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"Cela coûte 18 milliards d'euros à l'État" : pourquoi Édouard Philippe veut mettre un terme à "l'open bar" des arrêts maladie

Les faux arrêts maladie existent, mais ils restent très minoritaires dans l’ensemble des fraudes à la sécurité sociale. En revanche, la hausse des arrêts de travail est bien réelle depuis le Covid, portée notamment par le mal-être au travail, le stress professionnel et les arrêts longs.

Un arrêt maladie. (Image d'illustration)

Crédit : AFP

Les arrêts maladie de complaisance explosent : vrai ou faux ?

00:02:16

Les arrêts maladie de complaisance explosent : vrai ou faux ?

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Martial You - édité par Alexian Giron

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Édouard Philippe veut mettre un terme à ce qu'il décrit comme un "open bar" des arrêts maladie. Le week-end dernier, Sébastien Lecornu a déclaré : "Tout le monde ne peut que constater les abus qui explosent ces dernières années". Sommes-nous des malades imaginaires ? Il n'existe pas de statistiques précises sur les arrêts de complaisance.

En 2025, il y avait 34 millions de faux arrêts maladie sur 723 millions d'euros de fraudes à la sécurité sociale. Les particuliers représentent 16% des fraudes. L'essentiel étant des fausses prestations facturées par les médecins spécialistes. Concrètement, il n'y a pas une pandémie de faux malades.

En revanche, il y a une hausse des arrêts maladie réels, depuis le Covid. Cela coûte cher à l'État et représente 18 milliards d'euros, +45% par rapport à 2019. En 2025, 30.000 arrêts de travail par jour ont été délivrés. Un salarié sur quatre a été arrêté au moins une journée. Un gouffre pour les finances de l'État et pour la productivité de nos entreprises. 

Une hausse nette des arrêts maladie depuis le Covid

Comment expliquer cette hausse ? Le Covid a certainement accentué le mal-être au travail. Parmi eux : les cadres et les jeunes de moins de 30 ans sont les plus touchés. Ce sont des arrêts maladies souvent délivrés pour les raisons suivantes : la surcharge mentale, le stress professionnel, ou encore les troubles musculo-squelettiques. La France est passée aux maladies du tertiaire. 

Faut-il plus de contrôles pour s'assurer qu'il n'y a pas de resquilleurs ? Il faut d'abord de la prévention au travail. Il faudrait des médecins en entreprise. Ils étaient 5.009 en 2019. Ils sont tombés à 4.812 en 2022. D'ici à 2030, la moitié partira à la retraite. Il faut également davantage de contrôles. Il y a 7.000 agents sur toute la France, équivalent à un contrôleur pour quatre arrêts délivrés chaque jour.

La France manque de moyens. Édouard Philippe et Sébastien Lecornu veulent surtout faire des économies budgétaires sur le dos des arrêts maladie. Dans les tuyaux, il y a l'idée d'augmenter le nombre de jours de carence. Actuellement, la sécurité sociale ne paie pas les trois premiers jours d'un arrêt maladie. Souvent, l'entreprise compense. Il serait possible d'allonger cette période, ce qui réduirait les dépenses de l'assurance maladie. C'est d'abord le déficit qu'on soigne. 

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