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"Elle coche beaucoup de cases" : pourquoi le départ anticipé de Christine Lagarde de la BCE alimente les spéculations pour la présidentielle 2027

Christine Lagarde a annoncé son départ anticipé de la BCE en février 2027. Une décision qui relance les interrogations sur un possible rôle dans la présidentielle alors qu'elle entend "avoir la liberté de parole", son mandat lui imposant la neutralité.

Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, le 18 décembre 2025

Crédit : AFP

Juliette Vignaud

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Le départ anticipé de Christine Lagarde de la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), annoncé jeudi 29 octobre, ouvre la voie à des spéculations pour 2027. La Française de 70 ans a déclaré quitter prématurément la tête de l'institution de Francfort pour "avoir la liberté de parole, la liberté d'expression et la liberté de [s]'engager sur des sujets qui ne relèvent pas de la politique monétaire", à quelques mois de l'élection présidentielle en France. 

Reste désormais à savoir quelle sera la prochaine étape pour celle qui a gravi les sommets de la finance mondiale. Se lancera-t-elle dans la course à l'Élysée en février prochain ? Elle a plusieurs fois écarté cette idée. 

"Je ne suis candidate à rien. Mais je tiens beaucoup à ce que l’Europe soit protégée, que l’Europe reste le cadre dans lequel les États membres évoluent, y compris la France", affirmait-elle auprès d'Euronews, en juillet dernier. Elle assurait vouloir suivre de près la campagne, en espérant que "la raison l’emportera toujours et que la France gardera à l’esprit, quel que soit son dirigeant, qu’elle est l’un des membres clés de l’Europe". 

"Je pense qu'une voix européenne doit s'exprimer dans le débat présidentiel français", confiait-elle aussi aux Échos cet été. En quittant la BCE, elle pourrait ainsi avoir une voix. "Je sens que je dois dire ces choses, et je ne peux pas le faire dans ma position actuelle", son mandat lui imposant la neutralité. 

"Je pense que si elle revient, c'est sans doute qu'elle aspire à plus"

Certains poussent déjà pour sa candidature, à commencer par l'ancien ministre de l'Économie Bruno Le Maire. Il a déclaré sur LCI, ce jeudi, être "enthousiaste" à l'idée d'une possible candidature de Christine Lagarde, affirmant qu'elle possède toutes les qualités requises pour la fonction suprême. 

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"J'espère avoir bien compris qu'elle reviendra dans le débat politique et qu'elle jouera un rôle dans les années qui viennent", a-t-il indiqué, faisant valoir que Christine Lagarde avait déjà été ministre. "Donc je pense que si elle revient, c'est sans doute qu'elle aspire à plus", a complété l'ancien locataire de Bercy. "En tout cas, je le souhaite aussi pour mon pays", a-t-il ajouté au sujet de celle qui fut ministre de l'Économie durant quatre ans, sous Nicolas Sarkozy, avant de tempérer : "Après, ce sera son choix, ce sera sa décision."

"Si elle veut peser dans les débats, le mieux c'est d'être candidate", affirme Jean-Marie Colombani, éditorialiste et fondateur de Slate.fr, sur Radio Classique. Selon lui, grâce à son expérience internationale et ministérielle, elle serait "particulièrement bien placée" pour incarner le centre-droit face à Édouard Philippe ou Gabriel Attal. "Elle coche beaucoup de cases."

"Elle a un profil idéal face à un camp qui cherche désespérément un champion", assure le journaliste, qui n'exclut pas une candidature "si la pression est suffisamment forte".

Une manœuvre d'Emmanuel Macron ?

À l'opposée de l'échiquier, d'autres voient dans son départ une manœuvre politique d'Emmanuel Macron, accusé de verrouiller le pouvoir avant son départ de l'Élysée. La patronne de la BCE avait fait part dès cet été de sa volonté de se retirer. Mais la confirmation de son départ en février prochain ouvre la possibilité au président sortant de participer à la désignation de son successeur avant l'élection française des 18 avril et 2 mai, tandis que les sondages donnent actuellement Marine Le Pen parmi les favorites pour le scrutin. 

Le RN Jean-Philippe Tanguy a vertement réagi à cette annonce, considérant qu'il illustre une "dérive illibérale" de "Macron et du Système".  Selon lui, le président de la République serait en train de "verrouiller" la BCE, "après avoir placé Emmanuel Moulin à la Banque de France et Amélie de Montchalin à la Cour des Comptes". 

"Reste-t-il encore des forces démocratiques en dehors du RN et de l'UDR [le parti d'Eric Ciotti, ndlr] pour s'opposer à ces forfaitures ?", s'est interrogé le lieutenant de Marine Le Pen. "Leur but est-il de nous convaincre que l'Europe est devenue aussi irrespectueuse des votes du peuple français que le croit Macron ?", formule quant à lui Jean-Luc Mélenchon.  

"C'est un choix personnel" de la part de Christine Lagarde, a assuré jeudi soir un proche du chef de l'État à l'AFP. "Il faut arrêter de voir le complot partout, c'est très inquiétant pour des gens qui aspirent à de hautes fonctions", a-t-il déploré. 

Christine Lagarde, qui pointe au 3e rang des personnalités économiques et politiques préférées des Français selon un sondage Ifop-Fiducial, est par ailleurs citée parmi les personnes susceptibles de prendre la tête du Forum économique mondial de Davos. Elle s'est refusée à tout commentaire.

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