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Medef : pourquoi les applaudissements ne sont pas acquis pour Elisabeth Borne

Alors que le Medef fait sa rentrée à l'hippodrome de Longchamp, le ton se durcit avec l'exécutif sur fond d'appels à la sobriété et de menace sur les superprofits.

La Première ministre Élisabeth Borne à Metz, samedi 27 août.
La Première ministre Élisabeth Borne à Metz, samedi 27 août.
Crédit : Jean-Christophe Verhaegen / AFP
Medef : des chefs d'entreprise pas emballés par les annonces de Borne
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Medef : pourquoi les applaudissements ne sont pas acquis pour Elisabeth Borne
00:11:32
Medef : pourquoi les applaudissements ne sont pas acquis pour Elisabeth Borne
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Anaïs Bouissou & Olivier Bost - édité par Marie-Pierre Haddad

Quelques jours avant les écoliers, les patrons font leur rentrée ce lundi 29 août. Le Medef se réunit à l'hippodrome de Longchamps dans un contexte lourd. Le président ukrainien Volodimir Zelinsky prononcera le discours d'ouverture. Guerre en Ukraine, appel à la sobriété, crise énergétique... Le gouvernement lance la mobilisation générale.

Mais du côté des chefs d'entreprise, on a l'impression d'avoir déjà fait beaucoup d'efforts. Faire des efforts pour diminuer la consommation des entreprises, c'est le quotidien de Muriel, chef d'entreprise, qui crée des espaces de travail. Tout simplement parce que les chefs d'entreprise y ont intérêt financièrement. "Aujourd'hui, les difficultés économiques nous poussent à faire les étapes nécessaires, peut-être plus vite sur la transition écologique", explique-t-elle au micro de RTL.

Des efforts, c'est ce que fait aussi Marcel Turbot, négociant en céréales. Il évoque une difficulté supplémentaire à envisager des efforts supplémentaires. "On a déjà baissé ces 10% depuis deux, trois ou quatre ans. Donc, il y a déjà 20 ou 30% des entreprises françaises qui ont déjà agi dans ce sens là. Donc c'est plus difficile de demander à quelqu'un qui a déjà agi depuis deux ou trois ou quatre ans diminuer ses factures électricité, de gaz ou autres", explique-t-il. 

Il ne faut pas le côté policier qui vient taper avec son bâton", prévient-il.

Marcel Turbot, négociant en céréales

Ce que précisent les chefs d'entreprise, c'est que si la première ministre insiste sur la sobriété énergétique, il n'est pas question de punir. "Redemander au patron, c'est normal c'est son rôle. Maintenant, il ne faut pas le côté policier qui vient taper avec son bâton", prévient-il. Une taxe, des impôts ou tout ce qui ressemblerait à des obligations passerait très mal.

Froideurs et tensions entre le gouvernement et le Medef

Le ton se durcit entre les deux parties sur fond d'appels à la sobriété. L'accueil a déjà été plus chaleureux. Il ne faut pas remonter très loin : il y a un an, à la même rentrée du Medef, le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire était reçu sous les applaudissements des patrons. Un an plus tard, la fin de l'abondance, la fin de l'insouciance et un gouvernement plus fragile politiquement sont passés par là. Le patron des patrons, Geoffroy Roux de Bézieux, goûte assez peu la tonalité de la rentrée. 

Il veut bien que les entreprises fassent des efforts de sobriété, baissent leur consommation d'énergie de 10%, mais il se demande comment. Elisabeth Borne pourrait même parler de rationnement pour échapper à la grande coupure d'électricité pour tout le monde. L'autre idée fraîchement accueillie par le patronat, c'est la taxe sur les superprofits. Elisabeth Borne, qui parle à sa gauche, qui s'agite dans sa majorité, ne l'exclut pas. 

C'est déjà trop pour le Medef. "Le plus grand super profiteur qui fait les plus grands superprofits, c'est l'Etat", contrebalance Geoffroy Roux de Bézieux. Ces propos, le gouvernement ne s'y attendait pas du tout. Un ministre confit : "Avec tout ce qu'on a fait pour les entreprises, c'est quand même osé de se plaindre". Les applaudissements nourris ne sont pas acquis pour Elisabeth Borne. 

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