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État islamique : 3 questions pour comprendre la bataille imminente de Raqqa

ÉCLAIRAGE - Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, a annoncé que la bataille de Raqqa débuterait "dans les jours qui viennent".

Les jihadistes de l'Etat islamique dans la ville de Raqqa en Syrie en juillet 2014 (archives).
Les jihadistes de l'Etat islamique dans la ville de Raqqa en Syrie en juillet 2014 (archives). Crédit : AFP PHOTO / HO / WELAYAT RAQA
Ludovic Galtier
Ludovic Galtier
Journaliste RTL

"Aujourd'hui, on peut dire que Raqqa est encerclée et que la bataille de Raqqa commencera dans les jours qui viennent". Jean-Yves Le Drian s'est montré on ne peut plus affirmatif vendredi 24 mars. Invité de la matinale de CNEWS, l'unique ministre de la Défense du quinquennat de François Hollande a annoncé que la guerre contre l'État islamique allait entrer dans une nouvelle phase, quarante-huit heures après l'attentat perpétré et revendiqué par Daesh au cœur de Londres, coûtant la vie à au moins trois hommes et une femme.

Au total, la France a déployé 1.500 militaires aviateurs, artilleurs, conseillers des forces irakiennes - pour lutter contre Daesh. Jean-Yves Le Drian en est persuadé : cette stratégie est la bonne. "Daesh va perdre", assure-t-il. Une réunion va être organisée "dans les jours qui viennent" à Washington avec son homologue américain James Mattis.

1. Pourquoi une bataille à Raqqa ?

Pourquoi Raqqa ? D'abord parce que le cœur de Daesh bat dans ce fief de l'État islamique en Syrie. "Raqqa, c'est le creuset de la propagande de Daesh dans le monde, c'est de là que sont venus les ordres, voire les commandos qui ont mené les attentats en France" et en Belgique, raconte Jean-Yves Le Drian. Ensuite, parce qu'avec Mossoul, Raqqa est "l'un des deux sanctuaires de Daesh". "La France a toujours dit que Raqqa était un objectif majeur", ajoute le président de la région Bretagne.

Malgré les difficultés de l'opération, le nouveau soutien d'Emmanuel Macron se montre optimiste. "Raqqa est encerclée (...) Ça va être une bataille très dure, mais ça va être une bataille essentielle. Une fois que les deux sanctuaires auront été repris par les forces irakiennes et arabo-kurdes, alors Daesh aura vraiment des difficultés à exister." 
La coalition estime que de 3.000 à 4.000 jihadistes sont retranchés dans cette ville de 300.000 habitants, et s'attend à des combats très difficiles pour la reprendre.

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Toutefois, les forces démocratiques syriennes, fer de lance de la bataille antijihadistes dans le nord du pays en guerre, se montrent plus prudentes quant au début des opérations. Elles doivent encore surmonter plusieurs obstacles avant d'atteindre Raqqa, notamment le barrage et l'aéroport de Taqba, une ville située à 50km au sud-ouest de Raqqa. "L'opération pour assiéger Raqa prendra plusieurs semaines et cela conduira ensuite à lancer officiellement l'opération" pour libérer la ville, a déclaré à l'AFP Talal Sello, porte-parole des FDS.

2. Quelles forces se livreront bataille ?

Les prémices de la bataille de Raqqa étaient visibles dès le 6 novembre 2016. Ce jour-là, la force arabo-kurde, soutenue par les États-Unis, avait lancé la bataille pour reprendre la ville. Interrogé à l'époque sur cette première offensive par nos confères de l'AFP, Jean-Yves Le Drian avait pour autant exclu l'envoi de troupes au sol pour libérer la ville. "Ce seront des forces locales qui viendront libérer Raqqa même si la coalition contribue par des frappes à ce qu'on puisse démanteler le dispositif de Daesh", précisait le ministre.

Quelques semaines après le lancement de l'offensive à Mossoul, il plaidait déjà en faveur d'une intervention sur les terres de la ville syrienne. "Il faut aussi aller jusqu'à Raqqa. On passe d'abord par Mossoul mais la bataille de Raqqa doit avoir lieu", affirmait-il.

3. Raqqa, la suite logique de Mossoul ?

Le lancement de la bataille de Raqqa, qui s'annonce imminent, est la suite de la bataille de Mossoul, entamée dans la nuit du 16 au 17 octobre 2016. C'est de ce fief de l'État islamique en Irak que Abou Bakr al-Baghdadi a proclamé le califat le 29 juin 2014. "Daesh recule", se félicite le ministre de la Défense. "Nous sommes dans un enjeu essentiel, qui est la chute de Mossoul. Ça va être dur, ça va être long."

Le ministre a néanmoins bien une idée du délai. "L'action conjuguée des forces irakiennes et de la coalition, dont la France fait partie, aboutira progressivement à la reprise de Mossoul. À la fin de l'année, Mossoul sera tombée." Au début de l'année 2016, François Hollande s'était montré beaucoup moins prudent et prédit la chute de la ville irakienne "avant la fin de l'été".

Cette bataille est inscrite dans le cadre de l'opération Chammal, lancée en Irak le 19 septembre 2014. "Mossoul-Est est déjà tombé", met en avant le ministre. Mossoul, plus grande ville du nord de l’Irak, est une plateforme commerciale de premier plan entre la Syrie, la Turquie et le reste du pays.

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