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Pourquoi Angela Merkel est-elle à Auschwitz-Birkenau ce vendredi ?

La chancelière allemande s'est rendue vendredi 6 décembre pour la première fois au camp d'Auschwitz, un déplacement hautement symbolique alors que l'antisémitisme resurgit dans le pays.

Angela Merkel, le 6 décembre 2019 à Auschwitz-Birkenau
Angela Merkel, le 6 décembre 2019 à Auschwitz-Birkenau Crédit : Janek SKARZYNSKI / AFP
Thomas Pierre
Thomas Pierre et AFP

C'est une visite historique et hautement symbolique. La première d'un dirigeant de gouvernement allemand depuis près d'un quart de siècle. Vendredi 6 décembre, Angela Merkel s'est rendue dans l'ancien camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau en Pologne, la plus grande usine de la mort créée par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale.

Née neuf ans après la fin du conflit mondial, la chancelière effectue cette visite peu avant les commémorations du 75e anniversaire de la libération d'Auschwitz par l'Armée Rouge, le 27 janvier 1945. Elle était notamment accompagnée de son homologue polonais, Mateusz Morawiecki, d'un survivant et de représentants de la communauté juive.

Elle a franchi le portail d'entrée surmonté de la sinistre devise des nazis "Arbeit macht frei" ("Le travail rend libre") avant d'observer une minute de silence devant le Mur de la mort, où furent fusillés des milliers de détenus. 

"C'est inséparable de notre pays"

La voix altérée, la chancelière a ensuite estimé que ces "crimes" étaient inséparables de l' "identité" de l'Allemagne. "Se souvenir des crimes, nommer leurs auteurs et rendre aux victimes un hommage digne, c'est une responsabilité qui ne s'arrête jamais. Ce n'est pas négociable. Et c'est inséparable de notre pays. Etre conscient de cette responsabilité est une part de notre identité nationale", a martelé la dirigeante;

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"Il est important de nommer clairement les criminels. Nous, les Allemands, le devons aux victimes et à nous mêmes", a-t-elle ajouté. Dans son discours, elle a mis en garde contre "la montée du racisme et la propagation de la haine", ainsi que contre l'antisémitisme qui menace les communautés juives en Allemagne, en Europe et dans le monde entier.

Retour de l'antisémitisme en Allemagne

À la veille de ce déplacement, Angela Merkel a déjà annoncé l'octroi de 60 millions d'euros à la Fondation Auschwitz-Birkenau pour le maintien du site, situé dans la Pologne d'aujourd'hui, et où furent assassinées quelque 1,1 million de personnes entre 1940 et 1945. 

En Allemagne, qui a fait du souvenir de la Shoah le cœur de son identité d'après-guerre, les autorités s'inquiètent d'une hausse très nette des actes antisémites. Jeudi, avant son déplacement, Angela Merkel a réaffirmé que "la lutte contre l'antisémitisme et contre toute forme de haine" était l'une des priorités de son gouvernement. 

L'attentat avorté de Halle

Elle a aussi insisté sur la "détermination" des autorités à voir une communauté juive, en plein essor, s'épanouir en Allemagne. En octobre, un attentat finalement avorté contre une synagogue de Halle a suscité un choc dans le pays. Son auteur, qui a tué deux personnes au hasard, est un jeune adepte des thèses négationnistes.

Le parti d'extrême droite AfD, qui siège depuis deux ans au Bundestag, prône par ailleurs la fin de la culture du repentir. Le nom d'Auschwitz est devenu le synonyme du Mal absolu. Des Juifs de toute l'Europe, de la Hongrie à la Grèce, y ont été exterminés.

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