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Repas sautés, soins abandonnés, cumul des jobs, ... Deux tiers des étudiants vivent avec moins de 100 euros par mois

Selon une étude menée auprès de plus de 25.000 étudiants précaires, 69% vivent avec moins de 100 euros par mois une fois leurs dépenses contraintes payées. Entre repas sautés, soins abandonnés et logements difficiles, l’association Linkee alerte sur des situations de plus en plus critiques, qui pèsent aussi sur la réussite universitaire.

Un repas d'étudiants au Crous (illustration)

Crédit : Pascal POCHARD-CASABIANCA / AFP

AFP

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C’est un chiffre qui résume à lui seul l’ampleur du phénomène : 69% des étudiants précaires vivent avec moins de 100 euros par mois une fois leurs charges fixes déduites. Réalisée par Ipsos BVA pour l’association Linkee auprès de 25.487 bénéficiaires de l’aide alimentaire, l’étude met en lumière des situations de grande fragilité.

Avant même de payer leurs dépenses incompressibles - logement, alimentation, santé ou frais de scolarité - près de la moitié (47%) disposent de moins de 400 euros mensuels. Dans le même temps, 60% doivent assumer un loyer supérieur à 400 euros. Un déséquilibre qui plonge de nombreux étudiants dans le rouge : près d’un sur deux a connu des découverts ou des impayés au cours de l’année.

Se nourrir devient un luxe

Une fois les charges réglées, les arbitrages deviennent inévitables. Et ils se font d’abord au détriment de l’alimentation. Neuf étudiants précaires sur dix disent réduire la qualité de ce qu’ils mangent, et 76% en diminuent même les quantités.

Plus inquiétant encore, 65% déclarent sauter au moins un repas par semaine faute de moyens, alors même qu’ils bénéficient d’une aide alimentaire. Les produits les plus touchés sont la viande et le poisson (81%), mais aussi les fruits et légumes frais (50%), voire des aliments de base comme les féculents (18%).

Soins, logement : des renoncements en cascade

La précarité ne s’arrête pas à l’assiette. Près d’un étudiant sur deux a renoncé à des soins médicaux au cours des douze derniers mois pour des raisons financières. Les soins dentaires arrivent en tête (45%), suivis des consultations chez le médecin (43%) et chez un psychologue ou psychiatre (39%).

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À ces difficultés s’ajoutent des conditions de logement souvent dégradées : habitats trop petits, éloignés des lieux d’études, voire insalubres. Près de la moitié des étudiants interrogés rencontrent des difficultés pour se chauffer. Plus alarmant encore, 5% déclarent avoir dormi dans la rue ou dans un véhicule au cours de l’année.

Étudier malgré tout, mais à quel prix ?

Face à ces contraintes, un quart des étudiants cumulent études et emploi pour subvenir à leurs besoins. Mais cette précarité a un impact direct sur leur parcours académique.

Ainsi, 22% affirment envisager, ou avoir déjà envisagé, d’abandonner leurs études. Et près d’un sur deux (47%) craint de ne pas accéder à la carrière souhaitée en raison de ses difficultés financières.

Un constat qui inquiète l’association Linkee, qui évoque des "vulnérabilités extrêmes et cumulées", et appelle à une prise de conscience face à une précarité étudiante qui ne cesse de s’aggraver.

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