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Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l'Assemblée, le 24 mai 2026 sur RTL
Crédit : Nicolas Kovarik -Agence 1827/RTL
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"C'est de l'argent public dans les poches de Total". Invitée du Grand Jury RTL - Public Sénat - Le Figaro - M6, ce dimanche 24 mai, Mathilde Panot charge le nouveau plan de 700 millions d'euros d'aides, présenté le 21 mai dernier par le Premier ministre Sébastien Lecornu, pour faire face à la hausse des prix du carburant en raison du blocage du détroit d'Ormuz au Moyen-Orient.
La député de la dixième circonscription du Val-de-Marne fustige l'action gouvernementale alors que les prix à la pompe flambent depuis plusieurs semaines. "Le gouvernement continue de faire payer aux Français les dividendes de Total", déplore-t-elle.
Face à cette problématique, Mathilde Panot propose un blocage des prix et des marges à 1,70 euros, comme avant la guerre, "une solution qui ne coûte pas un seul sou à l'État", assure-t-elle. Questionnée sur la faisabilité de cette mesure, la présidente du groupe La France insoulise à l'Assemblée nationale explique qu'il suffit d'un "simple décret" et explique qu'elle sera financée par "les multinationales de l'énergie comme Total".
"Pendant longtemps, dans les stations, il y avait de l'essence acheté avant-guerre. C'est la spéculation qui fait que le carburant augmente", ajoute-t-elle avant de poursuivre : "Nous ne pouvons pas accepter le chantage d'une multinationale, c'est aux Français et aux Françaises de décider".
Cela pourrait-il pousser le géant français du pétrole à quitter la France ? La réponse est non pour la député car "il ne prendrait pas le risque de perdre le marché français". Elle évoque le cas de la Norvège où "il est taxé à hauteur de 70%", un pays dans lequel TotalEnergies reste implanté malgré la fiscalité pratiquée.
Avec ce décret qui bloquerait "les prix de gros", Mathilde Panot souhaite aussi aider les stations-services indépendantes prises en étau entre des prix d'achat qu'ils ne contrôlent pas et la concurrence des grandes surfaces.
Le Rassemblement national, quant à lui, demande une réduction de la TVA, comprise dans le calcul du prix à la pompe, pour soulager les Français. C'est ce qu'a évoqué Sébastien Chenu, le vice-président du parti, sur RTL, le 19 avril dernier. "Cette proposition, elle ne date pas d'hier. Elle était déjà dans le programme présidentiel de Marine Le Pen de 2022, qui est une baisse de la TVA, mais aussi de la TICP (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques, ndlr), qui permettrait évidemment aux Français de faire un certain nombre d'économies directement à la pompe", a-t-il déclaré.
La député LFI critique ce projet qui coûterait selon elle "16 milliards d'euros". "Le RN n'a évidemment pas envie de faire payer Total puisque Marine Le Pen dîne avec Patrick Pouyanné [président de TotalEnergies, ndlr]", ironise-t-elle.
Et quid de l'électrification ? Si le RN n'y croit pas vraiment, Mathilde Panot, la présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale reste plus mesurée. " Ça peut faire partie de la solution même si nous voulons redévelopper les services de transports en commun", répond-elle.
Une option moins crédible selon elle parce que "tout ce qui aurait dû être fait en termes de planification écologique pour permettre à la France de produire des voitures électriques à bas coût n'a pas été fait".
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