la concertation euro-chinoise sur ce projet

Seul bémol, que mettent habituellement les Européens soucieux d'éviter un simple déversement des excédents productifs chinois sur l'Asie centrale, Emmanuel Macron a appelé à travailler sur ce projet "dans le cadre d'un partenariat équilibré où les règles de financement correspondent à nos standards et à ce que nous recherchons ensemble".  
"Ces routes sont en partage et elles ne peuvent être univoques", a-t-il averti dans son discours.  

"Relancer la bataille climatique" avec la Chine

La visite du couple présidentiel en Chine sera aussi axée sur l'écologie. Face à la décision de Donald Trump de retirer les États-Unis de l'accord de Paris sur le réchauffement, Emmanuel Macron a annoncé qu'il proposerait à Xi Jinping de "relancer la bataille climatique". Sans la décision de la Chine d'y demeurer, "l'accord de Paris n'aurait pas survécu" à la décision américaine, a-t-il souligné, tout en notant que la Chine reste le premier pays émetteur de gaz à effet de serre. "Nos destins sont liés, a-t-il lancé. L'avenir a besoin de la France, de l'Europe et de la Chine. Nous sommes la mémoire du monde. Il nous appartient de décider d'en être l'avenir".

Et d'ajouter : "La Chine a tenu parole. Vous avez démontré la réalité de votre prise de conscience et votre immense sens des responsabilités. Qui aurait pu imaginer il y a quelques années que la Chine démontrerait une force d'entrainement mondial ?" dans ce domaine, a-t-il dit. Cette coopération "montrera au monde que Français et Chinois sommes capables que notre planète soit à nouveau grande et belle", a-t-il poursuivi, répétant cette phrase en chinois. 

Une cinquantaine d'accords à négocier

Emmanuel Macron est accompagné par une délégation de plus de 50 chefs d'entreprise. Parmi les contrats qui doivent être négociés lors de ce voyage : Areva mise tout. Selon François Lenglet, éditorialiste chez RTL, "c'est un contrat potentiel de 10 milliards d'euros pour Areva" qui se joue. Le projet baptisé "New Areva" est "issu de la faillite d'Areva et recentré sur le combustible". En effet, "l'entreprise se trouve actuellement dans la phase finale de négociations pour la construction d'une gigantesque usine de retraitement et de recyclage du combustible nucléaire (celui qui sert à alimenter les centrales et qui est évidemment d'une dangerosité radioactive considérables)".

"Le projet total serait évalué, avec le génie civil et la construction, à plus de 20 milliards d'euros. Cela représenterait près de sept années de travail pour quelque 2.000 ingénieurs français. Cela veut-il dire qu'il y aurait de quoi sauver Areva ? En tout cas, cela peut lui apporter un plan de charge substantiel, après les années sombres où l'entreprise a failli disparaître, plombée par les erreurs stratégiques, l'effondrement du marché du nucléaire, la catastrophe de Fukushima et les déboires de la première technologie française de l'EPR. Mais vous savez que signer un contrat de cette taille avec des Chinois, ce n'est pas une mince affaire", analyse François Lenglet.

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