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Municipales 2020 : Marseille, la succession impossible

ÉDITO - À Marseille, la succession de Jean-Claude Gaudin s’annonce compliquée. Aucun candidat ne s’est encore déclaré, sauf au Rassemblement national.

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Municipales 2020 : Marseille, la succession impossible Crédit Image : BORIS HORVAT / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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L'Edito Politique - Olivier Bost
Olivier Bost
édité par Marie-Pierre Haddad

À quatre mois des élections municipales, personne ne sait encore qui est vraiment candidat à Marseille. Dans la deuxième ville de France, c’est le bazar dans tous les partis. La fin de l’ère Jean-Claude Gaudin, élu depuis 1995, est-elle si difficile ?
 
Elle est désolante et même décrite comme sinistre. Jean-Claude Gaudin, 80 ans, est comme claquemuré dans sa mairie. "Ses vieux fidèles l’ont isolé du monde", raconte un témoin. Un an après les 8 morts des effondrements de la rue d’Aubagne, tout le monde décrit ce moment surréaliste.

Jean-Claude Gaudin avec quelques proches a dévoilé il y a quelques jours dans son bureau, une plaque pour les victimes. Cette plaque, ce sera à son successeur de la visser là où il le voudra lui ne peut plus aller dans ces rues. La colère, le rejet est trop fort. Cette seule scène raconte toute la fin de règne de Jean-Claude Gaudin. 

Un médiateur à Marseille

Dans cette ambiance qui se prépare pour lui succéder ? Jean-Claude Gaudin n’a jamais envisagé de laisser sa place, tous les successeurs qu’il a désignés, c’était pour mieux les flinguer. Son dernier choix s’est porté sur Martine Vassal, la présidente du département.

Mais chez Les Républicains, un autre candidat est sur les rangs : Bruno Gilles. Le choix se jouera à Paris la semaine prochaine avec les barons du parti. Les Républicains sont bien partis pour se retrouver avec un candidat et un dissident. Avec un risque, perdre par effet de domino, la métropole, puis le département.
 
La République En Marche n’a pas non plus de candidat ? Il y a pas mal de postulants, mais aucun ne fait la différence. L’un revendique le soutien des marcheurs, un autre joue de sa proximité avec Brigitte Macron. Comme le président aime beaucoup Marseille, il a chargé l’un de ses amis, l’entrepreneur Jean-Marc Borello, d’essayer de trouver des candidats et de discuter avec les autres partis.

LaREM risque une très grosse déconvenue

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Pour l’instant, la mission de l’envoyé spécial du président patine. Il n’est pas franchement optimiste et LaREM risque une très grosse déconvenue. Et à gauche, ça s’annonce comment ? C’est la recherche de l’union impossible entre le PS, les anciens PS, La France Insoumise, des écolos et des mouvements citoyens.

Jean-Luc Mélenchon est descendu la semaine dernière pour essayer de mettre tout le monde d’accord. Mais après plusieurs heures de réunion, quand il a proposé sa suppléante comme tête de liste, c’est parti en vrille. Résultat : il est reparti, raconte un témoin, en leur disant : "Débrouillez-vous".

Le risque avec cette succession très mal partie, c’est de rater une occasion pour la ville de rebondir

Olivier Bost
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Comment tout cela va finir ? L’un de ceux qui se démène pour avoir une solution un peu près constructive redoute "une course de nains" où chacun va faire son petit score. Le Rassemblement national, le seul à avoir un candidat, pourrait bien gagner quelques secteurs mais difficilement emporter la mairie. Personne ne pourra gouverner la ville.

Ça promet un deuxième, puis un troisième, un quatrième, peut-être même un cinquième tour, pronostique un candidat. Tout cela serait risible, s’il ne s’agissait pas de la deuxième ville de France. Marseille cumule les difficultés : le logement insalubre, des écoles délabrées, une économie exsangue et pas un sou en caisse.

Une gestion étrillée encore tout récemment par la cour régionale des comptes. Le plus sérieusement du monde Jean-Claude Gaudin a répondu qu’il avait récupéré une ville en mauvais état : la faute à ses prédécesseurs. Il fallait oser après plus de 24 ans de pouvoir !
Le risque avec cette succession très mal partie, c’est de rater une occasion pour la ville de rebondir, se désolent plusieurs élus. Pauvre Marseille !

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