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Le Pen et Darmanin : un débat entre "approximations" et déception

La présidente du Rassemblement national et le ministre de l'Intérieur se sont retrouvés sur France 2, jeudi 11 février et ont débattu de l'islamisme et de l'immigration.

Marine Le Pen et Gérald Darmanin lors du débat télévisé du 11 février 2021 sur France 2.
Marine Le Pen et Gérald Darmanin lors du débat télévisé du 11 février 2021 sur France 2.
Crédit : LAURE BOYER / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
Florine Boukhelifa & AFP

Ce débat était très attendu, à 15 mois de la présidentielle. Marine Le Pen et Gérald Darmanin ont débattu à fleurets mouchetés de l'islamisme et de l'immigration jeudi 11 février sur France 2, tombant d'accord par endroits. Le ministre de l'Intérieur a accusé son adversaire d'"approximations" et la candidate RN a fustigé un texte insuffisant contre l'islamisme.

Forte de sondages qui la donnent au second tour face à Emmanuel Macron, la dirigeante d'extrême droite a jugé que le projet de loi du gouvernement sur le séparatisme, "vidé de son sens", l'avait "beaucoup déçue" alors qu'elle se voulait "constructive". Elle n'a pas exclu de voter le texte mais cela "dépendrait" de l'examen à l'Assemblée d'une mesure gouvernementale encadrant l'instruction en famille, critiquée de toutes parts. "Je ne veux pas d'un État qui s'ingère dans la liberté des familles" et des religions, a-t-elle dit.

La présidente du Rassemblement national était venue avec une contre-proposition de loi ciblant les "idéologies islamistes" qui sont à ses yeux "partout" et qu'elle entend bannir de toutes les sphères de la société, à commencer par le voile. "Vous êtes très approximative (...) vous dites beaucoup de choses qui ne sont pas la vérité ou qui ne sont pas le texte, qui ne sont pas le droit", a accusé pour sa part le ministre de l'Intérieur, qui jouait par procuration le rôle du chef de l'État.

Des désaccords sur les chiffres et le droit du sol

Gérald Darmanin lui a reproché de "ne pas voter les textes" comme la loi antiterroriste de 2017, qui permet notamment la fermeture de lieux de culte. "Madame Le Pen dans sa stratégie de dédiabolisation vient à être quasiment un peu dans la mollesse, il faut prendre des vitamines !" a-t-il ironisé. En l'occurence la cheffe du RN s'est trompée sur les chiffres de l'immigration, sujet fétiche de son parti : Marine Le Pen a évoqué le chiffre de 471.000 titres de séjour accordés en 2019, alors que le ministre lui a assuré que le chiffre était de 277.000.

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Quand la dirigeante du RN a souhaité un référendum pour demander aux Français "s'ils souhaitent qu'on supprime le droit du sol, c'est-à-dire l'acquisition quasi automatique de la nationalité", le ministre a répondu que "ce n'était pas vrai". "Chacun constatera que vous avez dit absolument n'importe quoi sur absolument tous les sujets ce soir" et "il faut travailler pour le prochain débat présidentiel", a-t-il conclu.

Interrogée pour savoir si elle avait l'impression d'avoir mieux fait qu'en 2017, Marine Le Pen a répondu qu'"on ne peut pas comparer des débats qui n'ont rien de comparable", même si elle a admis avoir été "trop offensive" face à Emmanuel Macron. Ce face-à-face était d'ailleurs un test pour la candidate de l'extrême droite, qui avait refusé de débattre en septembre avec le Premier ministre Jean Castex, relégué par un proche au rang de "dircab' [ directeur de cabinet]" d'Emmanuel Macron, trop technique à ses yeux.

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