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Muriel Pénicaud et les licenciements Danone : 3 questions pour comprendre

ÉCLAIRAGE - Selon "L'Humanite", la ministre du Travail aurait profité du licenciement de 900 personnes pour valoriser ses "stock-options" et empocher plus d'un million d'euros.

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, à l'Assemblée nationale le 10 juillet 2017
La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, à l'Assemblée nationale le 10 juillet 2017 Crédit : BERTRAND GUAY / AFP
Marie Zafimehy
Marie Zafimehy

C'est une affaire de gros sous dont Muriel Pénicaud se serait bien passée cet été. Déjà impliquée dans l'affaire dite "de Las Vegas", la ministre du Travail est à nouveau mise en cause, par le journal L'Humanité daté du jeudi 27 juillet. Le journal affirme avoir eu accès aux comptes de Danone, dont elle était directrice générale des ressources humaines (DGRH) en 2013. Elle aurait empoché plus d'un million d'euros en même temps qu'elle annonçait le licenciement de 900 cadres de l'entreprise, dont 230 en France.


La ministre est en première ligne pour défendre la réforme du Code du Travail. Ces révélations font donc polémique dans les rangs de l'opposition, notamment au Sénat et à l'Assemblée nationale. De son côté, Muriel Pénicaud estime que "chacun est libre d'apprécier un niveau de rémunération", ajoutant qu'en ce qui concerne ses stocks-options, "il s'agit d'une rémunération décidée des années avant le plan de départ volontaire".

1. Qu'est-ce qu'une "stock-option" ?

Une "stock-option" est une option d'achat future d'action accordé au salarié - souvent membre de la direction - d'une entreprise. À son arrivée dans l'entreprise, le salarié se voit attribuer un nombre spécifique de "stock-options". S'il décide de prendre l'option et d'acheter les actions, il ne les paiera pas au prix du cours actuel de la bourse mais au prix du cours qu'elles avaient au moment de leur attribution. L'entreprise permet donc au salarié d'acheter ses actions à un prix bas puis de les revendre à un prix plus élevé lorsque le cours de la bourse est en hausse. Il réalise ainsi une plus-value

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Selon L'Humanité, Muriel Pénicaud a réalisé une plus-value s'élevant à près de 1,13 million d'euros. En 2009, elle s'était vue attribuer 55.120 "stock-options" au prix de 34,85 euros l'unité, qu'elle a pu revendre  - "pour l'essentiel", précise le quotidien - à un prix unitaire de 58,41 euros, quatre ans après en 2013.

2. Qu'est-ce que l'opposition reproche à la ministre ?

C'est le "timing" de l'opération qui est reproché à Muriel Pénicaud. L'ex-DGRH du groupe Danone annonce le 19 février 2013, un plan de licenciement équivalent à une "suppression d’environ 900 postes managériaux et administratifs répartis dans 26 pays européens", relève L'Humanité. Une décision prise dans le cadre d'un plan de restructuration décidé un an avant, en 2012. Aussitôt le plan annoncé, le cours de la bourse de l'entreprise augmente. Un phénomène qui est souvent observé sur les marchés financiers après une décision de restructuration. 


Muriel Pénicaud revend ses actions juste avant qu'elles n'expirent. Le règlement de Danone dispose en effet que le salarié doit bénéficier de ses "stock-options" quatre ans maximum après leur attribution, soit exactement le délai utilisé par la ministre.

Selon L'Humanité, en 2012, Danone n'aurait eu apparemment aucune raison de prévoir un plan de licenciements. Selon le quotidien, le groupe industriel venait de "battre le record de son chiffre d’affaires, passant pour la première fois en 2012 le cap des 20 milliards d’euros dans le monde, en hausse de 8 % en un an".

3. L'opération est-elle légale ?

Le système des "stock-options" est complètement légal et constitue une grande part de la rémunération des grands patrons du CAC40. Celles de Carlos Ghosn, patron de Renault, avaient d'ailleurs déjà fait polémique l'année dernière. Le montant de la plus-value associé au plan de licenciements poserait donc plus une question éthique que juridique.

C'est l'angle d'attaque choisi par Olivier Faure, député socialiste et Président du groupe Nouvelle Gauche à l'Assemblée nationale : "C'est légal mais ce n'est pas moral". Pour la sénatrice communiste Eliane Assassi qui a interpellé la Ministre du Travail lors de la séance au Sénat jeudi 27 juillet c'est un "point extrêmement grave" : "de par vos fonctions vous avez organisé ce plan social et en avez récolté les fruits pour votre profit personnel". 

Le gouvernement défend, lui, Muriel Pénicaud. La ministre restera en poste et mènera la réforme du Code du travail. 

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