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Marine Le Pen : pourquoi la justice lui ordonne de procéder à un examen psychiatrique

ÉCLAIRAGE - "C'est proprement hallucinant. Ce régime commence vraiment à faire peur", a écrit sur son compte Twitter Marine Le Pen. La présidente du Rassemblement national a précisé qu'elle ne s'y rendrait pas.

Marine Le Pen, à La Bazoche-Gouet le 3 avril 2017
Marine Le Pen, à La Bazoche-Gouet le 3 avril 2017 Crédit : JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP
MariePierreHaddad75
Marie-Pierre Haddad
et AFP

"Ce régime commence vraiment à faire peur". Avec cette déclaration, Marine Le Pen s'est insurgée, ce jeudi 20 septembre, contre un examen psychiatrique ordonné par la justice. C'est dans le cadre de l'enquête la visant pour avoir diffusé des photos d'exactions du groupe État islamique sur Twitter, une expertise pourtant prévue par la procédure pénale

Sollicité par l'AFP, le parquet de Nanterre a rappelé que Marine Le Pen avait été mise en examen pour "diffusion de message violent susceptible d'être vu ou perçu par un mineur", un délit réprimé à l'article 227-24 du code pénal. 

Pour ces infractions, la loi impose que les personnes poursuivies soient soumises à une expertise médicale - selon l'article 706-47-1 du code de procédure pénale. Datée du 11 septembre, l'ordonnance demande de procéder à un examen psychiatrique de Marine Le Pen "dans les délais les plus brefs"

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Pourquoi Marine Le Pen est-elle poursuivie ?

Marine Le Pen est poursuivie pour avoir tweeté le 16 décembre 2015 trois photos d'exactions de Daesh, en réponse au journaliste Jean-Jacques Bourdin qu'elle accusait d'avoir "fait un parallèle" entre l'EI et le Front national. 

Ces images, qu'elle accompagnait des mots "Daesh, c'est ça", montraient un soldat syrien écrasé vivant sous les chenilles d'un char, un pilote jordanien brûlé vif dans une cage et une photo du journaliste américain James Foley, le corps décapité et la tête posée sur le dos. 

"Je croyais avoir eu droit à tout : eh bien non ! Pour avoir dénoncé les horreurs de Daesh par tweets, la 'justice' me soumet à une expertise psychiatrique ! Jusqu'où vont-ils aller ?!", a encore tweeté la finaliste de la présidentielle en 2017

En quoi consiste l'examen psychiatrique ?

Cet examen vise notamment à vérifier "si elle est en mesure de comprendre les propos et de répondre aux questions" et si "l'infraction reprochée au sujet est en relation avec des éléments factuels ou biographiques de l'intéressé". Dans les couloirs de l'Assemblée, la députée a affirmé qu'elle ne se rendrait "bien entendu" pas à cet examen, ajoutant : "J'attends de voir comment le magistrat entend m'y contraindre". 

Dans les faits, quand une personne refuse de se soumettre à cet examen, l'expert se borne à constater son absence, la justice n'ayant pas de moyens coercitifs en la matière. Cette mesure relève d'une dictature, selon la présidente du Rassemblement national.

"Dans les régimes totalitaires c'est une des méthodes qui est utilisée contre les opposants". À sa suite, le député RN Bruno Bilde a cité "l'URSS, la Chine sous Mao" et "la Roumanie sous Ceausescu". "Ça commence à faire beaucoup, les tentatives pour nous ruiner, les affaires qui sont créées de toute pièce", a ajouté la députée du Pas-de-Calais, qui s'estime "persécutée" par les juges. Le RN conteste la saisie d'une aide publique par la justice, qui enquête sur des emplois fictifs du parti au Parlement européen.                    

Le soutien de Matteo Salvini

Son allié italien et ministre de l'Intérieur Matteo Salvini lui a exprimé son soutien. Il s'est dit sur Twitter "solidaire avec elle et avec les Français qui aiment la liberté". "Prochaine étape le goulag ?" s'est demandé son ancien allié à la présidentielle, président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan. 

Le chef de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon a estimé que ce n'était "pas avec des méthodes pareilles qu'on fera reculer l'extrême droite". Celui qui avait qualifié Marine Le Pen de "semi-démente" en 2012 a exprimé son "désaccord total avec la psychiatrisation de la décision politique". "Madame Le Pen est politiquement responsable de ses actes politiques". 

Quelques semaines après les attentats du 13 novembre 2015, les pires jamais commis en France, les publications des photos de Daesh par Marine Le Pen avaient immédiatement soulevé un tollé au sein de la classe politique mais aussi au-delà. Le parquet de Nanterre avait lancé le jour même une enquête à la suite d'un signalement des clichés par le ministre de l'Intérieur d'alors. 

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