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Benoît Payan, en novembre 2025, à Marseille.
Crédit : CLEMENT MAHOUDEAU / AFP
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Le maire sortant de Marseille Benoît Payan s’est rendu lundi 16 mars au matin à la préfecture pour déposer sa liste en vue du second tour des élections municipales, coupant court à toute négociation avec La France insoumise.
Entouré des huit têtes de liste du Printemps marseillais, il a déposé à la fois la liste pour la mairie centrale et celles des huit secteurs de la ville. Une manière de verrouiller la stratégie de son camp à quelques heures de la date limite fixée au mardi 17 mars pour l’enregistrement des listes.
"On a toujours été très clair : face au Rassemblement national, il n’y a ni compromission, ni tambouille, ni arrangement", a déclaré l’édile à la presse. "Il faut de l’union, de la clarté et du rassemblement", a-t-il ajouté, affichant un ton déterminé.
Cette décision intervient au lendemain du premier tour, dont les résultats définitifs ont été publiés lundi par le ministère de l’Intérieur. Benoît Payan est arrivé en tête avec 36,70% des voix, talonné par le candidat du Rassemblement national Franck Allisio, qui a recueilli 35,02%. La candidate de droite et du centre Martine Vassal a terminé troisième avec 12,41 %, tandis que le député LFI Sébastien Delogu ferme la marche avec 11,94%.
Ces résultats laissent entrevoir la possibilité d’une quadrangulaire au second tour, prévu le dimanche 22 mars. Dans ce contexte, Sébastien Delogu avait "tendu la main" au maire sortant, dans la ligne nationale de La France insoumise appelant à la constitution d’un "front antifasciste". Benoît Payan a toutefois rejeté cette proposition dès dimanche soir qui l'a traité en retour "d'irresponsable". Le maire actuel a lui exprimé ne pas vouloir de "tambouille politique" et appelant "chacun à prendre ses responsabilités" face au Rassemblement national qui est "aux portes" de Marseille.
La question des alliances à gauche agite l’entre-deux tours dans plusieurs grandes villes. Sur France Inter ce lundi 16 mars, l’ancien président François Hollande a estimé que La France insoumise n’était "pas en capacité de gagner" des villes au second tour.
L’ancien chef de l’État s’est prononcé contre toute fusion de listes socialistes avec celles du mouvement de Jean-Luc Mélenchon. Dans les villes où LFI est arrivée en tête et où les socialistes ne peuvent pas l’emporter, il préconise "soit le retrait, soit le maintien" des candidats socialistes, mais "pas d’alliance".
L'ex-président de la République a toutefois précisé qu’il s’agissait d’un "avis" et non d’une "consigne".
La décision de Benoît Payan ne fait toutefois pas consensus à gauche. La secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier, a jugé "risquée" la stratégie consistant à exclure toute alliance avec LFI, citant notamment Marseille et Paris.
Sur franceinfo, celle-ci a estimé que si cette ligne échoue, "ça a un coût pour les habitants de ces villes qui avaient besoin de politiques de gauche et écologistes".
La dirigeante écologiste a toutefois reconnu que la campagne menée par certains candidats insoumis avait compliqué les discussions, reprochant notamment à Sophia Chikirou et Sébastien Delogu d’avoir fait des candidats socialistes soutenus par les écologistes "leur principal ennemi".
Lundi 16 mars dans la matinée, les regards sont tournés aussi vers la candidate du centre et de droite Martine Vassal, aux abonnés absents depuis dimanche soir, sans doute meurtrie par son très faible score (12,41%) pour cette personnalité locale de 63 ans qui préside la métropole Aix-Marseille-Provence et le département des Bouches-du-Rhône.
La question du "barrage" au Rassemblement national traverse aussi le camp de la droite. À Nice, le maire sortant Christian Estrosi, en difficulté après le premier tour, a appelé lundi 16 mars à des retraits stratégiques.
Sur BFMTV, l’élu Horizons a invité la gauche à se retirer dans sa ville et la droite à faire de même à Marseille afin d’éviter une victoire de l’alliance UDR-RN. "La ville de Nice est en danger. C’est une réalité", a-t-il déclaré, estimant qu’une victoire de ses adversaires dans la cinquième ville de France "risquerait dans les mois qui viennent de se propager partout en France".
De son côté, Franck Allisio continue d'y croire : "On échange avec le maximum de personnes (...) Nous tendons la main à tout le monde mais c'est à Martine Vassal de dire ce qu'elle souhaite faire", a-t-il dit sur BFMTV.
Les Marseillais, qui n'ont pas accouru aux urnes avec une participation de 52,17% inférieure à la moyenne nationale, semblent, à l'image des résultats, très divisés. "On espère vraiment qu'Allisio reprenne Marseille en main. Que les gens peuvent aller à la Canebière, se promener sans risque, qu'il n'y a plus de drogue qui circule", lâche Sandra Dahan, 53 ans, commerçante sur un marché. "Moi, je pense qu'au deuxième tour, le RN risque de passer. Franchement. Je ne sais pas ce que ça sera pour Marseille. Si ça sera mieux ou pire, on verra", dit Béatrice Paul, 62 ans, qui travaille à la caisse primaire d'assurance maladie.
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