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Najat Vallaud-Belkacem, "marocaine musulmane" : la "provocation"

"Trop" femme, "trop" marocaine... En une semaine, la nouvelle ministre de l'Éducation essuie une salve ininterrompue d'attaques. Cette semaine, "Minute" et "Valeurs actuelles" font même un tir groupé.

Najat Vallaud-Belkacem le 11 juillet 2014
Najat Vallaud-Belkacem le 11 juillet 2014
Marion Dautry
Marion Dautry
Journaliste RTL

Les attaques pleuvent sur la nouvelle ministre de l'Éducation nationale. À peine nommée, Najat Vallaud-Belkacem semble accumuler toutes les tares pour la droite conservatrice, et surtout l'extrême-droite.

Trop étrangère

Les hebdomadaires Minutes et Valeurs actuelles vont droit au but : pour eux, les origines de Najat Vallaud-Belkacem, Berbère née en 1977 au Maroc, sont un problème. En couverture de Minute ce mercredi 3 septembre, "une marocaine musulmane à l'Éducation nationale" est une "provocation". Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du parti socialiste, a appelé à la condamnation juridique du journal pour "incitation à la haine".

L'hebdomadaire, qui attend le verdict du jugement pour injure raciste pour sa une "Maligne comme un singe, Taubira retrouve la banane" fin septembre, insiste lourdement sur les origines de la ministre. Ainsi, sa "première spécificité" serait d'être la "première ministre musulmane" à la tête de l'Éducation nationale.

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À coup de questions sans réponse et de points de suspension, le journal met en doute la capacité de Najat Vallaud-Belkacem à agir sans penser au Maroc ou se référer à l'islam. "Quand les musulmans demanderont des aménagements du rythme scolaire durant la période du Ramadan, elle sollicitera à nouveau le point de vue d'Allah ?", demande encore le journal.

Plus subtil, Valeurs actuelles titre, dans son numéro du 4 septembre, "l'ayatollah de la rééducation nationale" et se défend de toute référence religieuse en s'appuyant sur la définition du Larousse : "Personne aux idées rétrogrades qui use de manière arbitraire et tyrannique des pouvoirs étendus dont elle dispose". Et peu importe que la définition première, également donnée par le dictionnaire, soit celle du "titre donné aux principaux chefs religieux de l'islam chiite".

Ministre parce que femme

"Quand on l'encense, on ne sait jamais si c'est pour ce qu'elle fait ou ce qu'elle est", écrit Minute, qui critique le "gilet pare-balle de la féminité" qui protégerait la ministre, à cause duquel toute critique à son encontre seraient immédiatement considérée comme sexiste. "On en arrive à se demander si Najat Vallaud-Belkacem est arrivée là aussi vite uniquement grâce à ses talents et compétences", et pas par "des relents de discrimination positive" parce qu'elle est une femme, poursuit Minute.

Une insinuation sur la promotion de la ministre, nommée à l'Éducation nationale, qui rappelle celle du tweet de Franck Keller, conseiller municipal UMP de Neuilly-sur-Seine, rapidement effacé après sa publication le 1er septembre. Il s'interrogeait sur les "atouts" qui avaient pu permettre à une femme de 36 ans de se voir attribuer ce poste prestigieux.

Une partie de la droite mal à l'aise

De nombreuses voix à droite se sont rapidement élevées contre cette nomination, qualifiée de "provocation" par Nadine Morano, Christine Boutin et la Manif pour tous, qui accusent la ministre de vouloir propager la prétendue "théorie du genre".

Mais d'autres ténors de l'UMP regrettent les "attaques sur la personne". Le député UMP des Hauts-de-Seine Thierry Solère a ainsi réclamé que son parti se démarque des attaques de ses élus, en réaction au tweet de Franck Keller. Cité par Le Nouvel Observateur, le député considère ces accusations comme "le summum de la beaufitude absolue, ça fait honte à toute la classe politique! [...] On n'entend pas l'UMP se démarquer de certains propos nauséabonds, on aurait intérêt à le faire".


Jean-Pierre Raffarin, membre du triumvirat à la tête de l'UMP, est lui aussi mis mal à l'aise. "On doit attaquer sur les idées, jamais sur la personne, ce sont des réactions rapides et primaires", a-t-il défendu.

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"Trop" femme, "trop" marocaine... En une semaine, la nouvelle ministre de l'Éducation essuie une salve ininterrompue d'attaques. Cette semaine, "Minute" et "Valeurs actuelles" font même un tir groupé.
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2014-09-03 19:55:00
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