3 min de lecture Aquilino Morelle

Le quinquennat de François Hollande parasité par les complications médiatiques et politiques

MOI PRÉSIDENT - Fuites dans la presse et couacs ministériels ont rythmé les deux premières années du chef de l'État à l'Élysée. Une ambiance peu propice à un travail serein.

François Hollande à Paris, le 31 octobre 2014
François Hollande à Paris, le 31 octobre 2014 Crédit : ALAIN JOCARD / AFP
Romain Renner
Romain Renner
Journaliste RTL

Entre bilan et perspective, François Hollande achève en ce mois de novembre 2014 la première partie de son quinquennat. Accablé par un sondage qui révèle que 71% des Français font plus confiance à Manuel Valls qu'à lui pour diriger le pays, le chef de l'État n'aborde pas cette seconde moitié de mandat dans les meilleures conditions.


Depuis sa victoire sur Nicolas Sarkozy, le 6 mai 2012, le Président n'a de toute façon jamais eu les coudées franches pour mener sa politique. Outre des questions de fond, de nombreuses affaires parallèles sont venues gêner son action, apportant la confusion lorsque l'opinion publique avait besoin de clarté.

Couacs en stock

Des difficultés au premier rang desquelles figurent les "couacs" de son gouvernement. Devenus une sorte de ritournelle entêtante, les couacs ont, jusque-là, tous souligné un vrai problème de communication de la part du pouvoir en place.

Dès juin 2012, Cécile Duflot, ministre du Logement, réclame la dépénalisation du cannabis. Elle sera imitée en octobre de la même année par Vincent Peillon, alors ministre de l'Éducation nationale, qui appelle de ses vœux la tenue d'un débat sur la dépénalisation.

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Les deux ministres, qui ont quitté le gouvernement lors du dernier remaniement, ont d'ailleurs été la cause des sueurs froides de François Hollande. Les annonces de Vincent Peillon sur la réduction de la durée des grandes vacances, le soutien de Cécile Duflot aux manifestants de Notre-Dame-des-Landes et son opposition à Manuel Valls sur le dossier Leonarda ont achevé de faire d'eux les principaux "ingérables" de l'équipe de Jean-Marc Ayrault.

C'est également une déclaration à l'emporte-pièce qui aura coûté sa place à Delphine Batho, en juillet 2013. Invitée de Jean-Michel Aphatie, la ministre de l'Écologie qualifie de "mauvais" le budget 2014. La réaction est immédiate : la frondeuse doit prendre la porte. Elle ne sera pas la seule à exprimer ouvertement son mécontentement. Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Aurélie Filippetti suivent le même chemin à la fin de l'été 2014 et quittent le gouvernement en même temps.

Si Arnaud Montebourg a fait une partie de sa réputation sur sa capacité à critiquer le pouvoir et la majorité auxquels il appartient, ce sont bien les attaques de Benoît Hamon qui surprennent et font parler d'elles. "La politique du gouvernement menace la République (...) parce qu'elle réduit les capacités d'intervention de la puissance publique (...) Et la menace (...), c'est l'arrivée au second tour de la présidentielle de Marine Le Pen, mais en plus la menace que, demain, elle dirige le pays", lance-t-il notamment, quelques mois après sa sortie du gouvernement.

L'affaire des écoutes de Nicolas Sarkozy est définitivement venue jeter le discrédit sur la gestion de la communication du gouvernement. Christiane Taubira s'embrouillera dans ses explications, démenties par Jean-Marc Ayrault, donnant l'impression que l'équipe de François Hollande avait des choses à cacher. Un loupé qui laissera des traces.

Un entourage à gérer

Le cercle des proches du Président, censé le protéger et le conseiller, ne l'a pas non-plus épargné. L'affaire Aquilino Morelle est venue ternir l'image de "République irréprochable" qu'a voulu bâtir François Hollande.

Accusé d'avoir travaillé pour des laboratoires pharmaceutiques à l'époque où il était censé les contrôler, le conseiller du Président a également vu son comportement épinglé. En cause, la privatisation d'un salon de l'Élysée pour qu'une personne se charge de cirer ses très nombreuses paires de chaussures.

L'affaire, révélée en avril, risque de connaître encore quelques rebondissements. Dans une interview accordée à L'Obs, en septembre dernier, Aquilino Morelle révèle sa volonté d'écrire un livre sur son passage à l'Élysée.
"Ça peut saigner", prévient-il, même s'il assure ne pas vouloir nuire à ses collègues socialistes. Il ne peut supporter le silence après son éviction, qu'il qualifie toujours "d'élimination politique programmée".

Plus politique est la "trahison" d'Emmanuel Macron. Le conseiller économique de François Hollande aurait affirmé, selon l'ancien socialiste Pierre Larrouturou qu'il avait "l'impression de faire une politique des années 1980 qui aurait pu marcher il y a trente ans". Comble de l'ironie, c'est ce même Emmanuel Macron qui obtiendra une promotion et remplacera Arnaud Montebourg après son départ du gouvernement, en août dernier.

Et, parfois, l'entourage manque de discrétion. "Sarkozy, je le surveille. Je sais très exactement ce qu'il fait"aurait déclaré le chef de l'État, le 17 février dernier. Une petite phrase qui deviendra publique en pleine affaire des écoutes de l'ex-président. Un timing des plus douteux.

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