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Le candidat à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire, célèbre sa victoire avec ses partisans après que les sondages à la sortie des urnes l'ont donné vainqueur du second tour des élections municipales, le 22 mars 2026 à Paris
Crédit : Tom Nicholson / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP
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Emmanuel Grégoire (PS) s’apprête à prendre les rênes de la capitale, après la victoire de la gauche unie (hors LFI) avec plus de 50% des voix lors du second tour des élections municipales 2026. Dimanche 22 mars, "Paris a décidé de rester fidèle à son histoire", s'est félicité le futur maire de la capitale qui évoque "la victoire d'une certaine idée de Paris, un Paris vivant, un Paris progressiste, un Paris populaire, un Paris pour tous".
Portée par le soutien des écologistes et des communistes, la liste d’Emmanuel Grégoire a recueilli 51% des suffrages, d’après notre estimation Toluna Harris Interactive pour RTL/M6. Rachida Dati, candidate de la droite alliée au centre et aux macronistes, a obtenu 39,5% des voix. Sophia Chikirou, représentante de La France insoumise, arrive en troisième position avec 9,5%.
À 48 ans, Emmanuel Grégoire, longtemps considéré comme le dauphin d’Anne Hidalgo, s’installe à l’hôtel de ville après une campagne tendue face à Rachida Dati. Celui qui fut six ans premier adjoint a dû marcher sur un fil pour arriver à s'extraire de son image d'héritier sans renier le bilan de son ancienne mentor.
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Sa distance avec la maire sortante, qui lui a savonné la planche en déclenchant une primaire fratricide avec Rémi Féraud, l'aura finalement aidé, même si Anne Hidalgo a fini par le soutenir en toute fin de campagne. Emmanuel Grégoire a su s’imposer, notamment grâce à une alliance de premier tour avec les écologistes et les communistes, ainsi qu’au ralliement d’anciens Insoumis.
"C'est pas un bateleur ni un tribun, pourtant sur le terrain il passe bien parce qu'il est accessible. Et ça se sent que c'est un vrai bosseur", témoigne un militant écologiste. "C'est un type amical mais c'est un apparatchik, au sens neutre. Il a une vraie habileté politique, il passe entre les deux. Il a rompu avec Hidalgo au bon moment, il a obtenu le soutien d'Olivier Faure (le patron du PS) sans se mouiller pour le congrès...", tacle un ancien du PS à propos de cet ex-chef de cabinet de Jean-Marc Ayrault à Matignon.
Le nouveau maire promet de tourner la page de l’ère Hidalgo, en se présentant comme un élu "d’hyper-proximité", attentif aux critiques sur la gouvernance précédente. Durant la campagne, il a dû trouver l’équilibre entre son héritage et la nécessité de s’en démarquer, tout en bénéficiant du soutien tardif d’Anne Hidalgo et de la popularité de Bertrand Delanoë.
Son parcours est marqué par une ascension discrète : fils d’une institutrice et d’un ancien sous-préfet, il a grandi entre la Seine-Saint-Denis et la Charente-Maritime, avant de rejoindre Paris après ses études à Sciences Po Bordeaux. Engagé au PS depuis 2001, il a été élu dans le 12e arrondissement, puis premier adjoint à la mairie de Paris en 2018.
Nommé premier adjoint par Anne Hidalgo en 2018, à la suite du départ retentissant de Bruno Julliard, Emmanuel Grégoire occupait déjà des fonctions à l’hôtel de ville depuis 2014, d’abord en charge des ressources humaines, puis du budget.
Un temps considéré comme l’héritier naturel de la maire, il formait avec elle un tandem solide, avant que leurs relations ne se tendent après l’échec d’Anne Hidalgo à la présidentielle de 2022, qui évoquera même une "trahison". À l’été 2024, il quitte la mairie, soulagé, pour rejoindre l’Assemblée nationale après sa victoire sous la bannière du Nouveau front populaire. Il y deviendra l’une des voix majeures de l’opposition à la réforme de l’audiovisuel public portée par Rachida Dati.
Sa gestion de la crise du périscolaire, marquée par des révélations de violences sexuelles, a été critiquée par la droite et LFI, mais il promet une réforme en profondeur du système. À l’Assemblée nationale, où il a siégé après 2024, il s’est opposé à la réforme de l’audiovisuel public portée par Rachida Dati.
Discret mais jugé efficace, Emmanuel Grégoire s’impose aujourd’hui comme le nouveau visage de la gauche parisienne, prêt à écrire une nouvelle page pour la capitale.
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