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"Je ne la vois pas arrêter" : après sa défaite aux municipales à Paris, quel avenir pour Rachida Dati ?

L'échec de Rachida Dati aux élections municipales à Paris n'est pas synonyme d'un arrêt de sa carrière politique. Maire du VIIe arrondissement depuis 2008, l'ancienne ministre de la Culture a été réélue dès le premier tour.

Rachida Dati, candidate de la droite, reconnaît sa défaite à Paris le 22 mars 2026

Crédit : Ian LANGSDON / AFP

Marie-Pierre Haddad

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"Paris est une ville de gauche". Voici l'aveu concédé par Valérie Pécresse au micro de RTL, au lendemain de la défaite aux élections municipales de Rachida Dati dans la capitale. Le socialiste Emmanuel Grégoire a balayé l'ancienne ministre de la Culture, soutenue par Emmanuel Macron. 

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Cette défaite politique n'est pas synonyme d'une fin de carrière pour ministre de la Culture. "Ce serait mal la connaître", confiait la sénatrice Les Républicains Agnès Evren sur BFMTV, comme l'a repéré Franceinfo. "Avec sa pugnacité, je ne la vois pas arrêter. Elle est encore au centre du paysage politique", a-t-elle ajouté.

Si elle n'a pas réussi à s'emparer de l'Hôtel de Ville, elle a néanmoins été réélue dès le premier tour à la tête du VIIe arrondissement, avec 58,77% des voix, selon les résultats du ministère de l'Intérieur. Maire depuis 2008, elle était arrivée largement en tête devant Anne-Flore Rouillon, candidate de la gauche unie hors LFI (14,95%) et le candidat d'extrême droite soutenu par Reconquête Arthur Paris (10,90%). 

Des échéances judiciaires à venir

Le futur de Rachida Dati sera aussi marqué par des échéances judiciaires. L'ancienne ministre de la Culture sera jugée pour corruption en septembre et est visée par plusieurs enquêtes en cours. Elle a été renvoyée l'année dernière devant le tribunal correctionnel pour être jugée notamment pour corruption et trafic d'influence passifs pour des faits survenus entre octobre 2009 et février 2013. 

Rachida Dati est accusée d'avoir noué un pacte de corruption et d'avoir fait illégalement du lobbying au Parlement européen, où elle a siégé comme élue de 2009 à 2019, pour le compte du constructeur Renault et son patron d'alors Carlos Ghosn, aujourd'hui en fuite au Liban et lui aussi renvoyé devant le tribunal. 

Entre 2009 et 2013, Rachida Dati a reçu de la part de RNBV, la structure néerlandaise chapeautant l'alliance Renault-Nissan, la somme de 900.000 euros sur trois ans au titre d'une convention de rémunération forfaitaire d'avocats. La prévenue soutient n'avoir fait qu'un travail d'avocate tout à fait légal. Sauf report - la défense ayant multiplié les recours tout au long de la procédure -, le procès de l'ex-ministre de la Culture doit se tenir du 16 du 28 septembre devant le tribunal correctionnel de Paris. 

Rachida Dati dément farouchement les charges. Tout au long de la campagne municipale, elle s'est affirmée "très sereine" quant à l'issue de son procès. Selon la loi en vigueur à l'époque, elle encourt dans cette affaire au titre de peine principale dix ans d'emprisonnement pour la corruption passive, et 450.000 euros d'amende (la moitié de la somme litigieuse) pour recel. Elle est aussi passible au titre de peine complémentaire d'une inéligibilité de cinq ans. En raison de la période des faits, la magistrate en disponibilité aura à son avantage de bénéficier d'une législation plus clémente que celle en vigueur aujourd'hui, qui s'est considérablement durcie dans le courant des années 2010. 

Un signalement Tracfin

Rachida Dati est aussi au centre d'autres procédures judiciaires, moins avancées, qui font l'objet d'investigations en cours. À la suite d'un signalement Tracfin, le PNF a ouvert l'année dernière une enquête afin de creuser d'éventuelles relations d'intérêts avec l'Azerbaïdjan et le Qatar quand elle était eurodéputée. Cette enquête préliminaire a débouché le 14 octobre sur l'ouverture d'une information judiciaire portant sur des soupçons de corruption, trafic d'influence, détournement de fonds publics, recel et blanchiment de ces délits en lien avec l'exercice du mandat de parlementaire européen de Rachida Dati. 

Deux juges d'instruction ont été saisis et les enquêteurs de l'Office central de lutte contre la corruption (OCLCIFF) exploitent actuellement les données récupérées lors des perquisitions des domiciles de Mme Dati et de sa mairie du 7e arrondissement à la mi-décembre 2025. 

D'autre part, la brigade financière et anticorruption (BFAC) de la police judiciaire parisienne enquête sur des soupçons de non-déclaration de bijoux à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Ces investigations, sous la forme d'une enquête préliminaire, ont été lancées à la suite des signalements reçus, notamment en juin 2025, par le parquet de Paris. 

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