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"Ils préparent l'affrontement généralisé" : du gouvernement au RN, LFI sous le feu des critiques après le dérapage des blocus des lycées

Dans la droite ligne du gouvernement, lequel a considéré que La France insoumise était "à l'origine" du mouvement, plusieurs candidats à l'élection présidentielle, de Gabriel Attal à Marine Le Pen, ont fustigé la position de la formation menée par Jean-Luc Mélenchon, jeudi 1er octobre. Devant les établissements, plusieurs incidents sont survenus au cours des plus de 900 actions de blocage du jour.

Des lycéens devant leur établissement à Toulouse le 1er octobre 2026

Crédit : Ed JONES / AFP

AFP & La rédaction numérique de RTL

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Le coupable, ou a minima l'instigateur, est tout trouvé. Ce jeudi 1er octobre, pas moins de "900 actions" ont été recensées aux abords des lycées de France, selon une source sécuritaire, alors que l'appel de l'Union syndicale lycéenne (USL) à organiser "l'acte 2" du mouvement a été suivi également par certaines entités représentantes des étudiants du supérieur. Face à la multiplication des incidents violents, la droite et l'extrême droite ont largement fustigé la position de La France insoumise, que Matignon considère être à "l'origine" de ce qui a basculé vers des "violences urbaines".

Dans de nombreuses villes, des poubelles ont été renversées sur la chaussée, des feux allumés devant ou dans les établissements, des projectiles lancés, des abribus brisés et des mortiers d'artifice et gaz lacrymogènes tirés. 

De fait, la formation de gauche radicale a apporté très tôt son soutien à cette mobilisation contre le manque de moyens dans l'Éducation nationale, débuté au lycée Saint-Exupéry de Créteil le 17 septembre, où s'étaient rendus les députés Clémence Guetté et Louis Boyard quatre jours plus tard.

Derrière, plusieurs autres figures insoumises comme le maire de Saint-Denis Bally Bagayoko sont allés à la rencontre des lycéens sur le terrain, alors que la colère gagnait les jeunes d'un peu partout. LFI répète qu'il soutient une action non-violente, même l'édile dyonisien a créé la polémique, jugeant cette semaine que la violence "peut être légitime" même si elle devrait être évitée. Suffisant pour être utilisé comme de l'instrumentalisation ? C'est ce que l'on avance de l'autre côté de l'échiquier politique. 

"Une manœuvre organisée par LFI et ses proxys de l'ultra gauche"

Pour l'exécutif, qui s'est réuni lors d'une cellule interministérielle de crise autour du Premier ministre Sébastien Lecornu à la mi-journée, le mouvement de colère des lycéens est en réalité "une manœuvre organisée par LFI et ses proxys de l'ultra gauche". Matignon a d'ailleurs assuré, sans plus de précision, que cette analyse est "partagée par les services de renseignement", jeudi.

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En réponse, le coordinateur insoumis Manuel Bompard a appelé le gouvernement "à ne pas sombrer dans le complotisme et dans l'infantilisation des lycéens". "Ce mouvement spontané est né d'une exaspération face à des conditions d'éducation absolument indignes, conséquence des politiques gouvernementales. Le véritable responsable se trouve donc à Matignon", a-t-il affirmé à l'AFP.

Le candidat insoumis Jean-Luc Mélenchon, un brin moqueur, avait suggéré plus tôt qu'il puisse s'agir du "premier mouvement de masse convoqué par télépathie". "Il n'y a ni un tract, ni un discours, ni un appel où que ce soit du moindre insoumis à se mettre en mouvement dans un lycée", a-t-il dit. Pour lui, accuser LFI est une manière "de ne pas traiter le problème".

"Ce qui est à l'origine du mouvement, c'est un lycée à Créteil dans lequel il leur manquait trois professeurs sur des matières au bac pendant plusieurs mois, dans lequel il n'y avait pas de personnel administratif pour signer les conventions de stages ou de proviseur adjoint, dans lequel il y avait des classes surchargées. Parce que ce lycée a lancé une mobilisation légitime, tous les autres ont dit : 'Nous aussi on est concernés'. C'est seulement ça", s'est même insurgé Boyard, à l'Assemblée nationale jeudi.

Attal, Philippe, Retailleau, Le Pen... Tous pointent la "lourde responsabilité" des Insoumis

Reste que le gouvernement n'est pas le seul à accuser LFI. À sept mois de la présidentielle, d'autres de ses adversaires politiques se sont engouffrés dans la brèche. À commencer par le candidat Renaissance Gabriel Attal, qui a ainsi accusé le mouvement "d'utiliser les jeunes comme de la chair à canon".


"L'exploitation cynique des lycéens par LFI et les forces politiques qui veulent tout conflictualiser est scandaleuse. Tout peut déraper très vite", a renchéri son concurrent à la présidentielle Horizons Édouard Philippe.

"Les images que nous voyons sont extrêmement préoccupantes. Elles sont d'une grande violence", a ajouté le maire du Havre, alors que trois établissements ont par exemple été touchés par des incendies à Nantes, tandis que des plusieurs proviseurs ont été blessés, molestés ou agressés lors de blocages de lycées jeudi. "Il faut que tous ceux qui instrumentalisent cette violence - je pense notamment à La France insoumise - aient conscience que c'est inacceptable : ce qu'ils nous préparent, c'est l'affrontement généralisé".

Plus à droite, l'angle d'attaque est le même. "En envoyant ses députés devant les établissements, Jean-Luc Mélenchon porte une lourde responsabilité dans la situation que connaît aujourd'hui notre pays", a tonné Marine Le Pen sur X. Chez LR, Bruno Retailleau voudrait même faire étudier "l'interdiction de LFI, un parti qui est fasciné par la violence, qui appelle à la sédition et même qui essaie d'organiser l'insurrection". Les deux prétendants à la présidence en mai prochain n'ont en revanche pas commenté les revendications des lycéens.

La gauche ne charge pas les insoumis

Face aux violences liés au mouvement, le garde des Sceaux Gérald Darmanin reçoit depuis 17H30 en visioconférence les 36 procureurs généraux pour "faire un point sur la fermeté de la réponse pénale" qu'il souhaite y apporter.

Mais depuis vendredi, 119 élèves et personnels ont été blessés, selon le bilan communiqué mercredi par le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray. L'IGPN, la "police des polices", a par ailleurs été saisie de trois enquêtes après que des lycéens ont été blessés, dont un possiblement par un tir de LBD.

Raison pour laquelle la gauche dénonce des "violences policières". "LFI fait le choix de protéger les jeunes contre la violence des amis de madame Le Pen dans la police", a répliqué Jean-Luc Mélenchon sur X. "Le pouvoir macroniste a fait une terrible erreur. En nous accusant de tous les maux, il pense régler le problème. Voilà le résultat."

Olivier Faure, candidat à la primaire social-démocrate, a lui aussi estimé que "la colère lycéenne et le malaise dans l'éducation nationale ne se réglera pas à coup de matraques, de tirs de LBD". La candidate écologiste Marine Tondelier a elle jugé que la "répression totalement disproportionnée doit cesser".

Pour tenter d'apaiser la colère, le gouvernement avait proposé l'ouverture d'une "plateforme de concertation" à laquelle les lycéens pourraient contribuer, sans que cela ne fasse redescendre la tension. Geffray a désormais annoncé qu'il allait rencontrer les associations lycéennes vendredi.

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