2 min de lecture Mort de Chirac

Mort de Jacques Chirac : le discours du Vel d'Hiv, un moment fort

Le 16 juillet 1995, Jacques Chirac s'exprime au Square des martyrs du Vel d'Hiv, à Paris. Pour la première fois, un Président reconnaît la responsabilité de la France dans les déportations de juifs.

Jacques Chirac regarde un mémorial en souvenir des enfants déportés du Vel d'Hiv (illustration)
Jacques Chirac regarde un mémorial en souvenir des enfants déportés du Vel d'Hiv (illustration) Crédit : Alain JOCARD / AFP
signature paul turban
Paul Turban et AFP

Pour la première fois, un président de la République française a reconnu la responsabilité de la France dans les déportations de juifs. Le 16 juillet 1995, Jacques Chirac s'exprime au Square des martyrs du Vel d'Hiv, à Paris. Un discours qui marque un tournant mémoriel. "La France, patrie des lumières et des droits de l'Homme, terre d'accueil et d'asile, la France, ce jour-là, accomplissait l'irréparable", déclare le chef de l'État, décédé ce jeudi 26 septembre.  

"Oui, la folie criminelle de l'occupant a été secondée par des Français, par l'État français", ajoute celui qui préside les cérémonies du 53e anniversaire de la rafle du Vel d'Hiv, commencée le 16 juillet 1942 à Paris. Quelque 13.000 juifs avaient été arrêtés à leur domicile par des policiers et gendarmes français avant d'être rassemblés au Vélodrome d'Hiver pour être ensuite envoyés en camp de concentration, d'où beaucoup ne devaient pas revenir.

Il se démarque clairement de son prédécesseur François Mitterrand qui s'y était toujours refusé. "Je ne ferai pas d'excuses au nom de la France. La République n'a rien à voir avec ça. J'estime que la France n'est pas responsable", avait affirmé l'ancien président socialiste en 1994.

Nous conservons à leur égard une dette.

Jacques Chirac, à propos des victimes de la rafle du Vel d'Hiv.
Partager la citation

"Nous conservons à leur égard une dette imprescriptible", dit Jacques Chirac devant d'anciens déportés juifs et leurs familles, les représentants de la communauté juive et les autorités religieuses.

À lire aussi
Jacques et Bernadette Chirac en novembre 2011 (Archives) Mort de Chirac
Bernadette Chirac réagit publiquement pour la première fois au décès de son mari

"Reconnaître les fautes du passé et les fautes commises par l'État, ne rien occulter des heures sombres de notre Histoire, c'est tout simplement défendre une idée de l'Homme, de sa liberté et de sa dignité. C'est lutter contre les forces obscures, sans cesse à l'oeuvre", souligne le Président qui appelle à "l'esprit de vigilance" alors que "souffle l'esprit de haine, avivé ici par les intégrismes, alimenté là par la peur et l'exclusion".

Un tournant mémoriel

Les propos de Jacques Chirac ont été très favorablement accueillis par les participants à la cérémonie qui en ont salué le "courage". Selon Serge Klarsfeld, président des Fils et filles des déportés juifs de France, ce discours, "salué dans le monde entier comme une courageuse et salutaire reconnaissance", a marqué "une profonde rupture".

Se plaçant résolument dans les pas de Jacques Chirac, le président François Hollande a reconnu à son tour en 2012 que le crime commis à l'encontre des juifs lors de la rafle du Vel d'Hiv l'avait été "par la France".

En juillet 2017, son successeur Emmanuel Macron a tenu à "perpétuer le fil tendu en 1995 par Jacques Chirac", lors de la commémoration de la rafle à laquelle était convié pour la première fois un Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu. "C'est bien la France qui organisa la rafle", a-t-il alors martelé.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Mort de Chirac Jacques Chirac Décès
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants