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"Panama Papers" : comment le scandale s'invite dans le voyage de Manuel Valls à Alger

REPLAY / INFO RTL - Le week-end prochain, le Premier ministre français sera à Alger. Il devrait croiser sur sa route le ministre de l'Industrie algérien, impliqué dans le système d'évasion fiscale planétaire.

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"Panama Papers" : l'affaire s'invite dans le voyage de Manuel Valls à Alger Crédit Image : AFP / Farouk Batiche | Crédit Média : Rémi Sulmont | Durée : | Date : La page de l'émission
Rémi Sulmont
Rémi Sulmont et Loïc Farge

Samedi et dimanche (9 et 10 avril), Manuel Valls, accompagné d'une dizaine de ministres français, sera à Alger. Il rencontrera le président Bouteflika, mais pas seulement. Comme l'a révélé RTL mardi 5 avril, il va probablement devoir serrer la main d'un homme qui est impliqué dans le scandale "Panama Papers". Il s'agit d'Abdeslam Bouchouareb.

Ce proche du président Bouteflika a fait fortune dans les pommes de terre (dans la purée et les chips, pour être précis). Il est aujourd'hui ministre de l'Industrie et des Mines de l'Algérie. C'est un partenaire incontournable pour la France qui cherche à reconquérir sa place de premier fournisseur du pays, ravi par la Chine. C'est avec lui que les entreprises françaises, comme Renault et Peugeot, discutent pour signer des contrats.
Il a été directeur de la communication du président Bouteflika. Son nom est même évoqué pour devenir premier ministre. "Certains journaux d'Alger réclament sa démission, mais son nom dans le scandale Panama Papers n'ébranle pas le régime algérien", explique la correspondante de RTL à Alger, Amina Boumazza. Cela peut en revanche poser un problème d'image à Manuel Valls et à ses dix ministres. Emmanuel Macron, par exemple, a prévu de faire le voyage à Alger. Il était convenu, jusqu'à lundi, qu'il rencontre son homologue. Il était même possible que les deux ministres signent des accords commerciaux ou de partenariat.

On va donc avoir un gouvernement français qui affiche sa détermination à lutter contre la fraude fiscale le lundi et qui, le dimanche, rencontre et négocie avec des hommes "soupçonnés" de fraude.

Rencontre discrète avec le Président Bouteflika

La visite est marquée par un autre casse-tête : la rencontre avec le Président Bouteflika. Cela aussi peut changer. Mais pour l'instant, Manuel Valls a rendez-vous avec lui dimanche à 16 heures. Le Premier ministre va faire une demi-heure de voiture, aller à 40 kilomètres d'Alger, pour rencontrer le président invisible, âgé de 79 ans, dans la résidence transformée en mini-hôpital depuis son accident vasculaire cérébral en 2013, qui l'a cloué dans un fauteuil roulant et qui ne lui a laissé qu'un filet de voix.

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Mais ça, la presse française qui suit Manuel Valls ne le verra pas. À l'exception d'un journaliste d'agence sans caméra, aucun journaliste parisien ne rencontra Abdelaziz Bouteflika. Aucun des spécialistes de l'Algérie ne sait dire si le président dirige vraiment son pays. "C'est lui à qui on prête le parapheur, car aujourd'hui le pouvoir c'est le parapheur", explique Naoufel Brahimi. "Je ne connais pas la mobilité de sa main, mais sa signature apparaît sur des décrets. Pour moi le sujet n'est pas de savoir qui dirige le pays, celui-ci est en mode automatique depuis cinq ans", poursuit-il.

Depuis cinq ans, le pilote automatique s'appelle quand même très souvent Saïd Bouteflika, 58 ans. Manuel Valls le rencontrera.

Crainte commune du chaos libyen

Le dernier casse-tête de cette visite, justement dans cette ambiance de fin de règne, c'est la Libye. Le pays voisin de l'Algérie est le sujet d'inquiétude commun entre Alger et Paris, qui craignent de voir le chaos libyen déborder des frontières de la Libye. L'Algérie est opposée à toute intervention étrangère en Libye, mais elle redoute que l'Occident et la France finissent par lui demander de s'engager militairement sur le sol libyen.

Pour l'éviter, il faut aider les Libyens à se mettre d'accord par la négociation. L'Algérie, avec un président malade, a-t-elle toutes ses capacités diplomatiques pour agir ? "La question se pose", reconnait une source gouvernementale française, à quelques jours de cette visite.

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