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ENQUÊTE RTL - Comment la Russie infiltre la classe politique

Caviar, champagne, colloques, invitations à la télévision ou argent : la Russie rivalise de moyens pour recruter ses ambassadeurs en France, dont l'objectif est de véhiculer les arguments de Vladimir Poutine.

L'ambassade russe à Paris (photo d'illustration).
L'ambassade russe à Paris (photo d'illustration).
Crédit : Irina Kalashnikova / Sputnik via AFP
ENQUÊTE RTL - Comment la Russie infiltre la classe politique ?
00:04:25
ENQUÊTE RTL - Comment la Russie infiltre la classe politique ?
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Thomas Despré - édité par Sandra Cazenave

Depuis le début de la guerre en Ukraine, plusieurs déclarations passées de candidats à l’élection présidentielle ont ressurgi sur les réseaux sociaux. Et notamment des prises de positions pro-russes. Mais derrière ces propos, se cache parfois un long travail mené par les services de renseignements. Objectif ? Recruter de très nombreux ambassadeurs qui, sur le sol français, reprennent tous les arguments de Vladimir Poutine.
 
Et parmi les plus fidèles porte-paroles du président russe en France, vous trouvez Marion Maréchal, ancienne députée du Front national aujourd'hui ralliée à Éric Zemmour. Évoquant l'invasion de la Crimée par la Russie en 2014, elle déclarait : "je regrette que, une fois de plus, l'Union européenne ait fait fi du principe de non-ingérence en prenant position pour les manifestations, dont on sait qu'elles sont en partie composées de milices néonazi et de partis d'extrême-droite qui risquent de participer demain au gouvernement." 

L'argument "milices néonazi" est utilisé par Vladimir Poutine pour justifier son invasion de l'Ukraine, depuis une dizaine de jours. C'est loin d'être un hasard, mais le fruit de longs mois, parfois de longues années de travail des services russes.

Des réceptions pour convaincre

Des journalistes, des politiques ou même des écrivains ont été ciblés et courtisés avec un objectif : en faire de parfaits ambassadeurs de la vision russe en France. Hervé Mariton, Président du groupe d'amitié France-Russie à l'Assemblée entre 2007 et 2012, se souvient très bien comment le Kremlin tentait d'amadouer les députés. 

"Il y a une époque où l'ambassade de Russie organisait beaucoup plus de réceptions, généreuses, nombreuses, conviviales, que d'autres ambassades à Paris. Ça pouvait aussi être des invitations dans des colloques. Ce n'est pas interdit, ensuite on se laisse influencer ou non par ces invitations", assure Hervé Mariton qui jure être resté de marbre même si la Russie a tenté à plusieurs reprises de le convaincre. 

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En 2013, lors des débats sur le "mariage pour tous" à l’Assemblée nationale, alors qu’il était fermement opposé au projet de loi, il se souvient avoir reçu à de nombreuses reprises des invitations à la télévision publique russe. À l'antenne, les journalistes lui expliquaient "que s'il vivait en Russie, grâce à Vladimir Poutine, la famille traditionnelle" serait protégée.

Des méthodes dignes du KGB

Cela va parfois beaucoup plus loin. La Russie utilise des méthodes dignes des services secrets pour recruter ses ambassadeurs. "Ils recrutent des gens comme s'ils recrutaient des espions. Ils les approchent, les interrogent sur la Russie, essaient de tout savoir sur eux, de leur situation personnelle à leurs pratiques sexuelles. Et au bout d'un moment, s'ils ont des chances d'être écoutés, ils prennent contact. Le caviar et le champagne coulent à flots et ils essaient de convaincre la personne d'aider la Russie", détaille la chercheuse Hélène Blanc, auteure de KGB Connexion. 

Les Russes peuvent aussi acheter ces "ambassadeurs" avec de l'argent. Des sommes qui peuvent être bien utiles en politique, surtout pour financer une campagne électorale.
En 2002, lorsque François Bayrou se présente pour la première fois à la présidentielle, il reçoit dans son bureau plusieurs hommes russes. "Ne vous préoccupez pas de l’argent", lui promet alors son interlocuteur. Le président du MoDem décline la proposition et ses visiteurs sont mis à la porte. "Je ne mange pas de ce pain là", dit-il. Ce jour-là, la Russie était pourtant prête à financer toute sa campagne présidentielle.

Quinze ans plus tard, c'est Marine Le Pen qui obtient un prêt d'une banque russe - qu'elle est encore en train de rembourser. En France, elle n'arrivait pas à financer sa campagne.  Mais certains de ses adversaires estiment que ce coup de pouce, venu de Moscou, a pu influencer des prises de positions pro-russes.

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