3 min de lecture Violences conjugales

Grenelle des violences conjugales : les premières pistes évoquées par Schiappa

ÉCLAIRAGE - À la veille du Grenelle des violences conjugales, Marlène Schiappa a annoncé plusieurs mesures visant à répondre concrètement aux demandes des associations féministes.

Marlène Schiappa et Nicole Belloubet
Marlène Schiappa et Nicole Belloubet Crédit : KENZO TRIBOUILLARD / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

101. Depuis le mois de janvier, 101 femmes ont été victimes de violences conjugales en France, selon le comptage réalisé par des associations. Un nombre glaçant. En 2018, elles ont été 121 femmes, victimes de féminicides. Face à l'urgence, Marlène Schiappa a annoncé l'organisation d'un Grenelle des violences conjugales qui aura lieu du 3 septembre 2019 au 25 novembre. 3.9.19 correspondant au numéro d'urgence pour les femmes victimes de violences

Une réponse faible, selon les associations féministes qui attendent des mesures concrètes. Dimanche 1er septembre, une centaine de militantes du collectif #NousToutes se sont rassemblées place du Trocadéro à Paris afin de dénoncer "le 100ème féminicide de l'année"

Selon Marlène Schiappa, ce Grenelle des violences conjugales doit être "une réussite pour les femmes" des "engagements concrets" sont pris. Ainsi, 80 personnes seront présentes. À cela s'ajoute des "Grenelles locaux" partout en France. La secrétaire d'État en charge de l'Égalité entre les femmes et les hommes assure que des mesures seront prises pour lutter contre ce fléau

Un fonds d'un million d'euros

En amont de ce Grenelle, Marlène Schiappa a effectué une série d'annonces, jeudi 29 août. La secrétaire d'État a annoncé la création du fonds Catherine d'un million d'euros contre les féminicides. Il s'agit d'un "fond spécial" destiné aux "associations locales sur le terrain". Trois régions pourront en bénéficier, à savoir les Pays de la Loire, le Nord et la Bourgogne. 

À lire aussi
Gendarmerie Nationale (illustration) Violences conjugales
Féminicide dans le Bas-Rhin : le directeur général de la gendarmerie nationale saisit l'IGGN

"Ce fond est baptisé 'Catherine' car il y a en France autant de femmes victimes de violences que de femmes qui s’appellent 'Catherine'. Cela doit amener chacun à s’interroger. Vous connaissez combien de Catherine ? Vous connaissez sans le savoir autant de femmes victimes de violences conjugales", a indiqué Marlène Schiappa dans un communiqué. 

73 psychologues dans les commissariats

Dans un entretien à Ouest France, Marlène Schiappa a aussi annoncé le recrutement de 73 psychologues dans les commissariats. Leur objectif est "d'accompagner les femmes dans leurs plaintes". "Souvent, quand vous êtes victimes de violences conjugales, vous êtes sous emprise, ou dans un phénomène de sidération ou atteinte d’un syndrome de stress post-traumatique", a expliqué Marlène Schiappa.

À l'échelle du territoire, ce nombre peut paraître faible. Mais la secrétaire d'État en charge de l'Égalité entre les femmes et les hommes répond avoir organisé avec le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, "une session de travail avec tous les préfets. En leur donnant notamment un objectif très clair : aucune femme ne doit sortir d’un commissariat sans avoir pu déposer une plainte et qu’une proposition d’accompagnement lui ait été faite". 

Un téléphone d'urgence peu déployé

La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, sera aussi présente au Grenelle des violences conjugales. Elle a tenu à rappeler que plusieurs dispositifs sont inscrits dans la loi pour protéger les femmes des violences conjugales. Même si les associations déplorent la sous-utilisation. 

C'est notamment le cas pour le téléphone grave danger. Testé dès 2009 en Seine-Saint-Denis et à Strasbourg, ce téléphone a été introduit dans la loi en 2014. Il est composé d'une unique touche permettant d'appeler les secours. Une fois enclenché, il permet une intervention rapide des forces de l'ordre. Cet appareil est octroyé pour six mois renouvelables aux femmes victimes de violences conjugales qui en font la demande. 

En 2018, les téléphones grave danger ont permis 420 interventions, contre 282 en 2017. 
Mais ils restent peu utilisés. Au 31 décembre 2018, 837 de ces téléphones étaient déployés (756 en métropole, 71 en outre-mer). "Les deux tiers dorment dans des placards faute de décision pour les attribuer", a déploré Marlène Schiappa dans un entretien au quotidien Ouest-France

Un dispositif prévu dans la loi... mais jamais testé

Le "dispositif électronique de protection anti-rapprochement" (DEPAR) est prévu par la loi en France depuis février 2017. Pourtant, il n'a encore jamais été testé, malgré les demandes répétées de la juridiction de Pontoise (Val-d'Oise) pour une expérimentation. 

Composé d'un bracelet électronique permettant de géolocaliser l'ex-conjoint violent et d'un boîtier dont est munie la victime, ce dispositif permet à cette dernière d'être informée si son ex-compagnon s'approche. Si ce dernier pénètre dans une "zone interdite", une alarme se déclenche automatiquement et permet l'intervention des forces de l'ordre. 

Nicole Belloubet a dit début juillet vouloir "généraliser" l'usage de ce dispositif "le plus tôt possible", et ce sans attendre une expérimentation. "Nous préparons une loi en ce sens pour cet automne", a précisé quant à elle Marlène Schiappa. 

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Violences conjugales Marlène Schiappa Femmes battues
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants