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L'immunité parlementaire de Marine Le Pen pourrait être levée

Une commission du Parlement européen a ouvert la voie, mardi 28 février, à la levée de l'immunité parlementaire de Marine Le Pen, demandée dans le cadre d'une enquête sur la diffusion par la présidente du Front national de photos du groupe Etat islamique sur Twitter.

Marine Le Pen, le 2 octobre 2015
Marine Le Pen, le 2 octobre 2015
Crédit : PHILIPPE HUGUEN / AFP
Clémence Bauduin
Journaliste

Les eurodéputés de la commission "Affaires juridiques" se sont prononcés, mardi 28 février, en faveur de la levée de l’immunité parlementaire de Marine Le Pen réclamée par la justice française. L'ensemble des députés doit se prononcer jeudi 2 mars sur cette question, mais les votes en commission parlementaire sont généralement suivis en plénière. La levée de l'immunité de la candidate frontiste à la présidentielle française est demandée par le parquet de Nanterre, qui a ouvert une information judiciaire à son encontre pour "diffusion d'images violentes"

En décembre 2015, la présidente du Front national avait diffusé trois photos sur Twitter accompagnées d'un "Daech c'est ça !". Les photos illustraient un homme vêtu d'une combinaison orange sous les chenilles d'un char, un autre vêtu de la même manière enflammé dans une cage, et un corps d'homme décapité avec la tête posée sur le dos. Par cette publication, Marine Le Pen entendait protester contre le "parallèle ignoble" effectué selon elle par le journaliste français Jean-Jacques Bourdin sur les chaînes BFMTV et RMC entre le groupe EI et le FN.

Une autre enquête en cours

"Ça ne fait que montrer aux Français ce qu'est l'UE, ce qu'est le Parlement européen et que tout cela participe du système qui cherche à empêcher la candidate de la France du peuple que je suis", a réagi Marine Le Pen mardi 28 février, interrogée sur cette éventuelle levée de son immunité avant le vote en commission parlementaire. Cette possible levée ne concernerait que cette enquête et non celle sur des soupçons d'emplois fictifs d'assistants de députés FN au Parlement européen

Protégée par son mandat européen, la cheffe du FN avait refusé de se rendre à une convocation de la police dans cette enquête. Sa chef de cabinet Catherine Griset a été mise en examen. Une information judiciaire a également été ouverte contre le député français apparenté FN Gilbert Collard, qui avait lui aussi tweeté une image violente ce jour-là, pour la même raison. En France, le bureau de l'Assemblée nationale a rejeté le 22 février une demande de levée de son immunité, la requête de la justice ayant été jugée pas "suffisamment précise".

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