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Macron : "Les électeurs de droite attendent plus du Président", note Alba Ventura

ÉDITO - Face aux manifestations et aux grèves, Emmanuel Macron résiste dans les sondages. Mais à droite, où il a beaucoup séduit, sa cote de popularité s'effrite un peu. Plus une déception qu'une opposition.

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Macron : "Les électeurs de droite attendent plus du Président", note Alba Ventura Crédit Image : CHRISTOPHE ENA / POOL / AFP | Crédit Média : RTLnet | Date :
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Alba Ventura et Loïc Farge

Nouvelles manifestations en vue samedi 26 mai dans toute la France. Une soixantaine de syndicats, associations et partis politiques appellent à défiler contre la politique d'Emmanuel Macron. Une situation qui, pourtant, ne provoque pas de décrochage du Président dans l'opinion. Notre sondage BVA-La Tribune montre que sa cote de popularité reste assez stable.

Il y a un paradoxe entre la multiplication des conflits, le bruit dans les manifs et cette stabilité dans les sondages. Emmanuel Macron recueille 40% de bonnes opinions. Ce mois-ci, il perd trois points. Le mois dernier, il en gagnait trois. Mais il n'y a pas d'effondrement.

D'autant qu'il faut regarder un peu dans le rétroviseur, et se rappeler de son score du premier tour de la présidentielle. Emmanuel Macron avait recueilli 24% des voix. Seulement 24%, si j'ose dire. Donc 40%, cela reste un niveau qui n'est pas si mauvais. Même si, bien sûr, les mauvaises opinions sont majoritaires, à 56%.

"Pas assez dur face aux conflits sociaux"

Mais effectivement, ce qui apparaît c'est cette ligne de fracture entre les gens qui bloquent, la rue qui manifeste, et ceux qui sont toujours dans une forme d’attentisme, ou qui veulent que les réformes avancent.

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Parmi eux, il y a les sympathisants d'En Marche qui soutiennent le président à 91%. Ce qui est beaucoup, surtout lorsqu'on se rappelle là aussi qu'un électeur de Macron sur deux était un électeur de Hollande. Il a un électorat qui reste extrêmement solide.

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En revanche, ce sont les sympathisants de droite, et notamment Les Républicains, qui "décrochent" de Macron. Là aussi, la situation n'est pas banale. Parce que l'électorat de droite a beaucoup soutenu le Président jusqu'à présent. Même si, avec la réforme de la CSG sur les retraités ou la loi immigration, cet électorat a marqué le pas.

Mais le recul qui est enregistré aujourd'hui (9 points de moins), c'est plus une déception qu'une opposition. C'est-à-dire que les gens de droite sont mécontents non pas de l'action du Président, mais du fait qu'il n'est pas assez dur face aux conflits sociaux. Ils trouvent que ça s'enlise, que ça patine, que cela a trop duré sur la réforme de la SNCF, sur les blocages des facs et sur Notre-Dame-des-Landes. Il n'y a que des dossiers ouverts et aucun qui ne se referme.

N'oubliez pas qu'une partie des électeurs de droite, qui ont perdu leur candidat à la présidentielle, ont reporté leurs espoirs sur Emmanuel Macron. Et chez certains, il y a même l'idée que psychologiquement ils ont gagné ou ils sont gagnants avec Macron. C'est pour cela qu'ils sont en retrait aujourd'hui, et qu'ils en attendent plus.

Deux couacs gouvernementaux symptomatiques

Les sondages, vous le savez bien, c'est une tendance. Le seul repère qui vaille, ce sont les élections. Donc pour cela, il faudra attendre les élections européennes de 2019. C'est encore un peu loin. Mais il est vrai que les couacs de la semaine dernière n'arrangent pas les affaires du gouvernement qui se félicitait jusque-là d’une assez bonne cohésion entre les uns et les autres.

Vous imaginez : deux couacs en une semaine ! D'abord les 80 kilomètres/heure, qui ont opposé le premier ministre et le ministre de l'Intérieur (c'est une mesure qui passe très mal auprès de l'électorat de droite) ; ensuite le débat sur la diminution des aides sociales entre les deux ministres de Bercy, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin.

Mais ce ne sont pas seulement deux couacs de rivalité entre ministres. Non, ce sont deux couacs qui disent autre chose. Deux couacs qui sont symptomatiques. Celui sur les 80 kilomètres/heure, qui met en relief l’image du président des villes, et celui sur les aides sociales, qui pointe le "président des riches". Deux étiquettes dont Emmanuel Macron a un mal fou à se débarrasser, et qui pèsent dans l'opinion.

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