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Jusqu'à 30% de hausse du prix des matériaux sans raison valable : pourquoi les fournisseurs du BTP sont les nouveaux profiteurs de la guerre en Iran

En plus des industries pétrolières, le conflit au Moyen-Orient fait les bénéfices du secteur du bâtiment. L'Autorité de la concurrence devrait ouvrir prochainement une enquête sur d'éventuels abus des fournisseurs de matériaux comme le ciment ou le plâtre, qui ont annoncé des hausses de prix d'au moins 10% pour le mois de juin.

Un ouvrier de chantier devant des maisons (image d'illustration)

Crédit : Pia Bayer / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP

Après les pétroliers, qui sont les profiteurs de crise ? L'autorité de la concurrence se penche sur les fournisseurs du BTP

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Après les pétroliers, qui sont les profiteurs de crise ? L'autorité de la concurrence se penche sur les fournisseurs du BTP

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Martial You - édité par Ennio Aparicio-Szkudlarek

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Les groupes pétroliers ne sont pas les seuls à profiter de la guerre en Iran. Les retombées économiques de ce conflit font également les beaux jours du secteur du BTP. Les bénéfices sont tels dans le secteur que l'Autorité de la concurrence a dû se résoudre à ouvrir une enquête pour déterminer l'existence ou non d'abus. 
Certains fournisseurs du bâtiment ont annoncé des hausses de 10, 20 ou 30% sur les matériaux qu'ils vendent pour le début du mois prochain. Le dossier est en haut de la pile du médiateur des entreprises Pierre Pelouzet. 

Les industries du ciment, du plâtre, de la chaux ou encore du verre sont concernées. Michel Picon, le patron de l'U2P (union qui représente les petites entreprises), avait même cité le champion du verre français Saint-Gobain. 

Une flambée des tarifs difficilement justifiable

La Fédération Française du Bâtiment ne comprend pas certaines hausses de prix actuelles. Pour fabriquer une tuile, il faut du gaz pour la cuire. Le prix du gaz a certes progressé de 50% depuis le début de l'opération en Iran, mais celui-ci ne représente pas 100% de la matière première et du coût de fabrication. 

De plus, il y a des chances pour que les tuiles vendues en ce moment aient été fabriquées avant le début du conflit en guise de stock. On retrouve donc les mêmes incohérences que durant les premiers jours aux pompes à essence.

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Ces hausses sont évidemment pénalisantes pour le secteur du bâtiment, dont les métiers de main-d'œuvre et les petites entreprises. Comment voulez-vous qu'un maçon, un couvreur ou un plaquiste puisse passer une hausse de plus de 10% sur un devis déjà signé ? C'est impossible.

Pour le secteur de la construction neuve, c'est la tuile

Dans le neuf, des programmes de construction vont jusqu'à être arrêtés si le coût des matériaux augmente trop vite, comme l'indiquait Norbert Fanchon, PDG du Groupe Gambetta qui fabrique des logements neufs, dans le podcast "Le Grand Angle Eco" sur l'application RTL

Le secteur de la construction neuve est déjà à la peine. On est face à la pire crise du bâtiment depuis 1945 : 1 permis de construire sur 4 ne devient jamais un chantier car il n'est pas rentable, selon la Fédération des Promoteurs Immobiliers. Et pendant que certains profitent, la France manque de logements à louer. Certains transforment le ciment en or et d'autres laissent béton. 

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