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Gérald Darmanin, Sébastien Lecornu, Emmanuel Macron et Laurent Nuñez
Crédit : Ludovic MARIN / POOL / AFP
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Après "la colère" et la "honte", comme l'a déclaré Emmanuel Macron, l'heure est au bilan. Lors de son allocution du 18 octobre, le président de la République a appelé le gouvernement à "tiré toutes les leçons", après un weekend chaotique, rythmé par des pillages de commerces dans plusieurs villes de France. Au-delà des leçons, le chef de l'État attend aussi des "réponses" de la part de l'exécutif.
La prise de parole du chef de l'État, suivie par 16,7 millions de téléspectateurs, a été fermement critiquée par l'ensemble de la classe politique. Édouard Philippe a souligné l'absence des "décisions et des initiatives permettant le retour à l'ordre" ; Jordan Bardella a qualifié son allocution de "lamentable", "rien de concret", selon Manuel Bompard, un "président qui commente son impuissance", a fustigé Raphaël Glucksmann sur RTL, quand Gabriel Attal constate "une faillite" de l'État.
"Je ne pense pas qu'Emmanuel Macron ait donné le sentiment de saisir le besoin de protection immédiate des Français, regrette un député macroniste. Il manquait très concrètement la manière dont il a l'intention de mettre un stop à tout ça". L'exécutif a effectué son autocritique et a déployé des mesures. À commencer par Laurent Nuñez.
À 7 heures, l'Élysée a indiqué que le ministre de l'Intérieur a remis au président de la République sa démission qui l'a refusée. Un geste expliqué ensuite par Laurent Nuñez sur Franceinter. "J'ai remis ma démission parce que je suis responsable de tout ce qui se passe (...). Moi, j'ai été haut fonctionnaire, j'ai un sens de l'intérêt général. Et vu les dégâts qu'il y a eus, il était normal que je remette ma démission", a-t-il expliqué.
Gérald Darmanin a reconnu que les autorités avaient "failli incontestablement" face aux violences."Il y a eu un défaut dans les renseignements et on ne fait pas de bonne police sans bon renseignement", a-t-il ajouté, estimant que les services français ne savaient "pas lutter correctement contre l'ultra-gauche". "Le renseignement français est au top dans la lutte contre le terrorisme islamiste, il est fort contre la criminalité organisée, important contre les ingérences étrangères, mais manifestement il ne sait pas lutter correctement contre l'ultra-gauche", a jugé le garde des Sceaux.
À la sortie de la cellule de crise interministérielle, Sébastien Lecornu a annoncé avoir demandé aux préfets de "déclencher un certain nombre de couvre-feu" "partiels" et "localisés", dès ce soir afin de protéger notamment les commerces. Le Premier ministre a aussi indiqué que le chômage partiel sera déclencher "dès demain". "On le fait tout de suite à 100% (...) Il n'est pas question qu'il y ait de la casse sociale dans cette affaire", a déclaré Sébastien Lecornu. "Nous allons débloquer un fonds de soutien spécifique pour l'ensemble de ces commerces", a ajouté le Premier ministre car "bon nombre de commerçants avaient déjà fait leur stock, y compris pour Noël" et "il y a "un besoin de trésorerie".
Face aux pillages et aux casseurs, "j'ai donné des instructions pour que la réponse pénale soit d'une immense fermeté", a déclaré de son côté le ministre de la Justice, annonçant que des "dizaines de personnes" avaient été placées en détention provisoire en France à la suite des violences du week-end. "Il y a eu 2.331 gardes à vue pendant le week-end, 70% sont des majeurs, très souvent connus des services de police", dont "plus de 80%" font l'objet de poursuites. "Il y a déjà des dizaines de détentions provisoires, dont 13 à Marseille", a-t-il précisé. "J'ai demandé aux procureurs de la République de requérir la détention provisoire pour tous ceux qui pillent les commerces, attaquent les policiers", a-t-il ajouté.
Dans son communiqué publié aux aurores ce lundi 19 octobre, la présidence de la République indique que le chef de l'État a chargé le locataire de la place Beauvau de deux missions : "prendre toutes les dispositions pour faire la transparence sur les défaillances d'anticipation" et "mettre en place au plus vite sur le terrain de nouveaux modes d'action pour les forces de sécurité".
Si les mea culpa ont été faits, l'attente concerne désormais les mesures, tandis que les Gilets jaunes ont annoncé un acte 2 avec une manifestation prévue pour le samedi 25 octobre, une autre action, sous l'appel de la CGT, est prévue le 5 novembre. Le temps presse donc et fait craindre une situation de crise à un ancien membre du gouvernement. "Si ça continue, il y aura des morts", craint-il.
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