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"On ne peut pas pleurer sur les impayés et refuser la facturation électronique" : malgré les crispations, que va apporter cette révolution pour les entreprises ?

À partir du 1ᵉʳ septembre, les entreprises devront passer par une plateforme agréée pour transmettre leurs factures entre professionnels. Dans son analyse, Martial You défend une réforme contestée par certains petits patrons, mais présentée comme un moyen de lutter contre la fraude à la TVA et les factures impayées.

Un homme écrivant sur un clavier d'ordinateur

Crédit : Kirill KUDRYAVTSEV / AFP

Oui à la facturation électronique !

00:02:27

Oui à la facturation électronique !

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Martial You

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Le 1ᵉʳ septembre, une petite révolution se prépare pour les entreprises : la facturation électronique entrera en vigueur. Et cela fait déjà râler certains petits patrons.

Qu’est-ce que c’est exactement ? À partir de cette date, les entreprises devront avoir choisi une plateforme agréée par l’État pour envoyer leurs factures à leurs fournisseurs. En clair, le meunier enregistrera la facture de farine de son client boulanger sur cette plateforme, au lieu de lui envoyer par mail. Le boulanger validera le paiement, et la direction des impôts enregistrera la transaction ainsi que la TVA facturée. C’est, au fond, une sorte de Google Drive familial sur lequel on dépose les photos de vacances.

Un coût qui inquiète les petites entreprises

Ce sera-t-il gratuit ? Au départ, cela devait l’être, avec une seule plateforme régie par l’État. Finalement, il y aura 150 plateformes privées. Cela va coûter quelques dizaines d’euros, ou être intégré dans une offre bancaire professionnelle. L’U2P et la CPME, qui représentent les petits patrons, vont regarder cela de près pour éviter que la réforme ne devienne une charge trop lourde pour les petites entreprises.

Est-ce une usine à gaz administrative de plus ? C’est ce que disent les petits patrons. Mais c’est surtout parce qu’ils en ont déjà assez des normes, des contraintes administratives et de la paperasse, et qu’ils se disent que ce sera du travail supplémentaire. En réalité, il s’agit d’une procédure entre professionnels qui n’est pas plus complexe que l’envoi d’une facture par courrier.

Lutter contre la fraude et les impayés

Surtout, cela ne concerne que les professionnels entre eux, ceux qui récupèrent la TVA. Concrètement, votre plombier réglera sa facture de cuivre sur cette plateforme, mais cela ne changera rien à la facture qu’il vous enverra après avoir réparé votre fuite d’eau.

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Le but est clair : lutter contre la fraude et récupérer 2 milliards d’euros de TVA perdue pour l’État. Évidemment, cela complique le travail au noir et les magouilles. Cela peut agacer. Mais, en vérité, cela va aussi sécuriser et fluidifier le règlement des factures entre grosses et petites entreprises.

On ne peut pas pleurer tous les ans sur ces petites boîtes qui font faillite à cause de factures impayées et refuser la facturation électronique.

Une urgence économique

Oui, c’est vraiment une cause de faillites. Une sur quatre, selon les chiffres avancés. L’an dernier, 18.000 faillites ont été provoquées par des factures impayées, d’après la Banque de France. Entre 15 et 17 milliards d’euros de factures seraient dans la nature, selon BPCE. Voilà l’urgence.

Les Belges et les Italiens ont déjà fait la bascule. On devrait y arriver aussi. D’ailleurs, l’U2P indiquait que 70% des entreprises sont déjà en règle. Arrêtons de râler et de vouloir toujours repousser le calendrier.

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