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Une autoroute en Savoie. (Illustration)
Crédit : Alex MARTIN / AFP
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Dernier grand week-end de retour de vacances, et un constat s’impose : la fréquentation des autoroutes baisse depuis le début de l’année. C’est la première fois que cela arrive depuis les confinements du Covid. Selon les différents concessionnaires qui se partagent le réseau, le recul atteint entre 3 et 4%.
Cette baisse du trafic autoroutier donne une image très concrète de la situation économique du pays depuis six mois. Le premier facteur est connu de tous les automobilistes : le prix du carburant. Cet été, il a fallu composer avec un diesel à 2,17 euros le litre et un sans-plomb 95 à 2,02 euros. Pour beaucoup de ménages, l’arbitrage budgétaire est immédiat : quand le plein coûte plus cher, chaque trajet est recalculé.
Le phénomène se voit aussi sur certains axes emblématiques. Au viaduc de Millau, péage spectaculaire autant par son panorama que par son tarif, il faut débourser 13,80 euros pour parcourir 2,5 kilomètres. Résultat : de nombreux automobilistes ont préféré passer par la nationale 9. En six mois, la fréquentation du viaduc a chuté de 6,8%.
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce ne sont pas les péages qui ont le plus augmenté. Leur hausse est restée limitée à 0,86%. Les concessionnaires ont relevé leurs tarifs en février, à un moment où l’on anticipait encore une inflation de 0,9% sur l’année.
Depuis, la situation a changé. L’inflation a dépassé les 2%, tirée exclusivement ici par la hausse des prix à la pompe. C’est ce décalage qui éclaire la baisse de fréquentation des autoroutes : le coût global du déplacement en voiture a augmenté, même si le péage, lui, n’a que légèrement bougé.
À cette pression sur le budget s’ajoute un autre facteur : les conditions climatiques extrêmes de l’été. La canicule et les incendies ont touché plusieurs zones parmi les plus touristiques du pays, notamment la Gironde, les Landes, le Var, la Corse ou encore les Hautes-Alpes.
Le Var, à lui seul, est présenté comme le premier département touristique après l’Île-de-France. On parle donc de territoires majeurs pour l’économie du tourisme, avec des recettes comprises entre 15 et 16 milliards d’euros par an. Quand ces régions sont frappées par les incendies ou des épisodes de chaleur extrême, l’impact dépasse largement la seule circulation sur autoroute.
Cet effet sera mesuré plus précisément à la fin de l’année, mais il pèse déjà sur les déplacements estivaux. Moins de vacanciers sur certaines destinations, davantage d’hésitations à prendre la route, et au final une fréquentation en baisse sur le réseau autoroutier.
Dans ce tableau, un indicateur évolue pourtant dans l’autre sens : le trafic des poids lourds progresse d’environ 2%. C’est un signal important, parce que les camions transportent les marchandises achetées par les consommateurs et celles qui alimentent les usines.
Autrement dit, la hausse du prix des carburants freine la croissance, mais elle ne bloque pas le reste de l’économie. Les flux de marchandises continuent, et avec eux une partie essentielle de l’activité du pays.
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