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François Mitterrand et Mazarine Pingeot : les coulisses de la Une de "Paris Match"

Le 3 novembre 1994, "Paris Match" publie en couverture la photo de François Mitterrand et de sa fille naturelle, Mazarine Pingeot, alors âgée de 20 ans.

Mazarine Pingeot et François Mitterrand
Mazarine Pingeot et François Mitterrand
Crédit : Xavier LEOTY / AFP/ PHILIPPE HUGUEN/AFP
Mazarine Pingeot : le jour où on découvre l'existence de la fille cachée de François Mitterrand
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Flavie Flament & Capucine Trollion
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Ce 3 novembre 1994, l’hebdomadaire Paris Match publie en couverture une photo de François Mitterrand et de sa fille naturelle, Mazarine, alors âgée de 20 ans. Le magazine titre : Le bouleversant récit d’une double vie. Une image inédite et tendre d’un président de la République affaibli par la maladie et sur lequel plane depuis quelques mois l’ombre du gouvernement de Vichy et de ses liens avec René Bousquet. François Mitterrand a donc une fille et les Français l’ignoraient. 

Certains savaient, d’autres s’en doutaient. D’autres encore voulaient absolument sortir le scoop : Françoise Giroud  en a fait un roman intitulé Le bon plaisir, paru en 1983 et le pamphlétaire Jean-Edern Hallier n’a de cesse depuis plus de 10 ans de tanner les éditeurs parisiens pour sortir ce qui deviendra son livre en 1996 : Les puissances du mal

Que s'est-il donc passé en novembre 1994 pour que l'information sorte ?  Pour Christophe Barbier, éditorialiste politique et auteur des Derniers Jours de François Mitterrand, c'était "dans l'intérêt politique de Mitterrand". 

Détourner l'attention des Français avec cette Une

Fin août 1994 arrive cette polémique sur l'attitude de François Mitterrand sous Vichy et notamment son amitié avec René Bousquet. "Mitterrand ne sait plus comment se dépatouiller de cette affaire. Il fait une émission de radio et de télé avec Jean-Pierre Elkabbach, c'est une interview-vérité", retrace Christophe Barbier. Mais, cet entretien ne marche pas. L'opinion publique est contre le président de la République. "L'opération Mazarine va être une manière de détourner complètement l'attention des Français si critiques sur ce président", explique Christophe Barbier.

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"Les paparazzi savaient que cette photo-là, à ce moment-là devenait publiable. Et Paris Match savait que c'était en effet publiable sans avoir de gros ennuis de procès de référés, à condition d'avoir au moins de l'Élysée, ce qu'on appelait jadis à Rome un nihil obstat, c'est-à-dire pas d'opposition. Ça ne veut pas dire une approbation, mais en tout cas, pas d'opposition et c'est ça qui se négocie", poursuit-il. 

Plusieurs histoires pour une photo

"Dans ma version [de cette histoire, ndlr], Paris Match récupère les photos et Roger Thérond [le dirigeant du quotidien, ndlr] et envoie un message à François Mitterrand. Je pense que l'émissaire de ce message a été Stéphane Denis, éditorialiste, écrivain, collaborateur régulier de Paris Match. Il avait ses entrées à l'Élysée sous Mitterrand. Il n'a jamais accepté de confirmer cette version", révèle Christophe Barbier.