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"On ne s'attaque pas aux pompiers", "arrêtez de vous abîmer"... : comment les candidats de la primaire de gauche réagissent aux blocages des lycées

Lors du débat de la primaire de la gauche, les cinq candidats ont condamné les débordements en marge de la mobilisation lycéenne, tout en refusant de réduire leur colère aux violences.

Les candidats à la primaire du Parti socialiste (PS) et du parti de centre-gauche Place publique.

Crédit : JULIEN DE ROSA / AFP

Jérémy Descours & AFP

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Les cinq candidats à la primaire de la gauche ont condamné, jeudi soir, les violences survenues en marge de la mobilisation lycéenne, tout en refusant de laisser ce sujet occulter leurs revendications. Pour rappel, les lycéens - mobilisés depuis une dizaine de jours - réclament davantage de moyens pour l'Éducation nationale, dénoncent les classes surchargées, les professeurs non remplacés, l'état des bâtiments et, pour certains, la pression de Parcoursup.

Le favori des sondages, Raphaël Glucksmann, a plaidé pour "un discours de fermeté" sur deux fronts. "On ne s'attaque pas aux pompiers, on ne s'attaque pas aux enseignants, on ne s'attaque pas à ses collègues", a-t-il lancé. Mais, a-t-il ajouté, "la gauche doit aussi tenir un discours de fermeté sur l'état de l'Éducation nationale, sur l'abandon de l'école publique". Il a dénoncé une école qui "reproduit le plus les inégalités sociales dans toute l'Union européenne" et appelé à "un plan de sauvetage de l'école publique". L'eurodéputé a aussi condamné certaines interventions policières.

"Aucune violence n'est acceptable"

Même tonalité chez Olivier Faure. Selon lui, "aucun [des lycéens, ndlr] n'avaient envie de ces violences". Le premier secrétaire du PS estime que ces actes sont le fait "de gens qui sont venus pour embraser le climat mais qui n'ont aucune revendication à porter". Pour Olivier Faure, ce sont les "conditions d'étude" qui sont "tout simplement insupportables".

Jérôme Guedj a lui aussi condamné "ceux qui dévoient et dénaturent la colère légitime des lycéens". "Aucune violence n'est acceptable", a-t-il insisté, évoquant "des pompiers pris à partie" ou "des enseignants molestés". Mais le député socialiste a salué "une bonne nouvelle", celle de voir la "jeunesse se mobiliser pour un magnifique service public, celui de l'éducation". Le socialiste a aussi lancé un appel : "Je souhaite que dans chaque lycée soit organisé le recueil de la parole des lycéens", avec enseignants, directions et élus locaux, pour répondre à "une demande de dialogue" face à au "mur" de "l'Éducation nationale".

"Indifférent au sort des gens"

Emmanuel Maurel a, quant à lui, accusé le pouvoir d'être "incapable de dialoguer avec ses propres concitoyens" et "indifférent au sort des gens". Pour le député GRS, la mobilisation exprime une angoisse générationnelle profonde : "Ce n'est pas facile d'avoir 18 ans aujourd'hui", tout en évoquant les séquelles du Covid, "l'angoisse" de Parcoursup et celle du changement climatique." "Ce qu'a proposé le ministre de l'Éducation, c'est un numéro vert, une plateforme... ce n'est pas à la hauteur de l'enjeu."

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Enfin, Ségolène Royal s'est distinguée par un appel direct au retrait. "J'appelle les lycéens au calme parce que ce pouvoir-là ne vous donnera rien. Donc arrêtez de vous abîmer", a-t-elle déclaré. Selon elle, l'exécutif n'a pas su entendre depuis des années "le déclassement de l'école", "la paupérisation" des élèves, "l'absence de professeur dans les classes" ou encore "l'angoisse par rapport aux métiers futurs". L'ancienne candidate à la présidentielle a aussi dénoncé la stratégie de maintien de l'ordre, jugeant que voir "des policiers armés, comme s'il y avait une guerre civile, devant les lycées", traduisait une rupture avec "le peuple français". 

Les candidats refusent de tomber dans "le piège" de la critique de LFI

Sur le champ politique, les candidats ont aussi refusé de faire de La France insoumise le sujet central du débat, malgré les accusations du gouvernement. Matignon a en effet imputé les violences à une "manœuvre organisée par LFI et ses proxys de l'ultra-gauche". 

Mais sur le plateau, plusieurs candidats ont refusé "le piège" d'une polémique qui ferait passer au second plan la crise dans les lycées. Olivier Faure a regretté une controverse qui "obscurcit complètement la question lycéenne". Jérôme Guedj a assuré ne pas vouloir "commenter la France insoumise", pour ne pas donner "le sentiment que c'est eux qui tiennent le mouvement". Raphaël Glucksmann a lui aussi jugé que le vrai sujet restait "l'école et l'avenir de ces enfants".

Le ministre de l'Éducation doit recevoir, ce vendredi 2 octobre, les syndicats, les associations lycéennes, les parents d'élèves et les élus du Conseil national de la vie lycéenne. 

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