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Un drapeau LFI à un meeting de Jean-Luc Mélenchon à Perpignan, le 1er mars 2026.
Crédit : Jc Milhet / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
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Les résultats du second tour des élections municipales 2026, ce dimanche 22 mars 2026, livrent un constat nuancé pour la gauche. Si le Parti socialiste conserve ou conquiert plusieurs grandes villes comme Rennes, Quimper, Lille, Rouen, Saint-Nazaire, Nantes, Marseille, Pau ou encore Saint-Etienne, la stratégie d’union au second tour actée dans certaines communes avec La France insoumise n'a pas été couronnée de succès.
Qu'il s'agisse de "fusions techniques" ou de véritables alliances, dans plusieurs villes clés, comme Toulouse, Limoges, Besançon, Poitiers, Clermont-Ferrand, Tulle, ou Brest, les listes d’union avec La France insoumise ont subi des revers, le plus souvent au profit de la droite. Les Républicains enregistrent ainsi des victoires symboliques dans ces trois dernières villes, des bastions traditionnellement ancrés à gauche.
Les responsables socialistes ont en revanche mis en avant leurs victoires à Paris ou Marseille, des villes où leurs candidats étaient sans les insoumis. Le patron du PS, Olivier Faure, en a conclu que "la provocation outrancière" est une "impasse", mais que les "gauches irréconciliables" le sont tout autant. Son secrétaire général Pierre Jouvet a accusé LFI de "faire perdre" la gauche, appelant à un rassemblement avec les écologistes. L'ancien président socialiste François Hollande a critiqué la "direction du PS" qui a défendu "l'union pour l'union".
"Il y a eu un mouvement de masse des électeurs qui sont venus voter contre des listes d'alliances avec LFI", a estimé sur RTL le député socialiste Arthur Delaporte. "Ce qui nous a empêché de gagner Limoges ou Toulouse. C'est parce que c'était des candidats LFI et qu'ils n'ont pas voulu voter pour eux", a-t-il assuré, dénonçant "la stratégie" de la France insoumise "de chercher à brutaliser le débat public".
Une analyse considérée comme "un peu rapide" et "parano" par la députée Écologiste Sandrine Rousseau, toujours sur RTL. "Strasbourg et Poitiers ont été perdus parce que le PS a fait cavalier seul", argumente-t-elle. "Les têtes de listes socialistes sont des boulets pour la gauche", a pour sa part tancé le député Paul Vannier, estimant que le bilan de LFI est à l'inverse "au-delà de nos espérances" : les insoumis ont notamment remporté Saint-Denis, Roubaix, La Courneuve et Vénissieux.
"J'ai l'impression qu'il n'y a pas une seule ville qui a été conquise à la droite par la gauche, du seul fait qu'il puisse y avoir un rassemblement entre LFI et le Parti socialiste", analyse Jean-Daniel Levy, directeur délégué de Toluna Harris Interactive, notre partenaire pour ces élections municipales. "Donc ça a plutôt été des postures qui sont apparues comme étant défensives, plutôt que comme étant des postures de conquête."
Si Grégory Doucet a revendiqué la victoire à la mairie de Lyon grâce à une large coalition de gauche incluant LFI au second tour, dans de nombreuses autres villes, l’alliance avec le parti de Jean-Luc Mélenchon s’est soldée par une défaite.
À Besançon, la fusion technique de la maire écologiste sortante Anne Vignot avec la liste La France insoumise de Séverine Véziès n'a pas non plus porté ses fruits. C'est le candidat Les Républicains Ludovic Fagaut qui l'a emporté, faisant basculer la ville à droite après près d'un siècle de domination quasi ininterrompue de la gauche. Même cas de figure à Clermont-Ferrand où le maire sortant PS Olivier Bianchi a choisi de s’allier avec la candidate LFI en optant pour une "fusion technique". L'alliance a cédé face au candidat de la droite Julien Bony.
Le fief de François Hollande a également basculé à droite. Le maire sortant de Tulle s'est allié au deuxième tour à la liste PCF-LFI-Écologistes sans succès. Laurent Melin, candidat Divers droite, l’a emporté au second tour avec 54,25 % des voix.
À Strasbourg, la maire sortante Jeanne Barseghian (Les Écologistes) a été battue à Strasbourg par la candidate socialiste Catherine Trautmann, malgré une "fusion technique" avec la liste LFI de Florian Kobryn. Catherine Trautmann avait, de son côté, conclu une alliance avec le candidat Horizons Pierre Jakubowicz.
Les habitants de Poitiers ont rejeté l'alliance entre la maire sortante écologiste Léonore Moncond'huy et le candidat LFI-PCF Bertrand Geay. C'est l'ancien macroniste Anthony Brottier qui est arrivé en tête du second tour
La droite a conservé Limoges ce dimanche avec la réélection de Guillaume Guérin face à l'insoumis Damien Maudet qui avait le choix de fusionner avec les socialistes. Même schéma à Toulouse où Jean-Luc Moudenc élu divers droite est arrivé en tête des suffrages face au candidat LFI François Piquemal qui a scellé un accord avec François Briançon (PS).
"Les électeurs n’apprécient pas les renoncements", analyse Olivier Costa, politologue au Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), interrogé par Ouest France. "Or, Olivier Faure et certaines têtes de liste socialistes avaient d’abord exclu toute alliance avec LFI avant d’en conclure dans plusieurs villes. Le second élément, c’est que la droite et l’extrême droite et même Renaissance ont fait fortement campagne contre LFI. Et Jean-Luc Mélenchon, pour des raisons qui lui appartiennent, les provocations et les attaques contre les socialistes. Cela a donné du grain à moudre aux personnes qui ont envie de présenter LFI comme un parti radical avec lequel on ne peut pas travailler. Ça a été du pain béni pour le Rassemblement national."
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