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Affaire Athanor : meurtres, tentatives d’assassinat, passages à tabac, vols… Jusqu’à 30 ans de réclusion pour les têtes pensantes de l’officine criminelle

Au terme d’un procès fleuve, la cour d’assises spécialement composée de Paris a condamné les principaux responsables du réseau criminel Athanor à de lourdes peines ce vendredi 17 juillet. Cinq des 22 accusés, dont Dylan Bilheude et le couple Maarek, ont en revanche été acquittés.

La cour d'assises de Paris, le 17 octobre 2025

Crédit : Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

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Pendant huit ans, cette officine clandestine, née dans l’entourage d’une loge maçonnique, a orchestré meurtres, tentatives d’assassinat, passages à tabac et vols, en se présentant comme une structure liée aux services de renseignement.

La cour d’assises spécialement composée de Paris a prononcé les peines les plus sévères à l’encontre des dirigeants d’Athanor. Daniel Beaulieu, ancien agent des renseignements intérieurs et considéré comme le cerveau du réseau, a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle. Frédéric Vaglio, son frère de loge chargé de trouver les contrats criminels, écope de 25 ans de réclusion.

Le principal exécutant des opérations, Sébastien Leroy, a quant à lui été condamné à 27 ans de réclusion, soit une peine supérieure aux 22 années requises par le parquet général. Les magistrats ont ainsi suivi les réquisitions pour les deux fondateurs de l’officine et se sont montrés plus sévères encore envers leur homme de main.

Une organisation criminelle inspirée des services de renseignement

Le réseau Athanor fonctionnait comme une véritable entreprise criminelle. Meurtres, tentatives d’assassinat, passages à tabac et vols se sont multipliés jusqu’à son démantèlement en juillet 2020.

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Selon l’accusation, l’organisation s’était constituée dans l’ombre d’une loge maçonnique "dévoyée", réunissant policiers, chefs d’entreprise et militaires, dont certains étaient rattachés à la DGSE. Daniel Beaulieu et Frédéric Vaglio revendiquaient une proximité avec les services de renseignement et promettaient une forme d’impunité à leurs exécutants comme à leurs clients.

Sébastien Leroy, âgé de 36 ans, affirmait avoir été recruté pour accomplir des missions secrètes imaginaires, parmi lesquelles l’élimination d’une prétendue agente du Mossad, qui n’était en réalité qu’une coach en entreprise.

Cinq acquittements, dont Dylan Bilheude et le couple Maarek

Parmi les 22 accusés, cinq ont été acquittés. Dylan Bilheude, 33 ans, poursuivi malgré des réquisitions de 20 ans de réclusion, a bénéficié du doute.

"C’est vertigineux. Comme nous le soutenions depuis le début de l’instruction puis tout au long du procès, les éléments du dossier permettaient d’établir l’innocence de notre client", ont réagi ses avocats, Me Pierre Vinot et Me Victor Zagury.

Le couple formé par Alain et Nancy Maarek a également été relaxé. La cour a estimé qu’ils n’avaient "pas donné instruction" de tuer Laurent Pasquali, pilote auquel ils réclamaient une créance de 100.000 euros.

Leurs avocates, Me Clarisse Serre et Me Daphnée Pugliesi, se sont dites "extrêmement soulagées", tout en regrettant que leurs clients aient été "traînés dans la boue" pendant six années de procédure.

Deux militaires condamnés après l’arrestation qui a fait tomber le réseau

L’affaire avait éclaté en juillet 2020 avec l’arrestation, à Créteil, de deux militaires rattachés à la DGSE, Pierre Bourdin et Carl Esnault. Cette interpellation avait mis fin aux activités de l’officine, dont les revenus ont été estimés à 210.000 euros sur huit ans.

Pierre Bourdin a été condamné à 12 ans de réclusion criminelle et Carl Esnault à 9 ans. Ce dernier avait assuré avoir cru agir pour la DGSE, invoquant le principe de cloisonnement propre aux services de renseignement.

Lors de ses derniers mots, Daniel Beaulieu, en fauteuil roulant depuis sa tentative de suicide en détention, s’est levé avec l’aide de trois policiers avant de déclarer : "Pardon à la France que j’ai servie" et "aux victimes, pour ce que j’ai fait, accepté de faire, laissé faire".

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