2 min de lecture Polémique

"Mieux vaut enseigner l'arabe à l'école de la République", lance Alba Ventura

ÉDITO - Les propos du ministre de l'Éducation nationale sur l'apprentissage de l'arabe à l'école a suscité une levée de boucliers. Il faut pourtant favoriser cet enseignement, non obligatoire, dans un cadre laïque et républicain plutôt que de laisser prospérer un enseignement parallèle.

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"Mieux vaut enseigner l'arabe à l'école de la République", lance Alba Ventura Crédit Image : iStock / Getty Images Plus | Crédit Média : RTL | Date :
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Alba Ventura Journaliste RTL

Marine Le Pen (sur RTL), mais aussi Xavier Bertrand, Luc Ferry ou encore Éric Ciotti, tous ont dénoncé une "dérive" et une "faute". Pourtant, à aucun moment Jean-Michel Blanquer n'a parlé d'apprentissage "obligatoire" de l'arabe à l'école.

Pourquoi une telle polémique ? Parce que dès lors que l'on prononce le mot "arabe", cela suscite une hystérie. C'est comme ça que certains imaginent qu'en renforçant l'apprentissage de l'arabe, on va reléguer l'apprentissage du français, que la culture arabe va remplacer la culture française et que l'on va islamiser la France. Bref on va "marabouter" tous les Gaulois !

Mais souvenez-vous, il y avait eu le même emballement lorsque Najat Vallaud-Belkacem était ministre de l'Éducation. Elle avait aussi été accusée de vouloir rendre l'apprentissage de l'arabe obligatoire, ce qui était faux. Elle en parlait comme d'une matière facultative, au même titre que le portugais, l'italien ou le turc.

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Par ailleurs, Xavier Darcos et Luc Chatel, qui ont tous deux été des ministres de Nicolas Sarkozy, se sont interrogés de la même façon que Jean-Michel Blanquer sur la place de la langue arabe dans l'enseignement.

L'arabe déjà facultatif en primaire

"Renforcer" l'apprentissage de la langue arabe, cela veut dire que l'on préfère que les élèves apprennent l'arabe à l'école de la République plutôt que dans des écoles religieuses hors contrat ou dans les mosquées. Cela veut dire qu'il vaut mieux enseigner un arabe littéraire (c'est-à-dire l'arabe de la presse ou des romans) que proposer aux plus jeunes des lectures salafistes.

Cela veut dire aussi qu'il vaut mieux que cette langue soit enseignée par des membres de l'éducation nationale plutôt que par des prêcheurs fondamentalistes. C'est ce que cela veut dire en priorité. Et ça peut vouloir dire aussi que cette langue peut être utile dans les échanges commerciaux et diplomatiques, ou très utile même dans le renseignement.

L'arabe est dans les programmes scolaires, bien sûr. Ce n'est pas une nouveauté. La langue est facultative en primaire, mais elle est étudiée en troisième langue au lycée. Il y a même une agrégation d'arabe qui existe depuis 1905. Mais il est vrai que cette langue est assez peu enseignée.

Gare à un apprentissage parallèle !

Dans son rapport sur l'islam, Hakim El Karoui s'inquiétait justement de voir qu'en vingt ans le nombre d'élèves apprenant l'arabe au collège et au lycée avait été divisé par deux, tandis que ce nombre avait été multiplié par dix dans les mosquées.

Donc la question est simple : est-ce qu'on laisse prospérer un apprentissage parallèle (avec les risques que l'on connait), ou est-ce qu’on favorise un enseignement, non obligatoire, dans un cadre laïque et républicain ? Plutôt que de s'enflammer et de s'invectiver, cela mérite au moins d'y réfléchir.

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ÉDITO - Les propos du ministre de l'Éducation nationale sur l'apprentissage de l'arabe à l'école a suscité une levée de boucliers. Il faut pourtant favoriser cet enseignement, non obligatoire, dans un cadre laïque et républicain plutôt que de laisser prospérer un enseignement parallèle.
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2018-09-13 08:00:00
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