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G7 : les dossiers internationaux qui attendent Macron

ÉCLAIRAGE - Outre les questions européennes, abordées en amont à Bruxelles, la France et ses alliés économiques vont surtout négocier avec les États-Unis au cours du G7 en Sicile.

Donald Trump et Emmanuel Macron, à Bruxelles le 25 mai 2017
Donald Trump et Emmanuel Macron, à Bruxelles le 25 mai 2017 Crédit : MANDEL NGAN / AFP
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Julien Absalon
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À Bruxelles, Emmanuel Macron a fait ses premiers pas sur la grande scène diplomatique mondiale. Le déplacement, au cœur même des institutions de l'Union européenne, a été marqué par cette abrupte et marquante poignée de main avec Donald Trump, que le nouveau président français rencontrait pour la première fois.

Autre moment fort de la journée du successeur de François Hollande : une rencontre avec le chef d'État turc Recep Tayyip Erdogan. Rompant avec la discrétion observée par l'exécutif du précédent quinquennat, l'Élysée a fait savoir que son locataire était "intervenu en faveur" d'un photojournaliste français, Mathias Depardon, détenu depuis une quinzaine de jours en Turquie. Ce passage à Bruxelles a aussi permis à Emmanuel Macron de marquer sa différence sur les questions européennes au cours d'une conférence de presse commune avec Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne.

Cette entrée dans le club très fermé des grands de ce monde se poursuit vendredi 26 mai à Taormina, en Sicile, pour le sommet du G7 réunissant sept pays riches et industrialisés (États-Unis, Japon, Allemagne, France, Canada, Italie, Grande-Bretagne). À cette occasion, Emmanuel Macron et ses homologues auront fort à faire avec Donald Trump, qui focalise l'attention de par sa défiance vis-à-vis de plusieurs traités internationaux.

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L'accord de Paris sur le climat à l'épreuve

Que va décider Donald Trump concernant l'accord de Paris sur le climat ? Durant sa campagne, le président américain a dit vouloir sortir de ce pacte mondial, compte tenu de ses doutes sur les causes et effets du réchauffement climatique. Mais depuis il semble hésiter et son entourage est divisé. La décision a en tout cas été reportée à son retour d'Europe, laissant dans le flou ses homologues du G7.

L'Élysée reconnaît d'ailleurs que le sujet du climat "sera le plus compliqué" à traiter lors du G7 et qu'il pourrait empêcher l'écriture d'un communiqué final commun. Pour la présidence française, qui veut "coordonner ses positions avec ses alliés européens encore plus que d'habitude", "l'enjeu est d'être le plus ambitieux possible sur la mise en oeuvre des accords de Paris". Seulement, la diplomatie française tient à rester en bons termes avec les États-Unis pour ne pas qu'ils "sortent" de l'accord. "Ce serait une très mauvaise nouvelle avec aussi un probable effet d'entraînement sur d'autres", note l'Élysée.

Le commerce international

Autre sujet de dissension qui inquiète Paris : le commerce international et le rôle d'arbitre de l'OMC, où là encore les États-Unis veulent réviser leur position. Le président américain a en effet demandé à son administration de recenser les pays responsables du déficit commercial de son pays. Avec pour potentielles cibles, de l'aveu de son secrétaire au Commerce : la Chine ou le Japon, mais aussi des Européens comme l'Allemagne ou la France. Bruxelles a depuis envoyé une lettre à l'administration Trump pour lui rappeler qu'en matière commerciale, l'UE devait être identifiée comme "un seul bloc".

Plus largement, le protectionnisme affiché par Donald Trump crispe les Européens, qui s'inquiètent de sa remise en cause des règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Quant à l'accord de libre-échange négocié depuis 2013 entre Bruxelles et Washington, le Tafta, il reste au point mort.

L'implication des États-Unis dans l'Otan

La question a commencé à être abordée à Bruxelles, durant l'inauguration du nouveau QG de l'Otan. À cette occasion, Donald Trump a bousculé ses partenaires en réclamant qu'ils mettent la main au portefeuille, sans pour autant leur donner de gage sur l'engagement américain à défendre l'Europe. Il s'est ainsi bien gardé de prononcer les mots rassurants que tout le monde attendait : un soutien explicite à l'article 5 de l'Otan, qui prévoit que les Alliés volent au secours d'un des leurs en cas d'agression extérieure.

En amont, pour tenter de satisfaire le président américain, les Européens avaient accepté que l'Otan devienne membre à part entière de la coalition internationale contre Daesh en Irak et en Syrie, ce que Washington réclamait depuis plus d'un an. Des pays comme la France, l'Allemagne ou l'Italie étaient jusqu'ici réticents, craignant que cela détériore encore davantage l'image de l'Otan dans le monde arabe, même si tous les Alliés participent à titre individuel à cette coalition.

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