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Gérard Collomb à Lyon : un retour pas gagné d'avance

DÉCRYPTAGE - Après avoir abandonné son poste de ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb fait son retour à Lyon. S'il devrait retrouver son siège de maire de Lyon sans problème, rien n'est gagné pour celui à la Métropole, tout comme pour les municipales de 2020.

Gérard Collomb à Lyon en 2015
Gérard Collomb à Lyon en 2015
Crédit : PHILIPPE DESMAZES / AFP
Thibaut Deleaz

Gérard Collomb est de retour à Lyon. Le désormais ex-ministre de l'Intérieur a officiellement quitté ses fonctions au gouvernement mercredi 3 octobre, et va reprendre la direction de la capitale des Gaules où son fauteuil de maire l'attend.

"Ma priorité, c'est de m'engager avec les Lyonnais", indiquait Gérard Collomb lors d'un entretien au Bien Public, soulignant son "immense plaisir" à retrouver sa ville, dont il était maire depuis 2001. "J'ai envie de retrouver les Lyonnais et de construire l'avenir avec eux comme je l'ai fait depuis des années."

Georges Képénékian, qui lui avait succédé lors de son entrée au gouvernement, a gardé la place au chaud et a envoyé sa lettre de démission le mardi 2 octobre, comme se l'étaient promis les deux hommes. Il va tout de même falloir passer par une élection au conseil municipal de Lyon, mais Gérard Collomb y dispose d'une majorité confortable.

Majorité fragile à la Métropole de Lyon

Mais son retour en terre lyonnaise ne sera pas aussi aisé qu'il n'y paraît. Car en partant au gouvernement, Gérard Collomb avait aussi abandonné son poste de président de la Métropole de Lyon, la collectivité aux pouvoirs étendus qu'il avait lui-même créée et qui englobe les compétences du département.

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Et David Kimelfeld, son remplaçant, a expliqué à Lyon Capitale que sa démission "n'est pas d’actualité" pour le moment. Lui aussi avait passé un accord avec Gérard Collomb, promettant de céder sa place en cas de retour du ministre dans la vie locale. Il assure que cet accord est toujours valable, mais la situation à la Métropole est en réalité très peu confortable pour l'ex-ministre.

David Kimelfeld, Gérard Collomb et Georges Képénékian en septembre 2017 au Groupama Stadium
David Kimelfeld, Gérard Collomb et Georges Képénékian en septembre 2017 au Groupama Stadium
Crédit : ROMAIN LAFABREGUE / AFP

Contrairement au conseil municipal de Lyon, Gérard Collomb ne dispose pas d'une majorité assurée d'avance au conseil métropolitain. Celle-ci reposait jusqu'à présent sur des alliances, le groupe politique de Gérard Collomb n'étant pas majoritaire sur les 165 sièges à la Métropole. Mais ces alliances se sont fragilisées à mesure que les désaccords se sont multipliés sur la politique locale, et sur le mode de scrutin au conseil métropolitain.

Colère de l'opposition

Depuis que Gérard Collomb a annoncé son retour à Lyon pour les prochaines municipales, les critiques ont fusé depuis tous les bords de l'opposition. "La Métropole et Lyon ne sont pas des fiefs dont le seigneur pourrait décider du devenir selon ses humeurs", fustigeait Yann Combrecque, premier secrétaire PS du Rhône mi-septembre dans Le Progrès.

Marc Grivel, président du groupe Synergies-Avenir, sur lequel la majorité de Gérard Collomb à la Métropole repose en grande partie, avait assuré au Progrès que dans les conditions actuelles, "notre route ne passe pas par celle de Gérard Collomb". "Lyon n'est pas un lot de consolation, tempêtait quant à lui Philippe Cochet, président des Républicains à la Métropole, dans Lyon Capitale. Il revient simplement parce qu'il sent que le bateau En Marche coule."

Le vent tourne à Lyon

Gérard Collomb préparait son retour depuis quelques mois déjà. Une association avait été créée pour préparer la campagne de 2020. Selon un conseiller lyonnais, cité par Le Monde, sa démission était prévue en septembre, mais "Macron a prétexté la démission du ministre de l’écologie pour rendre caduc leur accord". Sentant le vent tourner à Lyon, il a peut-être voulu rentrer mettre de l'ordre, et a forcé la main du chef de l'État.

Le contrôle dont jouissait jusque-là Gérard Collomb sur la vie politique lyonnaise semble en revanche fragilisé. Autre point faible : son âge. Il aura 72 ans lors des élections municipales à venir, et près de 78 ans à la fin de son quatrième mandat s'il est réélu. Son image a aussi pu être abîmée par son engagement dans la politique nationale.

Si son retour à la mairie de Lyon semble assuré, Gérard Collomb pourrait donc ne pas pouvoir retrouver la présidence de la Métropole. De même, la campagne des municipales 2020 est loin d'être gagnée d'avance. Et à cette échéance, il devra également faire un choix : la loi ne permettra plus de cumuler les mandats de maire et de président de la Métropole de Lyon.

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