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Édouard Balladur est mort : l'ancien Premier ministre s'est éteint à l'âge de 97 ans

L'ancien Premier ministre Édouard Balladur est mort ce lundi à Paris, à l'âge de 97 ans. Figure majeure de la droite française et de la Ve République, il avait dirigé le gouvernement de 1993 à 1995.

Édouard Balladur à Paris, le 17 janvier 2014.

Crédit : KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Jérémy Descours & AFP

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L'ancien Premier ministre Édouard Balladur est mort, ce lundi 31 août à Paris, à l'âge de 97 ans, a annoncé sa famille à l'AFP dans la soirée. "Une messe sera donnée dans la stricte intimité familiale", a-t-elle précisé. Figure majeure de la droite française et de la Ve République, il fut le dernier Premier ministre de François Mitterrand, de mars 1993 à mai 1995.

Après l'annonce de sa disparition, les hommages de la classe politique ont afflué sur les réseaux sociaux. Emmanuel Macron a salué un homme qui "avait consacré sa vie à la Ve République". "Député de Paris, ministre puis Premier ministre, ce fidèle du président Pompidou qu'il accompagna durant son mandat avait la France au cœur. Il en fut le serviteur exigeant, mesuré, dévoué", a écrit le chef de l'État, disant adresser ses pensées à sa famille et à ses proches.

L'un de des fidèles, Nicolas Sarkozy a fait part de son "profond chagrin", disant perdre "un exemple, un mentor et un ami". L'ancien président a salué "un grand serviteur de l'État", affirmant qu"il n"aurait "pas eu la carrière politique qui fut la sienne sans sa confiance et sans son amitié".

Né le 2 mai 1929 à Izmir, en Turquie, dans une famille d'origine arménienne, Édouard Balladur grandit à Marseille après l'installation de sa famille en France. Diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris, licencié en droit, ancien élève de l'ENA, il devient membre du Conseil d'État avant d'entrer en politique en 1964 au cabinet du Premier ministre Georges Pompidou.

Un pur produit du RPR

Lors de la présidence de ce dernier, il est nommé secrétaire général adjoint de l'Élysée en 1969, puis secrétaire général en 1974. En 1968, il participe aussi, aux côtés de Jacques Chirac, aux accords de Grenelle. Dans une tribune publiée au printemps 2026 dans Le Figaro, il reconnaissait n'avoir "pas bien compris les événements de Mai 68", admettant être passé à côté "d'une crise de civilisation".

Élu député de Paris en 1986 sous l'étiquette RPR, il participe au premier gouvernement de cohabitation formé par Jacques Chirac. Il y occupe les fonctions de ministre d'État, chargé de l'Économie, des Finances et de la Privatisation, de mars 1986 à mai 1988. Dans un contexte international marqué par le libéralisme économique de Margaret Thatcher et Ronald Reagan, il met en œuvre un vaste programme de privatisations pour détricoter les nationalisations engagées par la gauche en 1981.

Le duel Chirac-Balladur

Tour à tour décrit comme un grand bourgeois plein de morgue ou comme un "honnête homme" au style un peu désuet, Édouard Balladur cultivait une image de courtoisie, de retenue et de sérieux. Son allure très codifiée, son langage châtié et son goût du cérémonial ont durablement marqué la vie politique française.

Réélu député en 1988, il revient au premier plan après la victoire de la droite aux législatives de mars 1993. François Mitterrand le nomme alors Premier ministre du second gouvernement de cohabitation. Jacques Chirac, chef de la droite, lui laisse Matignon pendant qu'il prépare l'élection présidentielle de 1995.

Mais Édouard Balladur devient un Premier ministre populaire et finit par se lancer lui-même dans la course à l'Élysée. Soutenu notamment par Charles Pasqua et Nicolas Sarkozy, alors ministre du Budget, il se déclare candidat en janvier 1995. Longtemps donné favori, il voit pourtant son avance s'effriter au fil des semaines.

L'affaire Karachi

Cette campagne féroce marque la rupture avec Jacques Chirac, son "ami de trente ans", devenu rival. Porté par le thème de "la fracture sociale", Jacques Chirac finit par l'emporter. Battu dès le premier tour, Édouard Balladur retrouve ensuite son siège de député du 15e arrondissement de Paris. Cet échec met un terme à ses ambitions nationales et laisse une droite durablement divisée entre chiraquiens et balladuriens.

Il préside à partir de 2002 la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, avant de quitter le Palais-Bourbon en 2007. Resté proche de Nicolas Sarkozy, dont il fut longtemps le conseiller, il se retire progressivement de la vie politique active.

La fin de son parcours public est assombrie par l'affaire Karachi. Soupçonné d'avoir financé sa campagne présidentielle de 1995 grâce à des rétrocommissions sur des contrats d'armement avec le Pakistan, il est mis en examen en 2017 par la Cour de justice de la République. Il sera finalement relaxé en 2021.

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