3 min de lecture Nicole Bricq

Nicole Bricq, ministre sous François Hollande, est décédée à l'âge de 70 ans

La sénatrice REM de Seine-et-Marne a été ministre de l'Écologie et du Commerce extérieur dans les gouvernements de Jean-Marc Ayrault.

Nicole Bricq, sénatrice REM et ancienne ministre de François Hollande, est décédée dimanche 6 août à 70 ans.
Nicole Bricq, sénatrice REM et ancienne ministre de François Hollande, est décédée dimanche 6 août à 70 ans.
Ludovic Galtier
Ludovic Galtier
et AFP

Elle était l'une des premières parlementaires socialistes à rallier Emmanuel Macron dans sa conquête du pouvoir. Nicole Bricq, ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie (2012), où elle avait décidé de suspendre tous les permis de forage de pétrole et de gaz en France, et du Commerce extérieur (2012-2014) dans les gouvernements de Jean-Marc Ayrault, est décédée à l'hôpital de Poitiers (Vienne), dimanche 6 août à l'âge de 70 ans.

Selon des sources gouvernementales, la sénatrice REM en Seine-et-Marne (entre 2004 et 2012 puis de nouveau depuis 2014) aurait perdu la vie "des suites d'une chute accidentelle dans un escalier" survenue dans la soirée du 5 août. Elle se trouvait alors sur son lieu de vacances, précise Philippe Bonnefoy, son ancien chef de cabinet au ministère du Commerce extérieur. Nicole Bricq sera inhumée "dans les jours qui viennent à La Rochefoucauld (Charente)", sa ville natale.

Nicole Bricq avait retiré sa candidature aux sénatoriales de septembre

Membre du Parti socialiste depuis 1972, celle qui avait débuté sa carrière dans les années 1980 parmi les proches de Jean-Pierre Chevènement avant de rejoindre les troupes de Dominique Strauss-Kahn, avait très récemment créé la surprise en retirant sa candidature aux sénatoriales du mois de septembre, en raison de la constitution d'une liste centriste concurrente "s'adressant aux électeurs sénatoriaux de la droite modérée".

La sénatrice sortante avait pourtant été investie par La République En Marche. "Je retire avec gravité et regret ma candidature", indiquait alors l'ancienne conseillère régionale d'Île-de-France (1983-1989) dans un communiqué, affirmant que "deux listes se présentant sur un espace commun électoral délimité briseraient tout objectif de succès".

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Avant d'être sénatrice, Nicole Bricq siégeait à l'Assemblée nationale, l'autre chambre du Parlement. Elle avait été élue députée socialiste pour la première fois en 1997 en battant Jean-François Copé. Le député sortant RPR avait pris sa revanche en 2002. Spécialiste des questions économiques, dotée d'une forte personnalité, elle était devenue en 2011 rapporteure générale du Budget au Sénat, première femme à occuper ce poste.

Un caractère bien trempé

Personnage à fort caractère, Nicole Bricq ne s’embarrassait pas de politesses inutiles dans l’hémicycle. "Il lui arrivait de couper la parole aux sénateurs de son propre groupe si elle jugeait que leur intervention - sur un article de loi ou un amendement - avait assez duré", raconte Libération.

Hors hémicycle aussi, l'ancienne ministre pouvait se révéler impitoyable. Le chef de l'Élysée en a fait les frais en mars 2014 lorsqu'en Conseil des ministres, elle a susurré à l'oreille de Jean-Marc Ayrault que sa cuisine, servie lors de la réception d'une délégation chinoise, était "dégueulasse". Des micros ayant enregistrés la conversation, elle lui avait ensuite présenté ses plates excuses.

Les premières réactions politiques à son décès

Emmanuel Macron a rapidement fait part de sa "tristesse" sur Twitter. "Nicole Bricq était une femme libre, au grand sens de l'État. J'apprends avec tristesse son décès. Cette amie engagée nous manquera beaucoup", a écrit le président, qui selon Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, évoquait René Char avec Nicole Bricq. Pour sa part, l'ancien président François Hollande a qualifié de "passionnée" son ancienne ministre, dans un communiqué à l'AFP. "D'abord de l'État. Elle l'avait montré dans ses fonctions ministérielles au service de notre Commerce extérieur de 2012 à 2014. Ensuite de la politique. Elle s'était engagée très tôt à gauche et avait su faire évoluer ses idées à mesure des changements du monde", écrit l'ancien locataire de l'Élysée.

"Élue de talent, elle aura marqué la vie politique de notre pays par son investissement de chaque instant, notamment au sein de notre haute assemblée. Ces derniers jours encore, elle a témoigné en séance d'un grand sérieux et d'une force de travail considérable, qualités reconnues de tous au Sénat", a aussitôt réagi François Patriat, président du groupe REM au Sénat.

"Militante, ancienne première fédérale de Paris, longtemps proche de Jean-Pierre Chevènement et de Dominique Strauss-Kahn, députée, sénatrice, plusieurs fois ministre, spécialiste des finances publiques, d'économie et d'écologie, la carrière de Nicole Bricq fut caractérisée par sa compétence, la défense de ses convictions et son intelligence. Trois traits majeurs de sa personnalité reconnus tant par ses ami-e-s que par ses adversaires politiques", a également réagi dans un communiqué le Parti socialiste.

Manuel Valls, qui n'avait pas reconduit Nicole Bricq dans ses fonctions en 2014, lorsqu'il a été nommé à Matignon, s'est dit "très triste" sur Twitter et rend hommage à une "militante entière, sincère, réformiste avant tout".

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