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"Même les profs se plaignent" : bâtiments dégradés, classes surchargées... Quelles sont les revendications des lycéens ?

De Paris à Marseille, les blocages de lycées se sont multiplié, ce jeudi 1er octobre. Les lycéens dénoncent le manque de professeurs, des bâtiments dégradés et la pression de Parcoursup.

Des lycéens devant leur établissement à Toulouse le 1er octobre 2026

Crédit : Ed JONES / AFP

La rédaction numérique de RTL & AFP

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De Lille à Marseille en passant par la Seine-Saint-Denis, des centaines de lycées ont été bloqués ce jeudi 1er octobre à l'occasion d'une nouvelle journée de mobilisation marquée par des débordements. 

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Les lycéens mobilisés sur les blocus revendiquent plus de moyens humains et financiers pour l'Éducation nationale, se plaignent de la pression de Parcoursup, de professeurs non remplacés, de bâtiments délabrés ou encore d'emplois du temps trop chargés. 

Le ministre de l'Éducation Édouard Geffray a annoncé qu'il recevra vendredi les associations lycéennes et de parents d'élèves.

Plus de moyens pour les lycées de banlieues

Nina et Candice, lycéennes de 17 ans à Arago à Paris, veulent "plus de moyens, surtout pour les lycées de banlieues" qu'elles "soutiennent", et souhaitent un "système plus égalitaire". Elle se disent bien loties dans leur établissement rénové du 12e arrondissement.

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En 2023, le ministère de l'Éducation a dépensé en moyenne 8.550 euros par lycéen dans le public et le privé sous contrat.

Dans les régions urbaines comme l'Île-de France, les dépenses par élève sont plus faibles que les moyennes nationales et la taille souvent plus élevée des lycées se traduit par de moindres taux d'encadrement. En région parisienne, les enseignants sont aussi plus jeunes, et moins rémunérés.  

En plus de ces dotations, les Régions, compétentes pour les lycées, ont dépensé en moyenne 3.000 euros par lycée, avec de grandes disparités par région: 2.380 euros en Île-de-France à 5.830 euros en Guyane. 

Un professeur manquant pour plus de la moitié des collèges et des lycées publics

Les lycéens mobilisés se plaignent de l'absence de professeurs, parfois dans des matières importantes, comme le français en première. À la rentrée, il manquait au moins un professeur dans 53% des collèges et des lycées publics, selon une enquête du syndicat Snes-FSU.

"Dans la plupart des cas" il s'agit de "volumes d'heures d'enseignement à couvrir, et non des postes à temps plein non pourvus", avait affirmé le ministère. En 2024-2025, 10% d'heures n'ont pas été assurées dans les lycées, selon les statistiques ministérielles.

Selon un récent rapport parlementaire, environ 7,5 % des heures d'enseignement ne sont pas assurées à cause du non-remplacement des professeurs dans le second degré.  

Ryad Rani, président de l'Union syndicale lycéenne (USL), insiste aussi sur le manque d'enseignants. "Chaque jour, je reçois des dizaines de messages de lycéens et lycéennes", assure-t-il dans un entretien sur RTL. Pour lui, ce sont "des vrais problèmes" qui justifient la mobilisation actuelle.

"Il faut évidemment tout faire pour les réduire", a réagi mardi le ministre de l'Éducation Édouard Geffray. "Le 100% de remplacement, c'est quelque chose qui est statistiquement quasiment impossible. Il ne faut pas se mentir non plus." 

Un emploi du temps trop chargé

"On fait des 8h-18h, c'est pas normal" : à l'instar de cet élève de terminale du lycée Montbello à Lille, beaucoup d'élèves se plaignent d'emplois du temps et de classes trop chargées.

Au lycée, les élèves ont entre 26 heures et 29 heures de cours obligatoires hebdomadaires, sans compter les options. Les rythmes scolaires reviennent régulièrement dans le débat public, mais des modifications supposent, dans les zones rurales notamment, d'adapter les transports scolaires, à la charge des collectivités.

La convention des temps de l'enfant a proposé que les cours démarrent à 9 heures au lycée et de placer "les apprentissages théoriques le matin, et les apprentissages pratiques l'après-midi". Le gouvernement n'a pas donné suite à ces propositions. 

Des classes surchargées

Swan, une autre terminale, 17 ans, au lycée Bréquigny dans un quartier populaire de Rennes, explique que "des classes à 35 personnes c'est plus vivable, même les profs se plaignent".

En 2025, il y avait en moyenne 30 élèves par classe au lycée, contre 27 en 2010, selon les données ministérielles. 

Sur RTL, Ryad Rani, président de l'USL, dénonce également une "surcharge des emplois du temps scolaire et des classes". "On peut se retrouver à 32 ou 36 par classe", selon le responsable syndical.

Le "malaise" Parcoursup

Nils Guerin, 16 ans, scolarisé près de Bordeaux, pointe le "malaise" grandissant autour de Parcoursup, "qui est très stressant". D'autres plaident pour sa suppression. "Il faut plus de places dans les universités", estime Candice, en terminale au lycée Arago à Paris. 

Créé en 2018 en remplacement d'APB, Parcoursup est obligatoire pour les lycéens qui veulent candidater dans la plupart des formations de l'enseignement supérieur. Mais dans les faits, tous n'obtiennent pas de place: en juillet, environ 130.000 élèves étaient sans affectation en juillet, à l'issue de la phase principale. La phase complémentaire est toujours en cours. 

Le processus, que beaucoup qualifient de sélection, est aussi accusé de manquer de transparence, en particulier les algorithmes utilisés par chaque formation. 

Des bâtiments dégradés

Au lycée Saint-Exupéry à Mantes-la-Jolie (Yvelines), des adolescents ont raconté les "trous dans les plafonds, les "vidéoprojecteurs et des ordinateurs qui ne marchent pas". Tanelle, 16 ans, en première générale à Thiers à Marseille, déplore qu'une classe défense ait été ouverte "alors qu'on a pas d'argent pour avoir des ventilateurs dans les salles, qu'on crève de chaud". 

Depuis les canicules de mai et juin notamment, le gouvernement insiste sur les programmes en cours de rénovation des établissements, qui appartiennent aux Régions, et non à l'État.

En juin, Édouard Geffray avait indiqué que "6.200 projets étaient soutenus d'une manière ou d'une autre, soit par le Fonds vert, soit par EduRénov", deux dispositifs publics de rénovation énergétique des bâtiments. 

Aucune cartographie des établissements scolaires selon leur performance énergétique n'existe. Le ministère a affirmé qu'elle était en cours. 

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