3 min de lecture Élections municipales

Municipales 2020 : le parti animaliste, une réserve de voix, pour LaREM et le RN ?

DÉCRYPTAGE - Lors du scrutin des européennes, le Parti animaliste avait récolté 2,2% des voix. Un score qui attire La République En Marche et le Rassemblement national, à la recherche de réserves de voix pour creuser l'écart pour les municipales à venir.

Le Parti animaliste entend continuer sur sa lancée lors des municipales de mars 2020
Le Parti animaliste entend continuer sur sa lancée lors des municipales de mars 2020 Crédit : LOIC VENANCE / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

L'autre surprise des élections européennes. Outre le score des écologistes, arrivés troisième aux européennes, le Parti animaliste a aussi créé l'étonnement en récoltant 2,2% des voix. Un score qui ne lui a pas permis d'envoyer un député au Parlement européen (le seuil étant fixé à 5%, ndlr), mais lui permet toutefois d'être en position de force pour les élections municipales. Son score frôle ceux du Parti communiste et de l'UDI et dépasse ceux de Lutte ouvrière et des listes anti-UE de Florian Philippot et François Asselineau.

En effet, le scrutin des municipales se jouant sur les investitures, les dissidences et surtout les alliances, le vote animaliste et ses quelque 2% pourraient constituer une réserve de voix non-négligeable et permettre à certains candidats de creuser l'écart avec leurs adversaires politiques. 

Un élément déjà bien intégré dans la stratégie de campagne de La République En Marche mais aussi du Rassemblement national qui multiplient les messages à destination des électeurs animalistes revendiquant le bien-être animal.

LaREM et le RN se positionnent

Le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation Didier Guillaume, qui pourrait se laisser tenter par une candidature aux municipales à Biarritz, a annoncé que le "broyage des poussins" devrait être interdit fin 2021. La castration à vif des porcelets sera aussi "interdite" à la fin 2021. Autre mesure : le ministre a annoncé, lors du Grand Jury RTL, Le Figaro, LCI, le lancement d'une mission parlementaire sur les abandons d'animaux de compagnie.

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"Il est absolument scandaleux d'abandonner plus de 100.000 animaux de compagnie par an, chiens ou chats, dont une grande partie est euthanasiée, et dont l'autre heureusement est accueillie par des bénévoles", a-t-il dit. La mission devra dire "quelle est la situation exactement aujourd'hui". "Il faut des chiffres, quelque chose qui soit non discutable (...) et expliquer aux Françaises et aux Français qu'il y a des règles", précise-t-il. Elle sera lancée "dans les jours qui viennent" et rendra un rapport dans les six mois.

Du côté du Rassemblement national, le bien-être animal figurait dans les propositions de Marine Le Pen, lors de la campagne de 2017. En mai dernier, le numéro 2 du parti Jordan Bardella rappelait être "à titre personnel" "opposé à l’abattage rituel qui organise l'abattage des animaux sans étourdissement dans des conditions de dignité animale qui m'apparaissent totalement scandaleuses". Et d'ajouter : "Au nom de la dignité animale il faudra demain prohiber l'abattage rituel ainsi que les produits qui en sont importés".

Le Parti animaliste ouvert aux alliances

Mais le Parti animaliste compte bien de son côté consolider ses 2,2% d'ici les élections municipales. En septembre dernier, sa cofondatrice, Hélène Thouy, annonçait qu'"il y aura évidemment des listes indépendantes, ça c'est l'essence-même du Parti animaliste". 

Tout en précisant que "le Parti animaliste rassemble des personnes de toutes les sensibilités politiques et c'est d'ailleurs ce qui est sa force puisque toutes ces personnes ont vraiment la question animale chevillée au corps", elle n'a pas exclu la possibilité d'alliances locales, avec des listes qui respecteraient "des valeurs fondamentales qui sont dans notre charte, des principes démocrates, de fonctionnement républicain". Pour Isabelle Dudouet-Bercegeay, cofondatrice et coprésidente du parti, une "condition sine qua non" : qui figure dans le programme la création d'une délégation à la protection animale.

Le mouvement animaliste "a acquis une certaine légitimité, notamment dans les médias", explique à l'AFP Daniel Boy, directeur de recherche au Cevipof de Sciences Po et spécialiste de l'écologie politique. "Entre les prises de parole (du journaliste et militant antispéciste, ndlr) d'Aymeric Caron à des heures de grande écoute et l'action de L214 (association qui diffuse des vidéos de violences en abattoirs, ndlr), ça a pris de l'ampleur".

Onzième force politique française lors des européennes, "le parti dit compter sur ses 4.000 adhésions payantes et sur les 60.000 euros qu'il reçoit annuellement de l'État, conséquence de ses scores aux législatives de 2017", rappelle l'AFP. Et ce malgré une amende annuelle de 30.000 euros pour n'avoir, lors de ces élections, pas respecté la parité en présentant plus de femmes que d'hommes.

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