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"Ce serait un Frexit" : la France peut-elle vraiment effacer une partie de sa dette comme le proposent Jean-Luc Mélenchon et Matthieu Pigasse ?

Jean-Luc Mélenchon propose de geler une partie de la dette française détenue par la Banque de France. Une piste jugée trompeuse par ses détracteurs, qui rappellent qu’une telle décision dépendrait de la BCE et des autres pays de la zone euro, avec un risque majeur pour la crédibilité financière de la France.

Jean-Luc Mélenchon et Matthieu Pigasse.

Crédit : AFP

Peut-on facilement geler la dette française ?

00:02:36

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Martial You - édité par Alexian Giron

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Comment sortir de l'engrenage de la dette ? Jean-Luc Mélenchon a une idée : geler une partie de la dette détenue par la Banque de France. Une idée validée par le banquier d'affaires Matthieu Pigasse qui avait restructuré la dette grecque. "La dette publique peut être annulée, comme l'a dit Jean-Luc [Mélenchon], sans aucun impact économique et sans aucun impact financier", a-t-il affirmé lors de l'université d'été de La France insoumise le 22 août 2026.

Globalement, il y a 20% de la dette française qui se trouve dans les comptes de la Banque de France. Cela représente l'équivalent de 700 milliards d'euros sur 3.650 milliards d'euros de dettes. Pour donner un peu d'air au niveau budgétaire, on efface cet argent jusqu'à nouvel ordre. Ils en parlent comme si la Banque de France était autonome, au service du pouvoir français. Ils oublient qu'il s'agit simplement d'une filiale de la BCE.
C'est moins simple et moins indolore. L'euro est une monnaie gérée par 21 pays. Une telle décision devrait être validée par les autres pays. Cela ne passera pas. Il y a déjà une crise de confiance de ceux qui achètent de la dette française. Les taux d'emprunt à dix ans sont au-dessus de 4%. Le pire niveau de la zone euro.

Matthieu Pigasse dit qu'on a déjà joué avec la dette au moment du Covid

Un tel gel règlerait nos problèmes budgétaires ? Pas vraiment. Seuls les intérêts de la dette seront remboursés chaque année. En 2026, cela coûte 77 milliards d'euros. C'est plus que le budget de l'Éducation nationale, de l'Armée ou encore de la Santé. De l'argent jeté par les fenêtres si on ne réduit pas les dépenses de l'État (retraites, chômage, santé...). 

Matthieu Pigasse dit qu'on a déjà joué avec la dette au moment du Covid. "Comme par hasard au moment du Covid, on injecte de l'ordre de 250 milliards d'euros dans l'économie. Quand on veut, on peut", estime le banquier d'affaires.

Mais cela n'a rien à voir. C'était une décision validée par tous les pays de la zone euro. On était tous confrontés à la même pandémie avec le monde entier en confinement. Ce n'était pas le cas d'un pays qui n'est pas capable de tenir sa comptabilité depuis 1974. 

Si on le faisait quand même ? Ce serait un Frexit. La France est la deuxième économie de la zone euro. On risquerait de faire sauter la monnaie commune. Lorsque le gouvernement souhaitera financer son projet de nouveaux réacteurs nucléaires pour décarboner la France, il n'est pas certain qu'il puisse trouver de créanciers prêts à avancer l'argent. Ils demanderont sûrement d'être payés en dollars ou dans une autre monnaie que l'euro.

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