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François Fillon : ce qu'il faut retenir de son discours au Trocadéro

ÉCLAIRAGE - Le candidat de la droite a répondu de façon sibylline aux tractations qui s'opèrent chez Les Républicains.

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François Fillon en meeting au Trocadéro Crédit Image : Thomas SAMSON / AFP | Crédit Média : Viken Kantarci, Emmanuel Defouloy / AFPTV / AFP | Date :
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Ludovic Galtier
Journaliste RTL

La candidature de François Fillon a-t-elle un avenir ? Le meeting du candidat de la droite au Trocadéro n'a pas dissipé les doutes. L'ancien premier ministre a adressé un message sans ambiguïté à ceux qui imaginent la suite sans lui. Au cours de ce meeting improvisé en catastrophe par ses équipes, le candidat de la droite a défendu le choix du peuple de droite, celui qui lui a permis de remporter la primaire le 27 novembre avec 66% des voix face à Alain Juppé, contre les "arrangements d'appareil", les "calculs" et les "carrières". "Laisserez-vous les intérêts de factions et de carrière et les arrière-pensées de tous ordres l'emporter sur la grandeur et la cohérence d'un projet adopté par plus de quatre millions d'électeurs ? (...) Je continuerai à dire à mes amis politiques que ce choix à la fois leur appartient et ne leur appartient pas", a-t-il déclaré à l'attention de son camp.

Sans le dire littéralement, François Fillon a répondu à Christian Estrosi, Valérie Pécresse et Xavier Bertrand, qui préparent la contre-offensive. Les trois présidents de région ont organisé une réunion visant à proposer une "initiative" après que plus de 250 élus LR et UDI l'ont lâché. "Si, par magie, les Français avaient pu assister à ce que j'ai vu ces dernières semaines, une vague de dégoût les submergerait. La fuite en canard, d'un camp vers un autre, d'un hiérarque vers un autre, vers la circonscription, le portefeuille. La désertion assumée, sans honte et aussi sans orgueil. Se sauver soi-même. Oui, là aussi, la France et les Français avaient disparu", a encore lâché le candidat.

Tout en s'excusant de "devoir défendre mon honneur et celui de mon épouse, alors que l’essentiel est pour vous, comme pour moi, de défendre notre pays." "J'ai commis une erreur sur la manière d'en parler (de l'affaire, ndlr)", poursuit-il en reconnaissant sa part de responsabilité dans l'épreuve qu'il traverse.

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Finies les attaques contre la justice, Fillon loue la République

Le peuple contre les élites, François Fillon joue encore une fois la carte de cet élément de langage, qui contredit les propos que l'ancien premier ministre tenait il y a quelques mois encore contre la pression de la rue. Impossible toutefois pour lui d'aller trop loin. Pour apparaître comme un président de la République crédible, le message de la manifestation, d'abord perçu comme une lutte contre le "coup d'État des juges", devait changer. Finies les accusations d'"assassinat politique" qu'il formulait à l'encontre des juges. François Fillon tempère, en disant qu'il "ne désespère pas" de la justice et louant les atouts de la République.

"Je me suis souvent raffermi en me disant que le jour où je serai reconnu comme innocent par une justice dont je ne désespère pas, quelles qu'aient été mes réserves sur ses premiers actes, mes accusateurs trop rapides auraient honte à leur tour (...) Le problème, c'est que ce jour-là, il sera trop tard. L'élection aura été faussée".

François Fillon concède encore une fois des "erreurs"

"François, tiens bon, la France a besoin de toi !". Entre le slogan des militants et les appels à renoncer du parti, François Fillon a reconnu s'interroger. "On m'attaque de toutes parts et je dois en conscience vous écouter, écouter cette foule immense qui me pousse vers l'avant, mais je dois aussi m'interroger sur ceux qui doutent et fuient le navire. Leur responsabilité est immense et la mienne aussi", a déclaré l'ancien premier ministre, qui a estimé avoir fait son "examen de conscience" et renvoyé les ténors des Républicains, réunis en conseil politique lundi 6 mars, à la leur.

Le candidat a une nouvelle fois concédé des "erreurs". "J'ai commis la première erreur autrefois, je vous l'ai dit, en demandant à ma femme de travailler pour moi, parce qu'elle connaissait le terrain, parce que c'était commode. Je n'aurais pas dû le faire. Et j'ai commis la seconde en hésitant sur la manière d'en parler, de vous en parler, d'en parler aux Français", a-t-il expliqué. "Je ne vous demanderai pas de vous mettre à ma place. Mais croyez-le, lorsqu'on est, ce que je crois être profondément, un honnête homme, lorsqu'on a passé sa vie au service de l'intérêt général, essayant, un jour après l'autre, de prendre les décisions qu'on croit justes, il est difficile de faire face à une telle campagne", a-t-il ajouté, sans préciser, comme il l'a encore fait à Aubervilliers, s'il irait jusqu'au bout. Ce dimanche à 20h, François Fillon sera l'invité du journal de 20h de France 2. 

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2017-03-05 17:21:00
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